Review

La comptabilité, c’est votre dada mais vous avez choisi une autre voie dans la vie, forcément remplie de regrets. Pas de panique: Accounting+ est là pour assouvir votre soif de chiffres et de travail de bureau, casque PlayStation VR vissé sur la tête… Vous y avez cru ? Attention au choc.

Quand les grand esprits se rencontrent

« Les joies de la comptabilité s’offrent à vous »

Si le soft vous fait effectivement miroiter une passionnante carrière de comptable durant les premières minutes, la donne va vite changer une fois que vous chausserez le casque VR caché dans votre bureau (coucou Inception !) et que vous vous retrouverez au sein d’un paisible jardin. Soudain, une créature se manifeste hors d’un tronc d’arbre et vous balance toutes les insultes possibles et imaginables. Et il a bien raison: qu’est-ce vous venez foutre dans son monde ? FOUTEZ LE CAMP! C’EST SON PUTAIN DE MONDE ! TOUCHEZ PAS A SON CASQUE VR! C’EST SON PUTAIN DE CASQUE VR!

Et là, tout devient clair: Accounting+ est une simulation de grand n’importe quoi, une immersion totale conçue par les esprits dérangés de William Pugh (The Stanley Parable) et Justin Roiland, le co-créateur (et doubleur) de Rick & Morty, et de leurs studios respectifs, CrowsCrowsCrows et Squanch Games. Les fans de la série animée reconnaîtront immédiatement le travail vocal inimitable de Roiland, qui comme à son habitude part totalement en roue libre et semble improviser inlassablement les pires insanités. Le jeu reposant presque uniquement sur ses dialogues et étant totalement dépourvu de localisation française (et même de sous-titres anglais), il est totalement exclu de tenter l’expérience sans posséder un bon niveau de compréhension de la langue de Rick (le niveau de langue n’est cependant pas très soutenu, comme vous pouvez l’imaginer).

WTF Simulator

« THIS IS MY PLACE! GET THE FUCK OUT OF MY PLACE ! »

Plus qu’un jeu, Accounting+ est surtout une expérience dont le seul but est de vous faire marrer et vous surprendre tout en utilisant pleinement les capacités d’immersion de la VR. Et sur ce point, c’est une victoire totale. Jouable à la manette ou aux Ps Moves (vivement recommandés), vous passerez d’un monde à l’autre, au sein de situations de plus en plus bizarres et insensées.

Jouer du xylophone sur deux squelettes en chaleur, vous faire hurler dessus, invoquer Satan, vous faire hurler dessus, devenir membre d’une bande de gangsters mené par une lapine, vous faire hurler dessus… En dire plus serait criminel, pour deux raisons: l’effet de surprise est une des plus grandes forces du soft, et, surtout, le tout est extrêmement court. Vous pourrez voir le bout du tunnel en 45 minutes montre en main. Tout dépend en fait de votre amour pour cet univers étrange: si vous désirez traîner avec les personnages et écouter leurs déblatérations sans fin, vous pourrez sans problème tripler le compteur d’heures. Dans Accounting+, quand on aime, on ne compte pas (les vannes du jeu sont meilleures que les miennes, rassurez-vous).

« Vous ne verrez plus jamais le xylophone de la même manière »

A l’origine, Accounting était disponible gratuitement pour les possesseur du casque Vive d’HTC; pour cette mouture PSVR, ses concepteurs ont doublé le contenu et vous font passer à la caisse pour une douzaine d’euros. Certes, c’est court, mais qu’est-ce que c’est bon! Le passage sur le support de Sony a forcément demandé quelques concessions par rapport à la première mouture, mais la reconnaissance de mouvements est au poil, si on excepte une imprécision en ce qui concerne les lancers au PS Move, qui ne concerne de toute façon d’une seule séquence.

Un jeu qui compte ?

La réalisation est sommaire mais possède un charme très cartoonesque. Les doublages donnent énormément de vie et de personnalité à tout ce petit monde et c’est un réel plaisir d’interagir avec eux et de les provoquer de toutes les manières possibles et imaginables.

Accounting+, c’est tout un petit monde absurde, violent et à hurler de rire pour qui sera sensible à son humour outrancier, qui puise dans tout ce que le VR a de meilleur pour vous immerger dans sa folie contagieuse. Sa très faible durée de vie et son concept particulier n’en feront probablement pas un des best sellers de la bibliothèque PSVR, mais celles et ceux qui tenteront leur chance risquent fort de tomber sous son charme difficilement descriptible.

La bande-annonce

Réalisation: 13/20

Tout comme son humour, la réalisation d’Accounting+ est une question de goût. Très moyen techniquement, le jeu propose tout de même une vraie sensation de présence au sein de son univers complètement barré, et c’est bien là le principal.

Gameplay/Scénario: 14/20

Très simpliste, le gameplay consiste surtout en des interactions en tous genres avec l’environnement et les personnages (on trouvera même une phase de shoot bien fun); on parlera donc plus « d’expérience » que d’un véritable jeu au sens propre du terme, aucun challenge n’étant au rendez-vous. On vous laissera découvrir le scénario, ou plutôt la multitude de mini-scénarios, par vous-même mais on vous dira juste ceci: apprêtez-vous à ce que ça parte en vrille. Totalement en vrille.

Bande-Son: 16/20

Rien de mémorable au niveau musical, par contre les doubleurs, dont l’extraordinaire Justin « Rick & Morty » Roiland, sont les véritables stars du soft et lui donnent tout son cachet. Visiblement tous adeptes de l’improvisation, les échanges sont insensés, interminables (à vous d’y mettre un terme quand bon vous semble) et, surtout, extrêmement drôles pour qui sera sensible à cet humour complètement fou.

Durée de vie: 8/20

C’est là que le bât blesse: il ne vous faudra pas plus de 45 minutes pour en voir le bout, à moins de s’attarder pour écouter les dialogues dans leur entièreté (bon courage). Il y a néanmoins un niveau secret à dénicher et un bon paquet de trophées, aux objectifs parfois obscurs, qui sauront occuper les collectionneurs compulsifs. A quasiment 12€ le soft, ça fait mal quand même.

Note Globale N-Gamz.com: 13/20

« Plus c’est con, plus c’est bon »: voilà qui résume parfaitement Accounting+ qui, à défaut de faire partie des softs les plus aboutis du PSVR, s’impose sans problème comme l’un des plus mémorables. Laissez-vous tenter, MAIS FOUTEZ LE CAMP DE MON MONDE !



About the Author

Guib
Guib

Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !