Review

Le premier opus de la série des Conjuring avait fait grand bruit lors de sa sortie, en août 2013. Son spin-off, qui portait sur la maléfique poupée Annabelle s’était, quant à lui, illustré par les débordements de foules dans les salles obscures et sa banalité scénaristique, entachant l’esprit horrifique de la franchise. Il est donc évident que le lancement de ce deuxième opus officiel était attendu, voire très attendu, au tournant par le million de spectateurs des premières aventures des Warren. Ce Conjuring 2 – Le Cas Enfield parviendra-t-il à redorer le blason de cette saga en devenir?

On retrouve le duo Warren avec bonheur, l'alchimie entre les deux acteurs est toujours présente.

On retrouve le duo Warren avec bonheur, l’alchimie entre les deux acteurs est toujours présente.

Dans Conjuring 2, nous retrouvons nos deux spécialistes du paranormal Ed et Lorraine Warren, respectivement démonologue et médium, en partance pour Londres afin de démystifier un possible cas de possession sur une fillette de onze ans, Janet Enfield. Il s’agit du fameux « Cas Enfield » qui fit réellement parler de lui en Angleterre entre 1977 et 1979, mais qui s’avéra au final n’être qu’une supercherie. Le synopsis de ce second film peut dès lors paraître simpliste, comme pour la plupart des films d’horreur, avec sa maison hantée et son sempiternel exorcisme d’enfant mais je vais vous prouver qu’il n’en est rien.

En effet, James Wan, le réalisateur, n’en est clairement pas à son premier coup d’essai dans le monde de l’épouvante. On peut même affirmer qu’il a su y écrire ses lettres de noblesse avec des titres reconnus comme la trilogie Insidious par exemple, et s’il fallait déjà retenir une chose principale de son Conjuring 2, c’est cette façon jubilatoire qu’il a de nous faire renouer avec un film horrifique divertissant. Ainsi, alors que la plupart des œuvres actuelles du genre cherchent à se prendre au sérieux, Wan prend lui le parti de nous amuser comme le ferait un très bon rollercoaster. On sait d’entrée de jeu que l’on va sursauter et c’est ce qui fait le charme de cette horreur-ci.

Conjuring 2 joue avec des jumpscares très (trop?) présents et des peurs primaires relatives à l'enfance.

Conjuring 2 joue très (trop?) souvent avec des jumpscares et des peurs primaires relatives à l’enfance.

Au service de ce pur divertissement, l’homme nous offre une réalisation originale pourvue de mouvements de caméra complètement hallucinatoires. Grâce à cette technique visuelle maîtrisée, nous nous retrouvons plongés au cœur de l’action, prenant littéralement part à l’expérience vécue par cette famille anglaise troublée par la visite d’un poltergeist de plus en plus violent. Cela permet de générer le constituant essentiel d’un bon film d’horreur : le jumpscare ! On ne peut pas nier que ce soit le point d’orgue du travail de James Wan tant nous sommes secoués sur notre siège. Là une apparition surprise, ici un pic de stress désamorcé qui vient troubler notre expérience pour mieux nous faire sursauter par la suite… Conjuring 2 est truffé de ces effets de peur, peut-être même un peu trop par moments. Si l’idée de départ du réalisateur était d’éviter à son long métrage une ambiance vraiment oppressante, alors c’est réussi tant les jumpscares à répétition empêchent une réelle montée en pression mais permettent au spectateur de véritablement s’amuser devant ce film constituant sans nul doute un retour aux sources rafraîchissant du cinéma d’horreur, ce qui pourra néanmoins déplaire à certains réfractaires.

On apprécie la qualité de la prise de vue, qui allie originalité et proximité des personnages.

On apprécie la qualité de la prise de vue, qui allie originalité et proximité des personnages.

Mais l’une des questions importantes que pose Conjuring 2 est: « Que faire de la supercherie originelle orchestrée par la famille Enfield ? ». Car oui, il fut avéré que ce cas était inventé de toutes pièces, plongeant même le véritable couple Warren dans la tourmente de la décrédibilisation… James Wan joue très habilement sur ce fait, plongeant tour à tour le spectateur dans un profond questionnement : tout ça n’est-il qu’une simple mise en scène ? Ne nous mène-t-on pas en bateau sur toute la ligne ? Plusieurs scènes du film illustrent à merveille ces interrogations et font, selon moi, la sève incomparable de ce film : réussir à faire douter le spectateur est la clé de Conjuring 2. C’est d’ailleurs en cela que je trouve décevant le jeu de la jeune actrice principale, Madison Wolfe, qui est censée incarner Janet Enfield, alias l’enfant menteuse, la duplicité même. Ici nous avons en face de nous un jeu de comédienne honnête mais qui manque cruellement de profondeur, de cette étincelle d’espièglerie qui nous plongerait un peu plus dans le doute: est-ce vrai ou n’est-ce qu’une vaste fumisterie ? On s’y retrouve néanmoins dans les rôles de mère et d’enfants terrorisés, la base de l’horreur étant de croire à la peur des acteurs et là… c’est réussi ! Enfin, pour ce qui est des Warren, Patrick Wilson et Vera Farmiga nous offrent des performances très justes, semblables à leur précédente prestation, rien à redire. Leur duo fonctionne bien, tous deux partageant l’affiche sereinement, sans rivalités et sans occultation de l’un ou de l’autre.

Il est regrettable que le jeu d'acteurs des enfants ne soit pas impeccable... on aurait préféré plus de duplicité !

Il est regrettable que le jeu d’acteurs des enfants ne soit pas impeccable… on aurait préféré plus de duplicité !

Niveau ambiance on retrouve avec délectation les thèmes chers à Wan : l’enfance et le trouble que cette dernière jette sur un spectateur adulte. La comptine enfantine qui, dans ce contexte, ne nous amuse pas du tout mais est plutôt prétexte à frissonner se montre belle et bien présente, ce qui n’est pas sans nous rappeler une creepy pasta reine du net : un certain Slender Man ! Chers spectateurs, si l’évocation même d’une berceuse vous donne la chair de poule, sachez qu’après Conjuring 2 vous ne pourrez plus fredonner sans vous retourner frénétiquement pour savoir si vous êtes, ou non, observé par une entité.

En conclusion, je dirais que Conjuring 2 « Le Cas Enfield » était très attendu au tournant et que des tribunes tels que « Le premier était flippant, le deuxième est traumatisant » n’incitaient pas réellement à la confiance… On aura ainsi vu des tas de suites de films d’horreurs réussir à devenir des parodies ambulantes, néanmoins le nouveau bébé de James Wan évite cet écueil en tenant le pari d’être vraiment plus terrifiant que son prédécesseur. Si l’envie vous prend d’aller voir un long métrage qui vous laissera l’agréable sensation d’une montée d’adrénaline, comme dans un grand huit mais sans les conséquences néfastes sur votre estomac, je ne peux que vous conseillez de vous rendre dans les salles obscures pour regarder Conjuring 2 !

La Bande-Annonce

Note Globale N-Gamz: 4/5



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MaximeChapeau
MaximeChapeau
Dévoreur de livres, de séries ou de films, j'adore partager ma passion avec le plus grand nombre. C'est donc forcément une joie pour moi de partager mes critiques cinéma avec vous ! Je suis un amateur de films d'action, de science-fiction et de fantastique, avec une grosse préférence pour la saga Hunger Games dont je suis extrêmement fan depuis que j'ai pu la découvrir en livres comme sur grand écran. Plus personnellement, je suis étudiant et grand adepte des arts du cirque, en particulier le jonglage. Gamer depuis mon plus jeune âge, j'aime les jeux rétros et tous ceux qui permettent d'avoir une bonne dose de fun entre amis! Pour l'histoire de mon pseudo, elle est très simple: j'adore les chapeaux, tout simplement! J'espère que vous apprécierez de lire mes critiques autant que le plaisir que j'éprouve à vous les rédiger!