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Quand le réalisateur de Toy Story 3, le film de Pixar qui a clôturé avec une inoubliable maestria le cycle d’Andy dans la saga de nos jouets vivants préférés, se retrouve à nouveau aux commandes d’un long métrage d’animation, on ne peut qu’être enthousiaste à l’idée de voir ce qu’il nous a concocté. Mais il faut savoir que Lee Unkrich n’aime pas faire deux fois la même chose, et qu’il a décidé de prendre tout le monde à contre-pied avec un thème rarement abordé par le cinéma hollywoodien: la fête des morts mexicaine! Et là vous vous dites: « Quoi? Un film sur les morts? Pour des enfants? » Rassurez-vous, Coco est tellement plus que cela qu’il s’adresse à tout âge et nous prouve une fois de plus que Pixar a la magie nécessaire pour ensoleiller nos fêtes de fin d’année comme jamais!

« Miguel respecte sa famille et son arrière-grand mère, Coco, mais aime la musique plus que tout encore! »

Le jeune Miguel, 12 ans, vit dans la petite bourgade de Sant Cecilia au Mexique, un havre totalement dédié à la gloire de l’idole musicale nationale, Ernesto de la Cruz, mort de façon tragique en plein spectacle. Comme de nombreux autres enfants de son âge, notre héros ne rêve que d’une chose, devenir l’égal d’Ernesto… seulement voilà: Miguel vit dans une famille d’artisans cordonniers qui a proscrit la musique depuis cinq bonnes générations, la faute à l’arrière-arrière grand-père de notre mélomane en herbe, qui a décidé de plaquer sa femme Himelda et sa fille, Coco (tiens, tiens), pour vivre de sa passion pour l’écriture et l’interprétation de chansons.

Mais le destin de Miguel va être bouleversé durant le fameux « Jour des Morts » mexicain, au cours duquel la famille place une image de chacun de ses aïeuls pré-décédés pour lui rendre hommage, à l’exception bien entendu du père de Coco, dont la photo a été déchirée pour que personne ne se souvienne de lui. Résolu à participer à un concours de musique local, Miguel commet alors l’irréparable en volant la guitare sacrée du mausolée d’Ernesto de la Cruz, persuadé que ce dernier est son arrière-arrière grand-père. Ce faisant, il est frappé par une funeste malédiction qui l’envoie tout droit dans l’autre monde, celui des morts, une mégalopole de lumière et de fêtes incroyable, remplie de squelettes, de laquelle il ne pourra sortir que si un membre de sa propre famille défunte le bénit. S’il ne parvient pas à ses fins avant le lendemain, notre garçon sera coincé à tout jamais!

« Un travail sur les lumières véritablement bluffant et un niveau de détail techniquement hallucinant »

De fil en aiguille, Miguel va alors apprendre la triste vérité derrière cette ville spirituelle « transitoire » et le fameux Jour des Morts: les habitants qui sont vénérés durant cette journée par leurs proches encore vivants ont le droit de passer dans le monde réel l’espace d’un instant pour leur rendre visite puis de retourner dans la cité jusqu’à l’année prochaine, mais ceux qui sont oubliés finissent, année après année, par disparaître totalement dans… le néant. Notre héros va alors se lancer à la recherche de ce cher Ernesto de la Cruz avec l’aide d’Hector, un squelette qui cherche désespérément à faire passer sa photo dans le monde des vivants pour ne pas s’évanouir en poussière. Une aventure haute en couleurs et riche en émotions les attend, avec forcément la famille, aussi bien vivante que morte, en point d’orgue.

Visuellement, Coco est à n’en pas douter l’un des plus beaux, si ce n’est le plus beau Pixar de tous les temps. Le travail graphique est tout bonnement bluffant, littéralement enivrant de couleurs magnifiées par la nuit, le « Jour des Morts » se déroulant principalement sous un ciel nocturne. En résultent des effets de lumière saisissants et une prédominance des teintes propres à cette célébration: le orange en tête. La ville des morts est d’ailleurs incroyablement fournie en détails, nous faisant miroiter de sublimes et vertigineux panoramas, tandis que les personnages ne sont pas en reste, avec une modélisation très poussée et une animation réaliste (si tant est qu’un squelette qui marche et parle puisse-être réaliste). Mention spéciale au chien de Miguel, Dante, totalement barré dans son chara design, et qui fera assurément passer Olaf et ses bêtises pour un enfant de coeur niveau caractère. Le travail sur les textures est également une réussite, notamment sur la fourrure de Pepita, une chimère qui pourrait effrayer les plus petits d’ailleurs.

« Une fable familiale idéale pour les fêtes et un Pixar qui aborde un sujet original »

Bref, techniquement rien à redire: Coco est une totale réussite mais quid de l’histoire? Et bien de notre point de vue, il se pourrait qu’elle soit un peu trop « étrange » et que certains personnages soient sensiblement « effrayants » pour les tout jeunes. Le film cible un peu plus les grands enfants, pré-ados et ados selon nous (si vraiment vous voulez en chiffre, évitez en dessous de 6 ans), tout comme les adultes qui y trouveront une fable des plus agréables sur les bienfaits de la famille, avec une fin un peu bouleversante même si, à notre grand regret, nombreux sont ceux qui verront venir de loin le twist scénaristique qui tient toute l’oeuvre. Il n’empêche que Coco propose un rythme convaincant, des scènes d’action bien ficelées, le tout sur une bande-son qui vous restera longtemps en tête (Remember Me et Poco Loco), du moins si vous appréciez les mélodies mexicaines. A noter que, si les voix en V.O. sont géniales car interprétées par des acteurs à l’accent hispanique, le doublage français est plus que probant. De même, bien que les paroles des chansons soient passées par la case adaptation FR, elles ne sont en rien dénaturées car elles incorporent toujours certains bouts de phrases originaux. Du grand art.

Vous l’aurez compris, le nouveau Pixar est à voir absolument dans les salles, d’une part pour sa plastique visuelle à tomber raide (mort) mais aussi car il offre un récit relativement mâture sur un sujet trop peu abordé dans l’animation cinématographique, sans oublier qu’il va vous délivrer votre dose de bons sentiments inhérents aux productions du studio, les liens de la famille en tête! Et pour les fêtes, avouez qu’il n’y a pas mieux! Coco, c’est donc un GRAND OUI ici à la rédac!

La Bande-Annonce

Note N-Gamz: 4,5/5



About the Author

Neoanderson

Hardcore gamer dans l’âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j’apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N’hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!