Review
Casting Whispers est un jeu d’horreur psychologique à la première personne développé et édité par Lantern Bay Entertainment, un studio indépendant mené par un créateur solo au parcours solide dans le design audio (notamment sur League of Legends, Horizon Zero Dawn et Westworld Awakening). Sorti le 22 octobre 2025 exclusivement sur PC via Steam au tarif de 14,99€, ce premier jeu de l’auteur propose une aventure narrative d’environ 6 à 8 heures dans laquelle le joueur incarne Victoria, assistante de laboratoire spécialisée dans l’étude des perceptions extrasensorielles, plongée dans le Connecticut de 1961. Avec une idée de gameplay novatrice centrée sur l’écoute, le titre entend tirer son épingle du jeu dans un genre déjà bien surchargé sur PC ? La réponse dans mon test complet !
L’intrigue de Casting Whispers se déroule à Corburgh, une ville industrielle en déclin hantée par ses secrets et ses légendes urbaines. Alors qu’une tempête s’annonce, Victoria reçoit un appel de son mentor, le professeur Henry Zubringer, qui l’invite à le rejoindre dans l’immeuble du 1195 Norman Avenue. Sur place, elle découvre un bâtiment rongé par des phénomènes paranormaux et une présence cosmique d’inspiration lovecraftienne.
Le scénario tisse habilement enquête personnelle, culpabilité collective et horreur ineffable, multipliant les documents et les échos du passé pour reconstruire une tragédie aux ramifications troubles. Plusieurs fins, influencées par les choix ou le hasard, enrichissent la rejouabilité et soulignent le caractère fragmenté de la vérité.
Sur le plan ludique, Casting Whispers s’appuie sur une mécanique singulière : la capacité d’« écouter ». En fermant les yeux, Victoria affine son ouïe, ce qui lui permet d’intercepter des conversations derrière les portes, de localiser des mécanismes cachés ou de détecter la menace qui la guette. Cette approche transforme le silence et le bruit en véritables outils de progression, forçant le joueur à accepter une vulnérabilité temporaire pour avancer. L’exploration des couloirs étroits, des appartements délabrés et des sous-sols oppressants occupe l’essentiel du temps, ponctuée de puzzles environnementaux qui demandent observation et déduction.
Le rythme, volontairement contemplatif, oscille entre moments de tension pure et phases de marche plus répétitives. Si la première moitié captive grâce à l’étrangeté grandissante et à l’utilisation judicieuse de la mécanique sonore, la seconde partie souffre parfois d’un manque de clarté dans les objectifs et d’un backtracking excessif. L’absence de combat place toute la pression sur l’atmosphère et la gestion du stress auditif, ce qui fonctionne admirablement lorsqu’on joue au casque, mais peut laisser certains joueurs en quête d’interactions plus dynamiques sur leur faim.
Techniquement, le jeu tire profit de l’Unreal Engine 5 pour proposer des environnements détaillés, baignés dans une lumière tamisée et un grain photographique évoquant le cinéma américain des années 60. La direction artistique, claire et cohérente, sert parfaitement le ton mélancolique et oppressant.
C’est toutefois sur le plan sonore que Casting Whispers excelle véritablement : le design audio, fruit de l’expertise du développeur, crée une immersion rare, mêlant bruits d’ambiance réalistes, effets surnaturels et une bande-originale inspirée du film noir et de Bernard Herrmann, enrichie de solos de violon. Quelques problèmes techniques (plantages occasionnels, latences d’interaction, orientation parfois confuse) viennent toutefois ternir l’expérience, rappelant qu’il s’agit d’un projet solo ambitieux encore perfectible.
Casting Whispers : Trailer PC
Note N-Gamz : 12/20
Casting Whispers s’impose comme une proposition originale dans le paysage du horror indie. Son point fort indéniable réside dans l’alliance réussie entre une atmosphère dense, une mécanique d’écoute inventive et un univers lovecraftien ancré dans l’Amérique des années 60. Si l’exploration répétitive et certains soucis techniques freinent l’enthousiasme, le titre offre une expérience immersive et mémorable pour les amateurs de tension psychologique et de design sonore soigné. On regrettera par contre une très mauvaise optimisation Steam Deck et une mécanique de gameplay liée à l’écoute qui aurait bien pu aller bien plus loin. Un premier essai sympathique donc, qui laisse entrevoir un bel avenir pour son créateur.

















