Review
Développé par le studio indépendant Refugium Games (sous la direction d’Aaron Roller) et publié par Perp Games et Perpetual Europe, Greyhill Incident: Re-Probed Edition est disponible en téléchargement sur Nintendo Switch (et pleinement compatible Switch 2) depuis le 10 février dernier au tarif d’environ 24,99 €. Ce survival-horror à la première personne, sorti initialement en 2023 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series, n’est autre que le premier titre du développeur et son aventure nous place dans la peau de Ryan Baker, père de famille et théoricien du complot, équipé d’une batte de baseball et d’un revolver à munitions limitées, dans le quartier fictif de Greyhill au début des années 90, alors qu’une invasion d’extraterrestres gris et d’OVNI sème la terreur. Un petit côté X-Files qui fait mouche ? La réponse dans mon test complet sur Switch 2 !
Le scénario de Greyhill Incident s’appuie sur les codes classiques de l’invasion alien à la Signs ou X-Files, avec une population paranoïaque qui se barricade et refuse d’appeler les autorités, convaincue que le gouvernement est complice. Ryan voit ainsi son fils Henry enlevé dès les premières minutes et doit sillonner le voisinage pour aider ses voisins, collecter de l’aluminium (pour se protéger des ondes mentales) et découvrir la vérité.
L’édition Re-Probed ajoute une fin exclusive ainsi que des cassettes de lore supplémentaires qui enrichissent légèrement le contexte, mais l’intrigue reste globalement décousue, peuplée de dialogues maladroits et de rebondissements prévisibles qui peinent à susciter une réelle émotion ou un sentiment d’urgence durable.
Sur le plan du gameplay, l’expérience repose principalement sur la furtivité dans un environnement ouvert mais restreint. Il faut se glisser dans des poubelles, des voitures ou sous des lits pour échapper aux Petits Gris, qui réagissent aux bruits et à la lumière. Le système d’endurance s’avère hélas particulièrement punitif : la course et les coups de batte consomment rapidement votre jauge, qui se régénère très lentement, transformant les déplacements en véritable calvaire. Le revolver, quant à lui, dispose de trop peu de munitions pour constituer une solution viable, forçant le joueur à alterner entre fuite et cachettes interminables. Les objectifs se résument souvent à de l’ultra classique (récupérer un objet, libérer un voisin, trouver le chat du voisin…), ce qui alourdit considérablement le rythme déjà bien lent.
Le second volet du gameplay souffre quant à lui d’un manque de profondeur et de variété. Les combats sont maladroits : la batte nécessite plusieurs coups pour étourdir temporairement un alien qui se relève presque immédiatement, et les affrontements directs tournent vite à la frustration. Les puzzles restent basiques et les phases d’exploration manquent de direction claire, d’autant plus qu’aucune carte n’est fournie. L’ajout du mode Found Footage (vue bodycam grainée façon VHS des années 90) apporte un vrai plus immersif et change agréablement la perception de l’ambiance, tandis que les ajustements de qualité de vie de cette édition (stamina et lampe améliorées) rendent l’expérience un peu moins punitive qu’à l’origine. Cela ne suffit toutefois pas à compenser la rigidité globale des mécaniques.
Techniquement, la version Switch 2 offre une performance stable autour de 30 images par seconde en modes portable et TV, avec une fidélité visuelle modeste mais cohérente pour le ton indie et rétro du titre. Les environnements brumeux de nuit fonctionnent correctement et l’éclairage contribue à l’atmosphère oppressante.
La bande-son d’Eric Gordon Berg, composée de drones ambient, de bruits lointains et de silences calculés, constitue l’un des points forts et parvient à installer une tension réelle lorsque le joueur reste immobile dans le noir. Les doublages restent cependant très inégaux et les effets sonores des aliens manquent parfois de punch.
Greyhill Incident Re-Probed Edition : Trailer Switch 2
Note N-Gamz : 8/20
Greyhill Incident: Re-Probed Edition sur Switch 2 bénéficie d’ajouts bienvenus (mode Found Footage, fin exclusive, cassettes pour densifier le lore) et d’une atmosphère nocturne soignée qui captive par moments. Pourtant, le scénario confus, le gameplay de furtivité pénible et répétitif, les combats maladroits et la durée de vie très courte empêchent le titre de s’élever au-dessus de la moyenne basse. Les améliorations de cette édition rendent l’expérience un peu plus digeste que dans le titre originel de 2023, mais elles ne corrigent pas les défauts structurels d’un jeu qui reste une occasion manquée pour les amateurs d’horreur alien. Réservé aux curieux ultra-tolérants ou aux collectionneurs de thrills low-budget.

















