Review

Débarqué le 19 février dernier sur Nintendo Switch et Switch 2 (via rétrocompatibilité parfaite), PC et mobile, Paranormasight : La Malédiction de la Sirène de Square Enix prolonge la saga des mystères occultes avec une suite centrée sur le folklore des sirènes japonaises. Ce visual novel horrifique, mêlant enquête interactive et fins multiples, s’adresse clairement aux amateurs de puzzles métaphysiques. Testé en mode hybride sur notre Switch 2, ce portage essaie d’efface les soubresauts de l’original sur Switch mais parvient-il à faire en sorte d’offrir assez d’innovations pour réellement marquer les fans de la première heure ?

C’est pas l’homme qui prend la mer…

Sur l’île de Kameshima, dans le Japon des années 80, le jeune plongeur ama Yuza Minakuchi affronte les échos d’une tempête fatale qui a emporté ses parents, hanté par une apparition spectrale de lui-même. Entrelacé avec les destins d’une enquêtrice intuitive, d’un écrivain étranger et d’une fillette amnésique, le récit déploie une toile de malédictions marines inspirées du folklore – sirènes momifiées, immortalité carnassière – via des chronologies fracturées et des révélations en cascade. Moins oppressant et glauque que l’opus inaugural, ce thriller gothique excelle heureusement par ses personnages nuancés et ses twists philosophiques, culminant en un climax tragique aux multiples aboutissements.

Un Visual Novel pas comme les autres

À la croisée du visual novel point-and-click et de l’aventure narrative, le cœur bat au rythme des dialogues exhaustifs : il faut épuiser chaque piste conversationnelle pour débloquer avancées et ramifications, avec des « ticks » visuels pour guider sans infantiliser. Les choix cruciaux mènent à des bad ends macabres, incitant à revisiter timelines via un système de branches astucieux, où le Storyteller – narrateur espiègle brisant la quatrième mur – commente vos faux pas avec malice. Cette boucle d’essais-erreurs, pimentée de réflexions morales, forge une addiction sur 10 heures environ.

Pas assez horrifique ?

Les puzzles cérébraux – alignements de boîtes, cartographies indicielles, brainstorming nominatifs – transcendent le genre par leur intégration organique au lore, tandis que les minijeux sous-marins (plongée pour perles et horreurs abyssales) injectent variété et progression tangible. Le mode New Game+ et les profils étendus prolongent l’exploration, avec une rejouabilité dopée par des fins vraies exigeant perspicacité. Sur Switch 2, le tactile hybride et les vibrations Joy-Con magnifient ces mécaniques, rendant chaque révélation tactile et viscérale. On regrettera par contre clairement le manque d’aspect horrifique là où le titre aurait pu aller bien plus loin pour réellement marquer les esprits.

Un joli portage

Sur Switch 2, le portage rayonne par sa stabilité exemplaire : 60 ips constants sans saccades (adieu les hoquets 3D de l’ancienne Switch), chargements express (2 secondes save, 8 dashboard) et un affichage natif 16:9 en portable, sublimé par des arts 2D DS-esque ciselés et post-traitements chatoyants. Pas de menu graphique dédié, mais le rumble immersif et l’absence de pop-in forgent une fluidité hybride idéale. La bande-son, mystérieuse et lancinante, déploie des stings occultes et thèmes orchestraux envoûtants, bien que parfois réemployés de l’antépénultième opus.

Paranormasight La Malédiction de la Sirène : Trailer

Note N-Gamz : 15/20

Paranormasight : La Malédiction de la Sirène sur Switch 2 élève la formule en un ovni narratif captivant, porté par une intrigue intéressante, des énigmes ingénieuses et une technique assez réussie qui exploite la console hybride nippone de Nintendo. Le démarrage indolent et une horreur atténuée freinent hélas l’extase, malgré l’abondance de routes et l’atmosphère envoûtante. Bref, un bon Visual Novel qui prouve le talent de Square Enix dans le mystère surnaturel, mais aurait mérité d’aller encore plus loin dans son côté horrifique pour réellement marquer les esprits.



About the Author

Selyna (Céline Franceus)
Amoureuse des mangas et des jeux vidéo cosy ou d'action (Stellar Blade, je t'adore), je suis fan de films de Noël, de fantasy et de comédies romantiques ainsi que de l'époque Victorienne. Mon cher Neoanderson m'initie à la SF et aux films d'horreur tout en me faisant découvrir de nouveaux genres vidéoludiques tels que les Action-RPG façon Cyberpunk 2077 ou The Witcher et l'aventure ou encore la plateforme, de Zelda à Mario en passant par Princess Peach car j'aime énormément l'univers Nintendo. Qui sait, peut-être qu'un jour je vouerai un culte aux Survival Horror et aux J-RPG comme Mister Anderson ?