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1 août 2013
 

L’interview de Mark Gatiss, acteur/scénariste de Doctor Who/Sherlock, par Delilah

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Written by: Delilah
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A l’occasion de la Comic Con 2013 et des 50 ans de la série Doctor Who, nous avons eu l’occasion de rencontrer Mark Gatiss, scénariste et acteur pour Who et producteur, acteur et scénariste pour la prodigieuse série Sherlock. Mark Gatiss, c’est beaucoup de rire, de flegme et de charme typiquement anglais. Nous vous laissons apprécier cette petite tranche d’une rencontre qui a laissé votre humble rédactrice complètement in love.

 

Delilah : Bonjour Mark ! Êtes-vous content d’être en France ?

Mark Gatiss : Oui, même si je ne vais pas rester très longtemps ! J’étais déjà venu l’année passée à propos d’un documentaire sur le film d’horreur européen et je suis resté assez longtemps à Paris. Mais je ne reste pas plus longtemps après cette Comic Con, je pars à Lourdes pour avoir un miracle car j’ai trop peur de mourir dans l’avion. Puis ensuite, je vais à Saint Bertrand de Comminges dans les Pyrénées, seulement pour une journée car je réalise un documentaire sur un auteur de nouvelles anglais, M.R. James et une de ses histoires les plus célèbres se déroule là-bas.

Delilah : Il paraît que vous avez été élevé dans un hôpital psychiatrique… est-ce que cette expérience vous a aidé à devenir le « Mark Gatiss » que vous êtes actuellement ?

Mark Gatiss : D’être un Mark Gatiss un peu fou ? (rires) Plus sérieusement, il est vrai que j’ai dit lors d’une interview il y a quelques années que mon père, ainsi que ma mère avaient travaillé de manière très brève dans un hôpital psychiatrique. Mais ce n’était pas un asile immense, ressemblant à un château hanté. Et pour moi, c’était un endroit tout à fait normal : je me faisais couper les cheveux là-bas, j’allais à la piscine là-bas. Oui, ça a dû me marquer… mais rien de traumatisant non plus. Dans certaines interviews, je lis parfois que j’ai grandi avec la Famille Addams !

Delilah : La saison 3 de Sherlock commence cet hiver sur la BBC…

Mark Gatiss : J’espère ! (rires)

Delilah : … Combien vous ont-ils payé pour écrire l’un des trois épisodes ?

Mark Gatiss : A price above rubies ! Ca n’a pas de prix ! (rires)

Delilah : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le 1e épisode ?

Mark Gatiss : Nous avons filmé les deux premiers épisodes. Et j’ai écrit le scénario du premier, Steve Thompson le deuxième (The Sign of Three) et Steven Moffat le troisième (His Last Vow). Bien, que puis-je dire sur cet épisode… il s’appellera The Empty Hearse et Sherlock Holmes et le Docteur Watson sont dedans… Sherlock Holmes revient d’entre les morts et… c’est tout ce que je peux dire ! Oh et il y aura d’autres personnages. Mais je ne peux vraiment pas en dire plus !

Delilah : Avez-vous une idée de quand cet épisode sera diffusé ?

Mark Gatiss : Pas vraiment. Cette saison devrait être prête pour l’hiver, mais on ne sait pas tout à fait quand. La post production a commencé, la musique est en phase de composition pour les deux premiers épisodes, c’est en chemin ! Mais l’emploi du temps est un peu hasardeux.

Delilah : Pourquoi avez-vous choisi de jouer le rôle de Mycroft Holmes ?

Mark Gatiss : J’ai été forcé !! (rires) Quand nous avons tourné l’épisode pilote, il n’y avait pas de Mycroft ni de Moriarty. Et suite à ça, nous avons commencé à discuter de l’apparition de ces deux personnages dans la série, et nous voulions présenter Mycroft comme s’il était Moriarty et qu’il tomberait à cause de ça. Et Steve Thompson, qui est scénariste, a suggéré que je prenne ce rôle. Je venais de passer une audition pour jouer Peter Mandelson, qui est un politicien ressemblant à Mycroft. Je lui ai dit non, que je ne pourrais pas et me voilà.

Delilah : Avez-vous ressenti une certaine pression en incarnant ce personnage ?

Mark Gatiss : Je me suis beaucoup inspiré de la version de Sir Christopher Lee, dans le film La Vie Privée de Sherlock Holmes [ndlr : sorti en 1970 et signé par Billy Wilder], qui est l’une de nos plus grandes inspirations. Et il jouait Mycroft dans une optique d’antagonisme entre les deux frères, ce qui est super selon moi. Et c’est de ça que nous nous sommes inspirés pour la série. D’ailleurs, je ne ressemble pas du tout au Mycroft du livre, qui est un homme énorme !

Delilah : Dans Being Human, une autre création de la BBC, vous jouez l’un des plus horribles personnages de la série, qui tue des bébés pour le plaisir notamment. Qui est le plus cruel ? Les scénaristes qui écrivent ces meurtres ou votre personnage ?

Mark Gatiss : Ça dépend. Est-ce que les bébés ont survécu ? Je ne suis pas tout à fait sur… Mais je ne sais pas, le plus cruel ce doit être moi je pense. J’ai adoré faire ça. J’ai toujours voulu jouer un vampire et c’est une super série. Je voulais être roux et je me suis teint les cheveux. Ils voulaient que je me rase la tête. Mais je n’ai pas pu. Je voulais des cheveux roux car les vampires ont toujours un look très inspiré gothique, sombre et très élégant. Et il devait y avoir un vampire roux, un peu dégoûtant. Il a plus de mille ans, et on a abîmé mes ongles, maquillés mes dents pour que tout ait l’air en mauvais état. J’ai vraiment adoré, j’aimerais refaire ça dès que possible !

Delilah : Que pensez-vous de réaliser un cross-over entre Doctor Who et Sherlock ?

(Il éclate de rire. La fangirl a été repérée).

Mark Gatiss : Oh mais ça serait comme si Noël était tous les jours ! Une fois que l’on a fait ça, que pourrait-on faire de plus ? Il faut maintenir les fans dans une espèce d’attente constante, sinon on lasse notre public. Et puis le Docteur ne pourrait pas rencontrer Sherlock, car c’est un personnage de fiction. On le voit d’ailleurs porter un costume de Holmes dans un épisode spécial de Noël !

Delilah : C’est le Docteur, il peut voyager à travers le temps et l’espace, pourquoi pas la fiction et l’imagination ?

Mark Gatiss : C’est une idée que je vais garder pour les prochaines saisons ! Mais je reste dans l’idée qu’il est mieux d’attendre après Noël toute l’année que de le fêter plusieurs fois.

Delilah : Allez-vous écrire un prochain épisode de Doctor Who ?

Mark Gatiss : Je l’espère vraiment, mais rien n’est tout à fait sur !

Delilah : Quelles ont été vos inspirations pour la série Sherlock ?

Mark Gatiss : Il y a de nombreuses versions de cette histoire, et de très réussies qui plus est. Steven [ndlr : Moffat] et moi sommes en quelque sorte tombés amoureux de ces deux personnages quand nous étions petits. Ils sont un peu les pires amis du monde mais ils forment un tout, ensemble. Et le cœur de la série était de restaurer cette relation et de mettre très loin les caractéristiques de la période où se déroule l’histoire originale. Car beaucoup se sont perdus dans ce brouillard londonien typique de cette époque. Et pourtant j’adore toutes ces versions victoriennes. Mais nous voulions montrer surtout cet homme merveilleux, plus intelligent que quiconque, et son meilleur ami, qui n’est pas aussi intelligent mais qui a tout autant de qualités. Je pense que la meilleure « invention » de notre série, c’est ce que nous avons fait du Docteur Watson, car c’est un homme très fort, très loyal, un très bon soldat et ami. Et dans beaucoup de versions, ils ne font que travailler ensemble alors qu’il y a une vraie relation entre eux.

Delilah : Tout à fait par hasard, est-ce que vous jouez aux jeux vidéo ?

Mark Gatiss : Alors là, pas du tout ! J’ai joué à Pong, il y a très longtemps. Sinon, on m’a déjà approché pour réaliser un scénario pour un jeu vidéo, mais c’était une période où j’avais déjà beaucoup de projets. Pourquoi pas maintenant ? Mais sinon, je laisse ça aux jeunes comme vous, je suis trop vieux pour ça ! (rires)

Delilah : Maintenant que Benedict Cumberbatch et Martin Freeman sont de plus en plus sollicités pour des gros films, combien de temps pensez-vous continuer la série ?

Mark Gatiss : C’est drôle car je parlais de ça avec Steven [ndlr : Moffat toujours] il y a peu. On s’est demandé : si nous avions attendu un peu et planifions la première saison de Sherlock maintenant ? Forcément, ça serait super mais on ne les aurait pas eu au casting, jamais. Mais nous les avons, et ils veulent continuer aussi longtemps que possible. Ce que nous avons fait de différent, c’est de commencer la série avec des jeunes hommes, alors que Holmes et Watson ont plutôt 50 ans. Et ce qui pourrait être génial, c’est de pouvoir continuer jusqu’à ce que Benedict et Martin aient tous les deux 50 ans. Tout ça pour dire que nous continuerons tant qu’il est possible de le faire !

Delilah : Il y a deux écoles : ceux qui voient clairement une relation plus intime entre Sherlock et John…

Mark Gatiss : Oh vous, je sais ce que vous allez me demander ! Mais allez-y ! [ndlr : plus de doute, la fangirl a été repérée] 

Delilah : Mais non, attendez ! Et il y a donc ceux pour qui ce n’est qu’une amitié très forte. Dès les premières minutes de la série, on voit que vous jouez sur cette ambigüité entre les deux protagonistes. Etait-ce voulu ?

Mark Gatiss : Pour moi, il n’y a pas de relation ambigüe entre eux. Watson se marie et Holmes a une relation presque amoureuse et très marquante avec Irene Adler. Ce qui a suggéré ça en premier, c’est le premier film de Guy Ritchie. Et c’est très drôle. C’est pour ça que nous avons choisi de faire ces petites allusions, c’était avant tout pour nous amuser. Les gens écrivent beaucoup de choses à propos de cette prétendue relation amoureuse mais ils ne sont pas gays. Ce sont juste des raccourcis que les gens font à propos de deux hommes vivant ensemble. Il faut se replacer au moment où ça a été écrit, c’est une relation amicale intime entre deux hommes mais pas plus. John le dit un nombre certain de fois « Je ne suis pas gay ! » et nous ne faisons ça que pour donner un côté humoristique aux préjugés qui les entourent. Sherlock est bien plus ambigu que ça, on ne peut pas le mettre dans une case. C’est ce qui est intéressant chez lui. Et ce qui arrive avec Irene Adler va plus loin qu’une histoire d’amour, c’est autre chose. Il n’est qu’un cerveau, il n’opère ses actes que par son intellect. Il est bien au-delà de la sexualité et il serait très irritant de le mettre dans une case définie.

Mais c’est comme pour Sherlock et Doctor Who [ndlr : il regarde votre rédactrice avec un sourire entendu], si l’on admet une relation intime et amoureuse entre Sherlock et John… que fait-on après ? Il est bien plus intéressant de jouer sur cette ambigüité et laisser les fans dans l’expectative que de leur donner ce qu’ils veulent. Car une fois que c’est fait, nous n’avons plus rien à faire pour intéresser notre public ! Vous imaginez, Sherlock dire à Watson « Je vis dans un mensonge, je t’aime. » et que ce dernier lui réponde « Oui, je t’aime aussi. » C’est la fin de tout ! Ou en tout cas de la série !

Et comme nous ne voulons certainement pas précipiter la fin de Sherlock et l’interview touchant à sa fin, nous avons dû dire au revoir à ce monsieur réellement passionnant. On imaginerait bien continuer cette conversation autour d’un thé et quelques scones pour refaire le monde à grand coup de littérature.



About the Author

Delilah
Étudiante en journalisme, je conjugue ma passion avec mon parcours scolaire et professionnel. Vous pouvez aussi me retrouver, dans le cadre de ma formation, chez Jeuxvideo.fr comme rédactrice. J’ai commencé à tâter du pixel très tôt, mon père étant lui-même joueur ... Mais mon premier « vrai » jeu a été Pokemon avec qui je continue de vivre une idylle passionnée. J’ai pu m’essayer à plusieurs styles de jeu, mais pour moi, rien ne vaut le RPG, l’action-aventure et … si on sait me convaincre (car je fais un peu la princesse) le FPS. Ne me parlez pas de Survival-Horror, je suis incapable d'y jouer, je prie toujours pour avoir une option générique dès le premier écran car même le menu me fait peur (mon voisin a peu apprécié peu mes hurlements sur Amnesia : The Dark Descent). Mais j'essaye, je retente l'expérience à chaque fois, je persévère !! Mon jeu culte est et restera Red Dead Redemption au point d’avoir un tatouage dédié à John Marston (mais je ne vous dis pas où, muahah), j’ai même arrêté de compter le nombre de fois où je l’ai fini ! Oh et useless fact : j’ai une passion bizarre pour les serial-killers^^.



 
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