Review

Août 2016, je vous présentais la preview d’un titre creepy à l’ambiance totalement inédite : We Happy Few. Deux années se sont écoulées et le soft de Compulsion Games est enfin sorti dans sa version définitive. Afin de vous proposer un test à jour et de qualité comme N-Gamz en a le secret, je me suis replongée dans l’Angleterre si particulière d’un titre que j’avais adoré parcourir il y a de cela pas mal de temps. Alors, l’attente valait-elle le coup? L’accès anticipé a-t-il été bénéfique jeu ? Toutes les réponses, vous les trouverez juste ici.

Artie, le roi du cricket !

« Une dystopie terriblement grisante et malsaine »

Comme lors de la preview précitée, notre épopée démarre avec Arthur, torturé par un sombre passé qu’il a tenté pendant trop d’années d’oublier à grand coup de Joy, une drogue qui fait évoluer nos bons citoyens dans un état de joie infinie et qui a tendance à occulter le monde plutôt crade dans lequel ils évoluent. Entre censure, propagande et ambiance sixties mêlées à un sentiment de fierté d’après-guerre, la dystopie proposée par Compulsion Games envoie toujours autant du lourd, et même plus que lors de ses diverses phases préliminaires. En effet, le soft s’est développé autour de deux autres protagonistes jouables dont le destin va s’entremêler à celui d’Arthur.

Je n’en dirai pas plus sur ces deux personnages afin de vous laisser savourer la surprise, sachez seulement que l’aventure vaut le coup et qu’ils sont tout aussi attachant qu’Artie. En parlant de ce dernier… on aurait pu penser que l’on maîtrisait son histoire via les nombreuses parties lancées lors de l’accès anticipé… et bien détrompez-vous ! Tout a été revu pour ajouter un contenu monstre, dont des masques à trouver dans l’univers de Wellington Wells ainsi que des quêtes bien plus scénarisées qu’elles ne l’étaient auparavant. L’ambiance s’est encore assombrie un poil, toujours plus malsaine tout en restant attirante !

Un univers qui se cale sur votre comportement ! 

« Surprise, il y aura deux personnages supplémentaires à incarner! »

We Happy Few nous propose toujours plusieurs modes de difficulté, avec ou sans permadeath, ainsi qu’une option de personnalisation complète de votre périple : vous voulez des ennemis ultra dangereux mais un côté survie moins prononcé ? Tout est possible. Un mode bac à sable devrait même être proposé prochainement, ce qui va nous ajouter encore des heures au compteur ! L’univers du soft est donc bien plus vaste que dans sa version anticipée mais laisse cependant parfois une impression de vide dans certaines zones où la nature est omniprésente, sans forcément trouver de lieux à visiter. Ces derniers sont tout de même plus travaillés qu’avant et ils proposent bien souvent des quêtes annexes, des énigmes, et apportent toujours un peu plus au lore du soft via des documents que l’on va retrouver.

Chaque partie ne devrait donc pas ressembler à une autre car les personnages rencontrés se calent sur notre comportement : agressivité ou non. Allez-vous tuer ou seulement assommer afin de conserver un poil d’humanité dans ce monde de fou? Allez-vous prendre votre Joy ou y renoncer définitivement ? Chacun de ces choix va influencer l’univers rétro-futuriste de Wellington Wells, jusqu’à vos vêtements… C’est pour dire !

I will survive…

« Le côté survie sera bien entendu de la partie, et les choix moraux également »

Bien qu’étant un charmant simulateur de marche en univers hostile, le tout sous un scénario qui tient la route… il ne faut pas occulter que WHF est avant tout un jeu de survie en vue à la première personne. Il va falloir gérer votre soif, votre faim, vos blessures, diverses maladies, votre fatigue ainsi que votre niveau de Joy… ça en fait des choses n’est-ce-pas ? Cela ne va pas être aisé par moment, car quand la décision de se risquer à bouffer une carotte pourrie au risque de choper une courante bien sale ou de se laisser mourir de faim va poindre le bout de son nez, il faudra agir vite !

Il va aussi falloir se mettre en quête de ramasser du matériel afin de pouvoir fabriquer armes, tenues, soins divers et variés, pièges… bref tout le petit kit de survie nécessaire à votre progression dans l’univers barré et hostile proposé par Compulsion Games. On va cependant vite se retrouver confronté au problème de la gestion du poids de notre inventaire, mais les développeurs, bien qu’un brin sadiques, on pensé à tout : le remède va être de trouver des caches qui disposent d’un réseau de stockage façon coffres de Resident Evil.

Kubrick was here

« Visuellement, les mondes opposés dépeints dans WHF sont brillamment conçus ».

L’univers de WHF est unique, authentique et garantit une promenade visuelle charmante. Le monde à l’abandon des rabats joies, exclus de la société et complètement déphasés, nous plonge dans une ambiance sombre, glauque voire morbide où il n’est pas rare de découvrir un pendu dans une demeure au sein de laquelle les marques sur les murs nous expliquerons le destin et la chute tragique de ses résidents. Contraste complet avec l’ambiance proposée par le monde des « gens biens » qui n’oublient pas de prendre leur dose quotidienne de Joy, où les couleurs et formes pop des années 60 nous sautent aux yeux. Une ambiance quasi grotesque tellement on est dans le too much, mais qui nous plonge dans un décalage total avec ce qu’on pourrait qualifier « d’autre monde ».

Peu de bugs ou de lags sont à déplorer, ce qui était déjà le cas lors de ma première expérience il y a deux ans. On ressent le soin apporté au soft dans tous ses aspects, ce qui nous permet une immersion totale et sans encombres hormis la difficulté de survivre dans cet univers. La navigation dans les menus, l’artisanat, l’inventaire… tout se fait de façon aussi intuitive que la prise en main du gameplay. Plutôt bon tout ça ! Ajoutons à l’expérience une voxographie aux accents british très séduisants, un jeu d’acting toujours de bon ton et une ambiance musicale et sonore au point pour obtenir un soft de qualité dans tous ses aspects. On regrettera seulement la simplicité des sous-titres qui, bien que fidèles en général, passent à côté des nombreux jeux de mots et clins d’œil à la culture britannique.

Bilan d’une longue attente…

Deux années auront été nécessaires à l’équipe de Compulsion Games pour sortir son bébé We Happy Few dans sa version finale. Si l’expérience proposée par l’accès anticipée était prometteuse, le résultat l’est tout autant. Des points noirs sont tout de même présents : une difficulté parfois trop exigeante, une redondance un poil agaçante et un avenir payant effrayant. En effet, avant même de sortir, WHF s’est vu greffer un season pass à 25€, alors que le soft demande un tarif déjà un poil trop cher et rédhibitoire pour un jeu indé de cette trempe, à savoir la coquette somme de 60€. Alors oui, l’aventure qui nous plonge dans la démente Wellington Wells est séduisante, aboutie, propre et pleine de promesses, mais les joueurs n’ayant pas craqué lors de l’accès anticipé risquent d’avoir du mal à mettre la main à la poche pour une nouvelle aventure de survie vu le prix.

La Bande-Annonce

Réalisation: 16/20

L’univers de We Happy Few est unique et nous propose des paysages changeants de façon flagrante entre deux mondes s’affrontant aussi bien socialement que moralement. Mais malheureusement, il y a un poil trop de redondance, un poil trop de vide dans l’univers des rabats joies. Il n’empêche que la promenade dangereuse proposée par Compulsion Games est plaisante par bien des aspects.

Gameplay/Scénario: 17/20

Le scénario du soft a pris une orientation bien plus lourde que lors de l’accès anticipé, tout en conservant la trame qui avait su faire chavirer nos cœurs il y a deux ans de cela. L’ajout des deux protagonistes vaut son pesant de cacahuètes et nous change de notre Arthur gémisseur. Le gameplay est intuitif et se prend en main ultra rapidement. Diversifié, il sait se montrer exigeant. Ajoutons à ça que la navigation dans les divers menus est intuitive et très claire. On aurait juste apprécié une map moins froide et plus interactive.

Bande-Son: 15/20

Des acteurs connus et reconnus sont au casting de We Happy Few, pour le plus grand plaisir des aficionados de voice acting de qualité. Jeu propre, toujours dans le ton et dans l’ambiance du moment sans jamais surjouer, un vrai plaisir auditif. Les bruitages et l’ambiance sonore-musicale du soft sont eux aussi de bonne facture. Cependant, l’esthétique des sous-titre vient vraiment casser la propreté visuelle. Il est terriblement dommage que ces derniers passent aussi à côté de traduction d’expressions britanniques et de références techniques, mais on conçoit cependant qu’il soit complexe de les caler dans la langue de Molière.

Durée de vie: 15/20

Oulà mon ami… la durée de vie est juste tout bonnement inquantifiable ! Tout va dépendre de votre façon d’appréhender le soft, la survie, de tenir en vie… le mode bac à sable devrait venir gonfler les heures de jeu de façon monstrueuse. Le season pass aussi sûrement. Cependant, la redondance peut vite pointer le bout de son nez, alors méfiance !

Note Globale N-Gamz.com: 16/20

We Happy Few sort gagnant de son accès anticipé! Les développeurs de Compulsion Games ont su montré qu’ils étaient à l’écoute des joueurs et qu’ils étaient des pro de la communication lors de ces deux années. Le développement que l’on a pu admirer sur cette période a eu ses bons comme ses mauvais côtés, mais la version finale qui nous est proposée fleure bon la qualité aussi bien d’un point de vue scénaristique, qu’artistique ou sonore. Cependant, le prix demandé a surpris pas mal de monde, et l’annonce d’un season pass… n’en parlons pas! De fait, il s’est abattu un franc ras-le-bol dans les avis du jeu, qui se sont bien entendu répercutés dans la presse vidéoludique. Un poil trop chère, il n’empêche que l’aventure proposée dans We Happy Few est unique, séduisante et chronophage à souhait !



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Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef autant que le rédacteur de news de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen/seinen tels que Ga-Rei, L'Ile de Hozuki, Orphen, Sprite, Asebi, ... Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!