Review

Annoncé en plein Nintendo Direct de janvier 2013 sous les acclamations des fans de RPG, le Cross Over improbable entre les univers de Shin Megami Tensei et Fire Emblem avait toutes les cartes en main et une sacrée pression sur les épaules pour devenir le meilleur jeu de rôle de la Wii U. Seulement voilà, quelques mois plus tard, les premières images officielles du titre et de son look Pop Kawaï Idol ont littéralement généré une levée de boucliers de la part des gamers, ne comprenant pas ce que cet univers acidulé avait de cohérent là où Megaten était « dérangeant » à souhait tandis que Fire Emblem optait pour un monde guerrier au possible. Et pourtant, à présent que ce Tokyo Mirage Sessions #FE est sorti, force est de constater que le titre est hautement surprenant tant il parvient à exister de lui-même, loin de ses père et mère respectifs, pour nous prodiguer un sacré spectacle visuel… et musical ! Montez le son, on vous emmène en plein cœur d’un entertainment nippon… pavé de monstruosités!

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 18/20

Personnages charismatiques aux dimensions réalistes et finement modélisés, Tokyo contemporain plutôt crédible bien que très compartimenté, ennemis dérangeants à souhait et animation sans faille font de ce Tokyo Mirage Sessions le meilleur représentant du genre J-RPG sur la console de salon de Nintendo. Bien entendu, il va falloir adhérer à son look plein de pop-attitude nipponne, mais le spectacle visuel est bel et bien au rendez-vous, magnifié au travers de somptueuses cinématiques animées qui vont souvent vous déscotcher la rétine. Deux bémols néanmoins : des temps de chargements trop récurrents, surtout avant et après chaque combat, et des donjons qui auraient mérité d’être un peu plus inspirés sur le plan du design artistique (et pas que, comme vous pourrez le voir dans la note de gameplay).

Gameplay/Scénario: 15/20

Avec ses combats haletants, techniques et incorporant aussi bien la triangulation des armes de Fire Emblem que les affinités élémentaires de Megaten, ce Tokyo Mirage Sessions est une vraie réussite qui parvient à conserver une bonne base de stratégie sans jamais devenir prise de tête. La montée en niveau est très courante, le crafting d’armes pour apprendre de nouveaux sorts se montre bien fichu, et il y a tout un tas de petites notions très intéressantes comme le niveau de succès auprès des foules, les quêtes d’amitié, les mini-games pour se faire un nom dans le milieu de l’entertainment nippon mais aussi et surtout les fameuses « Sessions » qui permettent jusqu’à une vingtaine d’enchaînements automatisés en plein combat. Hélas, on déplorera un level design des donjons parfois atroce, bardé d’énigmes inintéressantes et frustrantes par leur répétition. A ce niveau, on aurait vraiment apprécié une génération aléatoire à la Persona plutôt que ces levels bien trop bourrés de monstres et sans réelle inspiration, vous obligeant à faire quelque peu de grinding alors que vous voudriez surtout éviter le plus de rixes possibles. Enfin, le scénario est bien plus profond qu’il n’y paraît de prime abord, mais ne vous retournera jamais le cerveau par sa complexité et ses cliffhangers ahurissants.

Bande-Son: 17/20

Si vous aimez la j-pop mâtinée de thèmes sombres dans les donjons, vous allez ADORER la B.O. de ce Tokyo Mirage Sessions #FE. Véritable hymne à l’amour de la musique contemporaine nipponne, elle vous propulsera directement dans le milieu si aguicheur des Idols à grands coups de rythmes entraînants et acidulés. Le doublage japonais est également très convaincant, donnant véritablement vie aux combats avec pas mal de parlotte bien stylée entre deux coups. Gros soucis : aucun sous-titre n’est prévu durant les affrontements, ce qui peut être un handicap notamment lors des rixes contre les boss… qui semblent vous en dire beaucoup sans que vous ne compreniez rien. On aurait également aimé que les cut-scenes soient au moins doublées en anglais, tout comme les chansons, histoire d’ouvrir le soft à un plus large public, surtout pour un titre qui fait de la musique l’une de ses pierres angulaires.

Durée de vie: 16/20

Comptez plus d’une trentaine d’heures pour boucler le jeu, avec un peu de grinding, et largement le double pour réaliser les nombreuses quêtes annexes offertes par les monstres et les scénarios d’amitiés vous permettant de créer des liens plus forts avec vos coéquipiers. Un constat plus que satisfaisant, surtout si l’on y ajoute l’énorme replay value des donjons qui, bien que trop longuets et dénués d’un level design bien pensé, offrent néanmoins de nombreuses voies optionnelles bloquées lors de votre premier passage et bardées de bonus.

Note Globale N-Gamz.com: 17/20

S’il a pu effrayer les fans de Megami Tensei et de Fire Emblem dans un premier temps à cause de son propos résolument pop-kawai, Tokyo Mirage Sessions #FE réussit le tour de force de marier de très bons éléments de ces deux sagas tout en créant une nouvelle franchise qui parvient à exister par elle-même et dont on espère déjà une suite. Hommage vibrant à la j-pop, le soft vous fait vivre comme si vous étiez le quotidien des Idols japonaises dans un J-RPG Tour par Tour au gameplay travaillé, addictif et chronophage, qui ne souffre au final que d’un réel manque de localisation, de temps de chargements un peu frustrants et surtout d’un level design vraiment déplaisant pour ses donjons. Pas de quoi bouder ce titre qui se place d’office comme le meilleur de sa catégorie sur Wii U. Un must have pétillant, rafraichissant et véritablement passionnant… un peu comme une Idol en fait !



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!