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Sortis respectivement en 2007 et 2009 sur la Nintendo DS, The Legend of Zelda : Phantom Hourglass et sa suite Spirit Tracks débarquent dès à présent sur la console virtuelle de la Wii U. L’occasion pour nous de vous parler de ces deux classiques de l’action-aventure qui furent les premiers… et les seuls à proposer un gameplay uniquement au stylet sur écran tactile. Prêt à faire un petit retour vers le passé ?

Touch my Zelda !

En mer ou sur des rails, vivez deux aventures totalement atypiques!

En mer ou sur des rails, vivez deux aventures totalement atypiques!

Décembre 2002. Alors que tout le monde s’attendait à un Zelda « réaliste » façon Ocarina of Time, notamment au vu des premières vidéo techniques de présentation du Gamecube, Nintendo surprend tout le monde en sortant un « The Wind Waker » au look totalement SD cartoon. Sans doute l’épisode le plus décrié de la saga pour ses choix artistiques et ses interminables balades en bateau (après Majora’s Mask… et l’épisode CDI qu’on a vite oublié), il a pourtant connu deux suites sur la petite sœur portable de l’époque : la Nintendo DS. Encore une fois, alors que la console n’est pas la reine de la 3D et qu’on s’attend à une transposition 2D de l’œuvre… Big N joue à contrepied et nous sort en 2007 et 2009 deux aventure certes vue de ¾ haut, mais totalement en trois dimensions et surtout… jouables uniquement au stylet ! Avouez qu’il fallait le faire, et c’est donc avec une certaine nostalgie que l’on retrouve notre jeune Link sur la Console Virtuelle de la Wii U pour un test et un vidéo-test dans les règles de l’art.

Terminus... tout le monde descend!

Terminus… tout le monde descend!

L’histoire de Phantom Hourglass se déroule un peu après les événements narrés dans The Wind Waker. Link fait désormais partie de l’équipage de pirates de Tetra, alias la princesse Zelda de la légende. Ensemble, ils parcourent les mers en quête d’aventure, et cette dernière va les trouver avec un Bateau fantôme qui aura tôt fait d’enlever la demoiselle en détresse fétiche de notre héros. Une seule solution : reprendre la mer et réunir les trois esprits mythique (Force, Sagesse et Courage) pour sauver le Roi des Mers et votre dulcinée. Spirit Tracks, quant à lui, vous transporte plus d’un siècle après Phantom Hourglass. Descendant direct de Link, vous venez tout juste d’obtenir votre diplôme de conducteur de train dans une lointaine contrée. Hélas, le maléfique Kimado a décidé de faire renaître le Dieu du Mal, Mallard, et parvient à enlever Zelda dont le corps doit servir de réceptacle à l’âme du démon. Heureusement pour vous, l’esprit de la princesse vous accompagnera tout au long de votre périple ferroviaire pour restaurer les quatre Tour de Pouvoirs et affaiblir le rituel d’incantation de Mallard. Vous l’aurez compris, exit le bateau et les flots azurs et place à une bonne vieille locomotive. Quand on vous disait que Nintendo prenait tout le monde à contre-pied, on ne mentait pas !

Un gameplay entièrement tactile

Le gameplay est totalement tactile pour des combats simplifiés

Le gameplay est totalement tactile pour des combats simplifiés

Les habitués de la saga le savent, Zelda se joue principalement avec une manette, et ce depuis son apparition sur la NES, même si la saga a tenté quelques incursions dans l’ère de la détection de mouvement avec un Twilight Princess adapté à la va-vite sur Wii et un Skyward Sword sur la même console, vraiment intéressant et plus ouvert qu’à l’accoutumée. Du coup, l’idée de proposer un gameplay uniquement tactile pour les deux opus DS a eu de quoi inquiéter les puristes. On vous rassure, même s’il a tendance à rendre le jeu parfois un peu brouillon, le maniement au stylet est plutôt instinctif car très automatisé. On pointe l’endroit où on veut se rendre et le pathfinding (pas toujours optimal) de Link fait le reste. On cible un ennemi et hop, notre héros pourfend l’air avec son épée pour l’occire. On slashe sur l’écran et on donne immédiatement un coup horizontal. Enfin, un cercle tracé autour de Link provoque une attaque circulaire, tandis que la même manip faite en bordure de décor nous donne l’occasion d’assister à une roulade. A noter que ce dernier mouvement n’est valable que pour Phantom Hourglass. Dans Spirit Tracks, les développeurs ont opté pour un double-click bien plus instinctif. Enfin, l’intégralité de l’inventaire est utilisable en la sélectionnant au stylet.

La flûte de Pan va littéralement... vous pomper l'air!

La flûte de Pan va littéralement… vous pomper l’air!

Au final, les combats se montrent certes moins nerveux et plus facilités que dans un Zelda classique, et les environnements sont plus vides pour ne pas alourdir le gameplay à base de clicks sur l’écran, mais la magie opère néanmoins malgré quelques frustrations liées à l’utilisation des objets en pleine rixe, c’est déjà ça. On note également la volonté de Nintendo d’utiliser l’aspect tactile dans ses énigmes, dont plusieurs sont à base de traits à dessiner sur l’écran ou de textes à inscrire pour obtenir la solution du problème. Le micro est également employé avec intelligence dans Phantom Hourglass, pour éteindre des flammes en soufflant dessus, par exemple, mais de façon complètement inadéquate dans Spirit Tracks, qui vous affuble d’une Flûte de Pan détectant vos mélodies une fois sur dix… et obligatoire pour restaurer le pouvoir des Tours ! Quand une bonne idée se transformer en calvaire, en quelque sorte.

Similaires… mais différents également

Le sanctuaire central chronométré... où comment frustrer un maximum de joueurs

Le sanctuaire central chronométré… où comment frustrer un maximum de joueurs

Si les deux titres se manient de façon plus ou moins similaire, ils se différencient principalement sur deux éléments. Tout d’abord, les voyages. Ceux de Phantom Hourglass sont calqués sur The Wind Waker, avec un bateau allant d’îles en îles au gré des cartes marines que vous déchiffrerez. Très sympathiques, ces petites balades sur l’eau vous permettront également de rencontrer des marchands ambulants, de dénicher des trésors cachés ou de combattre divers monstres pour un réel sentiment de liberté. Spirit Tracks, lui, vous place aux commandes d’une locomotive qui doit suivre les rails que vous ferez apparaître au fil de l’aventure. Ici, c’est malheureusement la linéarité qui prend le pas et vous devrez jouer des aiguillages pour éviter des trains maléfiques synonymes de Game Over direct. Pas vraiment amusant, souvent frustrant, ce mode déplacement propose néanmoins quelques interactions amusantes avec le décor, comme la capture de lapins disséminés derrière des rochers, par exemple.

Si Spirit Tracks est extrêmement linéaire, il met en place un excellent système de binôme avec Zelda

Si Spirit Tracks est extrêmement linéaire, il met en place un excellent système de binôme avec Zelda

Heureusement, si Spirit Tracks perd du terrain face à son aîné à cause de son moyen de locomotion, il en gagne avec une autre trouvaille : la possession spirituelle de Zelda. Ainsi, on note dans chacun des softs une espèce de sanctuaire dans lequel il faudra revenir entre chaque donjon, histoire de débloquer l’accès au suivant. Dans Phantom Hourglass, ce Hub Central met en place un système de chrono et un sablier à recharger sous peine de retour à l’entrée. Clairement stressant, d’autant que les étages sont longs, nombreux, et parfois vraiment diaboliques. On vous l’avoue, on retourne le plus généralement dans ce sanctuaire avec des pieds de plomb. Par contre, il en va tout autrement dans Spirit Tracks, bien mieux pensé à ce niveau. Pas de chrono ici, mais des Chevaliers démoniaques qu’il vous sera possible de posséder grâce à l’esprit de Zelda. Vous allez donc pouvoir diriger votre Link de façon classique, mais aussi votre binôme en armure en traçant son chemin sur l’écran tactile. Il pourra vous protéger de jets de flamme, attaquer de redoutables ennemis et même marcher dans la lave, vous portant sur son bouclier. Un allié de taille pour un gameplay qui vous demandera de la réflexion. On aime !

Elle en avait dans le ventre, la petite DS !

Techniquement, Spirit Tracks est plus abouti que son aîné

Techniquement, les deux titres exploitaient au mieux le moteur 3D de la DS

Techniquement, il est clair que jouer à Phantom Hourglass ou Spirit Tracks actuellement pourrait vous piquer les yeux, les softs ayant entre 6 et 8 ans d’âge. Pour l’époque, ils trituraient quand même pas mal les entrailles de la DS, pourtant. Heureusement, la console virtuelle de la Wii U permet un lissage qui passe plutôt bien à l’écran. On vous conseille néanmoins de jouer entièrement sur le Gamepad, émulant les deux écrans sans soucis, pour ne pas avoir une énorme image pixellisée face à vous sur votre télé LCD. Les jeux nous offrent, quoiqu’ils arrivent, des environnements totalement en 3D, avec une réalisation plus jolie et des textures plus fines pour Spirit Tracks, tout comme une mise en scène plus travaillée. L’animation ne souffre pas de ralentissements, et le design artistique est vraiment très respectueux de la « patte » Wind Waker. Bref, du bon boulot au regard des performances de la console qui les faisait tourner à l’époque, même si on aurait souhaité un petit remaster autre qu’un simple filtre graphique qui a bien du mal à masquer le poids des âges.

L'ambiance de Spirit Tracks est bien plus sombre et malsaine que Phantom Hourglass

L’ambiance de Spirit Tracks est bien plus sombre et malsaine que Phantom Hourglass

Niveau bande-son, on a une nette préférence pour Spirit Tracks, bien plus imaginatif dans ses mélodies. On passe ainsi allègrement de compositions country-folk pour les balades en train, à des musiques bien plus sombres et malsaines lors des cinématiques n’hésitant pas à mettre en scène une Zelda un peu paranoïaque et hystérique, ou un Kimado aussi diabolique que possible. A l’inverse, les airs de Phantom Hourglass sont par trop bucoliques et gentillets pour réellement nous marquer. De plus, les boucles musicales sont bien plus longues dans les aventures sur rail de Link, ce qui évite la monotonie ressentie lors de ses parcours maritimes.

Du bon ou de l’excellent Zelda ?

Soyons honnêtes, Phantom Hourglass et Spirit Tracks ne sont pas des épisodes cultes de la saga, c’est un fait. Leur jouabilité souffre de quelques imperfections liées au « tout tactile » pour l’un ou à l’utilisation abusive du micro pour l’autre (saleté de flûte de Pan !), les environnements de jeu sont moins vastes que dans leur modèle sur Gamecube et la construction de leurs niveaux est soit trop facile, soit carrément rébarbative comme le sanctuaire obligatoire de Phantom Hourglass, sans doute l’un des pires niveaux jamais créé pour un Zelda… et vous allez devoir y revenir plusieurs fois ! Néanmoins, les deux softs proposent de passer d’agréables moments pour qui a apprécié le design cartoon de Wind Waker, le tout au travers de deux aventures plutôt originales (Link conducteur de train, il fallait y penser) qui offrent une continuité scénaristique trop rare dans la saga. Deux « bons petits » Zelda proposé à des prix intéressants (9,99€ chacun, avec une réduction pour l’achat combiné), parfait pour attendre l’opus Wii U attendu courant 2016 !

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 14/20

A l’époque, ces deux Zelda impressionnaient par leurs performances graphiques sur Nintendo DS, une console pas vraiment habituée à la 3D et qui parvenait pourtant à retranscrire avec brio le design cartoon de l’épisode Wii. Aujourd’hui, le constat est un peu plus amer et bien que la magie opère toujours, on aurait aimé autre chose qu’un filtre graphique atténuant quelque peu le contour des personnages. Heureusement, l’animation est fluide et on note même quelques environnements vraiment jolis dans le second opus. Une recommandation cependant : jouez-y intégralement sur l’écran du gamepad, transposer le jeu sur une télé LCD ne lui rendant pas vraiment honneur au vu de sa résolution.

Gameplay/Scénario: 14,5/20

Oser le tout tactile était un pari sacrément risqué, mais Nintendo s’en est sorti haut la main. Alors certes, l’utilisation des objets n’est pas toujours évidente, surtout lorsqu’il faut en changer en cours de combat ou utiliser le micro capricieux de la console pour les activer, mais on apprécie au final l’effort de Big N pour rendre ses deux jeux les plus accessibles possibles. Par contre, certains choix de gameplay sont assez incompréhensibles, comme ce sanctuaire central chronométré dans Phantom Hourglass ou cette extrême linéarité des rails ferroviaires de Spirit Tracks. Niveau scénario, la quête maritime de Link est plus gentillette et prévisible, contrairement à l’histoire de Spirit Tracks qui offre quelques moments plutôt sombres bienvenus (voir Zelda devenir hystérique, c’est assez sympathique).

Bande-Son: 15/20

Si la bande-son de Phantom Hourglass est directement calquée, avec moins de génie et une plus grande répétitivité néanmoins, sur celle de The Wind Waker, celle de Spirit Tracks vaut le détour. Episode plus décomplexé (on n’est pas dans Majora’s Mask non plus, clairement le plus alambiqué de la saga), le petit dernier mixe allègrement country, musiques folkloriques nipponnes au koto et airs diablement sombres pour un résultat plus qu’agréable à l’écoute. Niveaux bruitages, la banque sonore est la même que pour leur illustre aîné sur Gamecube. Rien de neuf, mais du bon donc.

Durée de vie: 16/20

Pris séparément, chaque jeu vous offre une petite quinzaine d’heures de dépaysement, ce qui s’avère forcément moins longs que leurs homologues sur console de salon. Néanmoins, vu le prix à 9,99€ chacun (réduction en achat combiné) et leur continuité scénaristique, on ne saurait que trop vous conseiller de faire comme nous : acquérir les deux softs pour un rapport prix/durée de vie très avantageux.

Note Globale N-Gamz.com: 14,5/20

Le poids des âges frappe forcément un peu durement Phantom Hourglass et Spirit Tracks, sortis respectivement en 2007 et 2009 sur une console pas vraiment taillée pour la 3D. Néanmoins, pour peu que vous y jouiez uniquement sur l’écran du gamepad et avec le filtre activé, le résultat s’avère correct et la magie opère toujours. Après, il faut se faire au choix du gameplay « tout tactile » plutôt bien pensé mais engendrant parfois quelques frustrations, et à l’utilisation du micro certes originale, mais pas vraiment adaptée à la manette de la Wii U. Si vous y parvenez, alors vous vivrez deux aventures très atypiques dans l’univers de Zelda, pour un prix raisonnable, et via un design artistique clairement enchanteur si vous avez apprécié Wind Waker.



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!