Review

Deux ans après un premier opus qui avait créé la surprise chez les amoureux de l’infiltration, Styx nous revient, toujours aussi vert et belliqueux que jamais, dans Shards of Darkness! Comme toujours, l’ombre et le silence seront vos meilleurs alliés pour éviter de vous faire attraper par le C.A.R.N.A.G.E., ce corps de l’armée spécialisé dans l’élimination des Gobelins, et réussir à vous sortir de l’énorme conspiration dans laquelle vous vous êtes encore fourré ! De quoi rendre cette suite intéressante ou, au contraire, totalement dispensable ? Venez le découvrir dans notre test !

Fanta-Styx! Une suite!

« Styx est de retour, et il est encore plus intenable! »

Cyanide studios, studio indépendant français qui s’est notamment fait connaître pour Pro Cycling Manager, Blood Bowl et l’excellent mais pourtant mésestimé par les gamers « Of Orcs and Men », a décidé de jouer à fond la carte de l’infiltration avec Shards of Darkness, la suite de son très bon Styx : Master of Shadows, que nous avions particulièrement apprécié ici au sein de la rédac.

Ce nouvel opus vous replace dans la peau de Styx, un gobelin doué de parole et accro à l’ambre, qui est bien décidé à détrousser au maximum toutes les races « supérieures » telles que les Nains, les Elfes et les Humains au travers de missions qui mettront ses compétences de voleur et sa discrétion à rude épreuve. Bien entendu, notre héros a le chic pour se mettre dans des situations invraisemblables, et ce qui devait n’être qu’un simple larcin de routine pour le compte d’une mystérieuse commanditaire va vite se transformer en énorme complot tandis que vous aurez toutes les forces du Royaume aux fesses !

Un gobelin dans la nuit

« L’Ombre (et l’Ambre) sera votre meilleure alliée »

Que vous soyez en ville, en plein cœur d’imprenables forteresses ou encore au beau milieu du ciel dans un frêle aéronef, vous devrez toujours progresser sans faire de bruit, en restant caché dans l’ombre dans ce jeu à la troisième personne. Fourbe gobelin de son état, Styx n’hésite pas à assassiner silencieusement ses ennemis en usant de tous les subterfuges possibles comme des fléchettes empoisonnées, des fioles d’invisibilité, des dagues mortelles, des outils de crochetage, du sable pour éteindre les torches à distance ou encore l’une des grosses nouveautés de cet opus : la création d’un double de vous-même à partir d’ambre !

Assurément fun à réaliser, vous pourrez même prendre le contrôle de votre clone pour le faire exploser en un épais brouillard ou encore tenter des actions sans prendre de risque avec votre vrai corps voire même, vous téléporter in-extremis dans votre doublure pour fuir l’ennemi. Un petit côté Dishonored ? Clairement, même si la comparaison ne tourne pas forcément à l’avantage du titre de Cyanide

Au cours de vos missions, vous gagnerez des points de compétences qui vous permettront d’apprendre de nouvelles techniques, comme l’assassinat aérien, une parade plus efficace ou encore la faculté de pouvoir créer des fioles d’acide, le crafting prenant une place importante dans le gameplay de ce Styx, poussant à explorer un peu plus avant les niveaux.

Le combat ? Pas pour moi…

« Stealth Kill et dissimulation de corps au programme, seul ou en duo »

N’escomptez pas vous battre. Styx n’est pas assez puissant pour ça. Une simple parade au bon moment vous permettra d’assassiner votre cible en un coup, mais encore faut-il savoir la placer quand vous avez trois ennemis qui vous entourent ! Une fois un garde occis, ne laissez pas le corps à la vue de tous, il pourrait très bien être repéré, ce qui rendrait vos opposants plus méfiants dans les environs. Utilisez donc des coffres et des armoires pour masquer vos méfaits, à moins que vous ne préfériez dissoudre la pauvre carcasse avec de l’acide… propre et efficace ! Le must de l’assassinat ? Empoisonner discrètement la nourriture ou l’eau pour vous débarrasser de plusieurs soldats sans éveiller le moindre soupçon.

A noter que, comme dans le premier volet, le titre offre une jolie liberté d’action et plusieurs chemins pour arriver à vos fins malgré des bugs de caméra parfois handicapants qui vous feront de temps à autre mourir pour un rien. Les niveaux se veulent ainsi plutôt ouverts et très en verticalité, ce qui propose une sympathique Replay Value… mais encore une fois, la comparaison avec le tout récemment sorti Dishonored 2 risque de vous montrer rapidement les limites du jeu de Cyanide. Décidément, la concurrence est rude chez les frenchies (rappelons que Dishonored est développé par un autre studio talentueux de l’Hexagone : Arkane).

Drôle comme un.. gobelin ?

« Styx déborde d’humour et de répliques cultes du monde geek »

Mais là où Styx marque des points, c’est sans conteste dans son caractère et l’humour qu’il distille par de savoureuses républiques tout au long du soft et jusque dans les écrans de Game Over. De nombreux clins d’œil à la culture geek seront ainsi de la partie, comme le fameux « It’s a trap ! » de l’amiral Ackbar dans Star Wars ou encofre le « I’ll be back » de Schwarzie dans Terminator 2. Bref, il ne manque pas d’humour notre gobelin.

Autre grosse nouveauté, la présence d’un mode coopératif online plutôt bien pensé devrait augmenter sensiblement la durée de vie si vous jouez avec un pote, tandis qu’à la fin de chaque stage, vous serez noté sur base de différents sous-objectifs comme ne pas être détecté, finir le niveau rapidement, ne tuer personne ou encore trouver tous les jetons disséminés dans le décor, de quoi assurer une bonne rejouabilité si vous désirez récupérer le fameux trophée platine du jeu.

Une technique correcte mais…

« Visuellement, le titre en impose plus que son aîné mais reste très loin des ténors du genre sur PS4 »

Si Styx a troqué son ancien moteur de jeu pour se parer du surpuissant Unreal Engine 4, force est de constater que le titre est loin des ténors du genre sur PlayStation 4 : Horizon Zero Dawn et Uncharted en tête. Ainsi, on notera fréquemment des bugs graphiques, quelques chutes de framerate et deux-trois effets qui font tâche, mais au final l’immersion visuelle est au rendez-vous, notamment grâce à une direction artistique dark fantasy plutôt unique et malgré des NPC vraiment loin d’être inoubliables dans leur modélisation.

La partie sonore, quant à elle, se compose d’une musique d’ambiance plutôt passe-partout qui change de tonalité pour devenir plus anxiogène une fois que vous êtes détecté, tandis que les bruitages font correctement leur boulot, et plus encore en termes de position dans l’espace afin que vous puissiez anticiper les mouvements des gardes sans même les voir. Par contre, énorme coup de gueule contre les voix qui restent inlassablement en anglais alors que l’on avait adoré le doublage FR de Of Orcs and Men, dans lequel Styx était également le héros. Pour un studio français, ça la fout mal et c’est particulièrement incompréhensible. On vous rassure, les sous-titres sont quand même dans la langue de Molière, mais c’est quand même frustrant…

Mieux que le premier, mais pas assez pour être marquant

« Styx souffre de la sortie d’un certain… Dishonored 2! »

Si Styx : Master of Shadows nous avait séduit grâce à son personnage atypique, ses mécaniques de gameplay et la faible concurrence sur le créneau de l’infiltration pure à l’époque de son lancement, sa suite agrémente la recette originale de sympathiques, quoique légers, ajouts de gameplay, mais souffre hélas terriblement de la sortie d’un certain… Dishonored 2 qui le supplante en tous points, et pas qu’un peu ! Du coup, l’effet de surprise du premier volet ne joue plus ici, et on se surprend à parfois pester contre les défauts de ce Shards of Darkness comme sa caméra pas toujours au point, sa liberté d’action moins grande que le titre d’Arkane Studios, son doublage Full English Only et ses bugs graphiques dérangeants. Il n’empêche, les fans devraient y trouver leur compte, mais ceux qui n’ont pas accroché au premier épisode n’auront absolument pas le cœur à tenter cette nouvelle aventure de Styx, le gobelin le plus badass de la planète vidéoludique.

La Bande-Annonce

Réalisation: 14,5/20

Même pour du Unreal Engine 4, Styx n’impressionne pas plus que ça par rapport aux moteurs maison des grosses productions PS4 comme Uncharted ou plus récemment Horizon Zero Dawn. De plus, des bugs graphiques et une caméra pas toujours au point nuisent parfois sensiblement à l’expérience de jeu. Par contre, la gestion des effets de lumière, une nécessité dans les jeux d’infiltration, force le respect, tout comme la réelle variété visuelle des environnements traversés.

Gameplay/Scénario: 15/20

Le scénario est vraiment sympathique à suivre et nous donne l’occasion d’admirer le caractère totalement déjanté et extrêmement drôle de Styx. Niveau gameplay, le titre reprend les mécaniques du premier en y ajoutant l’usage d’un clone, le crafting ainsi qu’un mode multi. Très sympa, mais pas révolutionnaire quand on a vu tout ce qu’offrait Dishonored 2 à côté.

Bande-Son: 12/20

La musique reste discrète mais parvient à se faire anxiogène en cas de repérage pour bien faire monter le stress tandis que les bruits environnementaux se montrent travaillés. Par contre, gros coup de gueule contre l’absence de doublage français, surtout quand on sait d’où vient le studio !

Durée de vie: 15/20

Comptez entre dix et quinze heures pour voir le bout de l’aventure une première fois. A cela vous pourrez rajouter les mini-objectifs des niveaux, le mode coopératif online et les nombreux chemins de traverse histoire de booster votre replay value.

Note Globale N-Gamz.com: 14,5/20

Styx : Shards of Darkness fait mieux que son prédécesseur en apportant quelques ajouts de gameplay bien pensés à une recette qui avait su nous séduire il y a deux ans. Le souci, c’est qu’entre temps Dishonored 2 est sorti et a redéfini le genre de l’infiltration d’une façon incroyable, faisant de ce nouveau Styx un soft moins inoubliable qu’escompté… Il n’empêche: les fans devraient y trouver leur compte, et ce n’est déjà pas si mal.



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Arkamis
Arkamis
J'ai appris à connaître les jeux vidéo très tôt, grâce a mes frères, avec la NES, la Master System, et j'en passe. J'y ai découvert un univers de rêve qui, 15 ans plus tard, me réserve toujours autant de surprises et de plaisir, que ce soit rétro ou current gen