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Au mois de janvier 2012, Capcom sortait sur Nintendo 3DS un nouvel opus de sa saga phare, Resident Evil, sobrement appelé « Revelations ». Déjà bien accueilli par les fans et les critiques à cette époque pour de nombreuses raisons, les développeurs de Capcom décident en 2013 de lui donner un second souffle en portant le jeu sur PC, PS3, Wii U et Xbox 360, tout comme d’autres épisodes de la série ; enfin, en août 2017, Resident Evil : Revelations a droit à un nouveau lifting en étant édité sur PS4 et Xbox One. Le renouveau lui a-t-il été bénéfique ?

« Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance. » – Dante Alighieri

« Une refonte graphique qui fait plaisir à la rétine. »

Chronologiquement placé entre les épisodes 4 et 5 de la saga, Resident Evil : Revelations vous envoie en mission en binômes dans la peau de plusieurs agents du B.S.A.A. (ndlr. Bioterrorism Security Assessment Alliance), dont Jill Valentine, Chris Redfield et leurs partenaires respectifs. Replaçons-nous un peu dans le contexte.

Les faits se déroulent en 2005, après la terrible Panique de Terragrigia, l’événement dévastateur qui mit fin à cette ville totalement écologique et insouciante. Perpétrée par le groupe bioterroriste Veltro, l’attaque à l’arme biochimique transforma la quasi-totalité des habitants en monstres. Rasée et en ruines, Terragrigia semble toujours recracher quelques créatures étranges au large des côtes européennes. Le B.S.A.A. envoie donc Chris Redfield et sa partenaire Jessica Sherawat sur le front. L’organisation perd cependant contact avec ses agents, dont le dernier signal se trouvait en pleine mer, sur un paquebot appelé le Queen Zenobia. C’est à Jill et Parker d’aller les chercher, bravant les ténèbres et la désolation des lieux. Mais peut-on parler de solitude lorsque, à peine les portes du bateau franchies, des bruits étranges et des silhouettes difformes apparaissent devant notre duo ?

De 2012 à 2017 : quoi de neuf dans les ténèbres ?

« Des outfits loufoques et un Sailor Chris. What else ? »

Resident Evil : Revelations avait créé la surprise en revenant à ses premiers atouts : la survie, la débrouille, et une tension constante maintenue grâce à des effets visuels et mécaniques du jeu. On y retrouve d’ailleurs de très bons rappels du premier opus, tels que les clefs à symboles pour ouvrir des portes définies, des puzzles à résoudre, des portes qui prennent leur temps pour s’ouvrir, …

Les sorties sur consoles de salon et PC de 2013 lui ont permis de se refaire une beauté graphique, et celles de 2017 lui donnent à nouveau un coup de bistouri. Affichés en Full HD 1080p, on savoure davantage les cinématiques et décors dans lesquels nos agents du B.S.A.A. évoluent, et l’on tremble peut-être même un peu plus (bien que je regrette les regards plus ou moins inexpressifs hors cinématiques, à certains moments où l’émotion est à son comble).

Comme pour sa première version sur Nintendo 3DS, le jeu nous offre toujours le mode CAMPAGNE ainsi que le mode COMMANDO qui nous permet de jouer en coopération en réseau. Tous les DLC sont compris dans cette version 2017 et deviennent accessibles après un certain nombre de chapitres bouclés pendant l’aventure solo. Enfin, quelques armes et surtout des outfits un peu loufoques sont débloqués au premier lancement. Qui n’a jamais rêvé de jouer un Chris Redfield badass en marinière ?

Côté gameplay…

« Les armes, le corps à corps ou l’esquive seront vos seuls atouts contre vos ennemis. »

Nous pouvons parler ici d’un retour aux sources. Pour la redite, les suiveurs assidus de la série Resident Evil seront ravis de retrouver les mécaniques des premiers opus qui sont – avec les ennemis – les premiers créateurs de la tension qui englobe le gameplay.

Comptant douze chapitres divisés en deux ou trois épisodes, le jeu se joue essentiellement avec un PNJ qui sera votre binôme. Certes, celui-ci est parfois plus encombrant voire inutile dans les instants critiques, mais il connaît son avantage lorsque vous vous aventurez dans la mauvaise direction : « Hé Jill, c’est pas par là qu’on doit aller ! » Compte tenu de l’ampleur et du côté labyrinthique du Queen Zenobia, cette fonction G.P.S. ravira les joueurs qui auront une fâcheuse tendance à se perdre.

Niveau map, il est possible de trouver des plans d’ensemble des lieux clés et vous serez toujours accompagné d’une petite carte dans le coin supérieur droit de l’écran. Celle-ci prouve toute son utilité en affichant avec précision les pièces visitées, verrouillées ou encore inexplorées pour ceux qui souhaiteraient découvrir les lieux à 100%.

« Un vrai retour aux sources pour la saga »

Pour les habitués de la fuite face aux ennemis, sachez qu’aucune option de  « sprint de survie » ne vous est offerte. Lors des combats, vos seuls recours seront vos armes à feu, des grenades de tous types, des coups au corps à corps ou l’esquive. Comme d’habitude, il vous est recommandé d’économiser au mieux vos munitions, mais celles-ci vous sont presque offertes sur un plateau d’argent en fouillant les conteneurs et même en scannant les décors avec votre Genesis (une machine pratique qui « voit au-delà des limites de la vision humaine »).

Rentable ou pas rentable ?

Avec une durée de vie oscillant entre 5 et 10 heures selon votre mode de jeu, tout porte à croire que l’investissement serait malvenu. Mais il est surtout question de redécouverte d’un épisode dont la volonté était de revenir à ce qui a porté Resident Evil au rang de « classic » dans le monde du jeu vidéo. Qui plus est, on peut se procurer le soft au prix modeste de 19€99 sur le Playstation Store ; il s’agit plutôt là d’une petite opportunité à saisir, quand on sait qu’il contient tous les DLC. Et puis, c’est si bon de se faire peur !

La bande-annonce

Réalisation: 17/20

Avec des graphismes Full HD 1080p, on en prend plein les mirettes dans ces décors à la fois magnifiques et perturbants. La qualité des scènes cinématiques est à couper le souffle, cela dit, certaines animations in game comme les expressions faciales seraient à revoir.

Gameplay/Scénario: 17/20

Que dire sur un scénario qui n’a pas bougé d’un pouce depuis 5 ans maintenant, mais sur un gameplay qui revient aux premiers atouts de la série ? Que ce soit en 2012 ou 2017, ces histoires croisées autour d’un seul et même ennemi ont ravi et raviront toujours les fans rassemblés autour de la série.

Bande-Son: 18/20

Le seul tort que je donnerai à cette bande-son, c’est qu’elle intervient parfois à des moments où elle n’est pas nécessaire, voire trop stressante pour la situation. Mais pour le plaisir des oreilles et le talent des compositeurs ayant participé au projet, on oublie vite ce léger ressenti. A noter que le jeu est intégralement doublé en français.

Durée de vie: 15/20

Entre 5 et 10 heures selon le style du joueur, ce qui, pour un jeu où les backtracking et autres possibilités d’exploration sont légion, est assez court. L’histoire est cependant, sur ce laps de temps, parfaitement ficelée et encadrée.

Note Globale N-Gamz.com: 16,5/20

Capcom réussit son pari du portage sur les consoles actuelles en se contentant pourtant de ramener, tel un copie/collé, un jeu « vieux » de cinq ans. Les grandes qualités que nous lui donneront sont le renouveau graphique de 2017 et la nostalgie qu’il procure, déjà présente depuis sa sortie originale en 2012. Mais si vous vous attendiez à des nouveautés autres que la présence du contenu téléchargeable (considérant le fait que vous n’en aviez pas fait l’acquisition), il faudra vous contenter de cet aspect redécouverte uniquement.



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Ixion
Ixion

Fan de RPG et de Survival Horror, je suis gameuse depuis l’enfance, adoratrice de la culture geek et véritable touche à tout!