Review

Le dernier né du studio RPG Factory vient de débarquer, nous plongeant dans la peau des gardiens du voile sacré qui divise le monde des vivants du monde des morts! Après les sympathiques I am Setsuna et Lost Sphear, ce studio appartenant à Square Enix nous revient donc pour nous offrir un RPG orienté action dans un univers esthétique plein de douceurs. Prometteur non ? Mais qu’en est-il dans les faits ? Nous avons pris notre rôle de Gardien très à cœur afin de vous proposer THE test sur PlayStation 4 !

La mort vous va si bien

« Un voyage entre le monde des vivants et celui des morts pour apaiser les âmes en peine »

Au tout début d’Oninaki, une rapide introduction nous montre que l’on va prendre les commandes de Kagachi, qui nous est présenté tout jeune garçon lors de la cérémonie funéraire de ses parents. Autant dire que l’ambiance est pesante tandis qu’on demande à notre héros de ne pas pleurer afin de laisser les défunts passer de l’autre côté pour pouvoir se réincarner. En effet, le monde dans lequel on va évoluer pendant facilement une trentaine d’heures gravite autour de la réincarnation de l’âme et ce pilier va être le cœur de notre scénario. Passée l’intro, on retrouve un Kagachi vieilli, désormais gardien, qui voue sa vie à aider les esprits coincés dans le royaume des morts. Ces derniers ont généralement laissé quelque chose en suspens, ou ont parfois envie de revoir un visage ou un lieu avant de se laisser partir. Il va donc falloir se retrousser les manches pour mener à bien votre job !

Mais dans ce monde, certains esprits ont tellement erré qu’ils en ont perdu la mémoire et sont devenus des démons. Rassurze-vous, contrairement à la pensée commune qui en ferait des gros bad guys, ici ils deviennent les alliés des gardiens, leur bras armé en quelque sorte. Pivots du gameplay, nous reviendrons sur ces derniers un peu plus loin dans ce test. Notre Kagachi va donc filer de demandes en demandes avant de se heurter à une étrange secte qui va le mener au Démon de la Nuit, sinistre assassin à l’âme plus sombre qu’un triple expresso. Nous ne pouvons en dire plus afin de ne pas dévoiler les divers rebondissements scénaristiques qui attendent les joueurs se lançant dans Oninaki, mais sachez que le récit se veut plutôt poignant.

Les démons de minuit ! 

Afin de tataner les divers monstres qui peuplent le petit monde dans lequel on évolue, il va falloir jongler entre nos démons. Malgré qu’ils soient nombreux, on ne peut s’en équiper que de quatre. Chacun possède son arme, ses compétences et bien entendu son propre arbre de progression. On pourra ainsi switcher entre (par exemple) Aisha  redoutable à l’épée, Treize et ses chaines, Zephyr qui en plus de nous servir de monture possède des crocs acérés ou encore Lucika qui maîtrise les arts martiaux. Autant dire qu’il y a du choix et que tous les joueurs trouveront leur bonheur ! Seul bémol à déclarer, nous n’obtenons pas nos démons au même moment de notre avancée (et heureusement) mais l’écart de niveaux présent entre notre dream team et les petits nouveaux peut parfois nous obliger à aller grinder sur des maps déjà parcourues afin de pouvoir les mettre au diapason de notre groupe actuel.

« De puissants démons formeront votre bras armé »

En effet, chaque démon possède un arbre de compétences qui rappelle les sphériers de FF et il faudra des pièces typique de l’arme du démon pour upgrader les skills et autres buffs. Ces pièces s’obtiennent bien entendu en utilisant ledit démon, ce qui fait que l’on a tendance à conserver les mêmes en délaissant les petits nouveaux afin de s’éviter de trop grosses cessions de farm. Ce léger défaut trouve tout de même compensation par le biais de l’upgrade des armes que l’on peut faire chez l’alchimiste de la ville. Il suffira en effet de sacrifier les armes dont on ne se sert pas pour augmenter les dégâts de celles équipées, nous permettant de pouvoir pallier au manque de niveaux des démons fraîchement découverts. Le gameplay se veut facile à prendre en main mais il va falloir parfois s’accrocher face à certains ennemis, le soft flirtant avec les difficultés en combat. Mais la fluidité et le dynamisme qui s’en dégagent rendent l’expérience des plus agréables.

La beauté d’un cycle…

Outre la poésie qui se dégage de la scénarisation de notre aventure marchant sur le fil de la vie et de la mort, on retrouve cet aspect dans la réalisation du soft. Entre palettes de couleurs toujours bien choisies offrant des décors divers mais toujours charmants, l’ambiance se pose toujours rapidement : douces prairies, sous-sols angoissants, jardins zen à la beauté onirique ou encore désert aux tons chauds, tout est présent pour un ravissement visuel. Le passage d’un monde à l’autre change l’ambiance, flirte avec des tons fluos et propose parfois des chemins inaccessibles autrement. Il n’empêche qu’il est dommage que cette transition et ces deux mondes ne soient pas plus exploités. Shadows : Awakening est un très bon exemple de ce genre d’avancées sur plusieurs plans dimensionnels. Un léger bémol qui n’entache en rien le plaisir que procure Oninaki heureusement.

« Des combats dynamiques et des graphismes convaincants »

La bande-son du soft, de son côté, est ce qui se fait de plus frustrant ! Comprendre par là que les musiques sont réellement excellentes, pleines de dynamisme, jouant avec des airs un chouïa médiévaux mais elles sont rares et ont tendance à mettre du temps avant de se lancer. On aimerait qu’elles soient bien plus présentes, bien plus marquées afin d’en profiter réellement. Les bruitages, quant à eux, sont toujours de très jolis tons, bien calés et participent à l’immersion ingame. Les doublages ne sont, par contre, disponibles qu’en japonais mais le soft est intégralement sous-titré en français. Le voice acting tombe du coup parfois dans le cliché total du genre, mais cela colle avec le chara-design des personnages.

Faire tomber le voile…

Oninaki est une charmante surprise. Il dépasse les codes du genre en proposant de l’action orienté hack’n’slash avec des mécaniques de progression type RPG, le tout associé à un scénario fort et touchant. Un combo qui fonctionne du tonnerre et qui rend le résultat addictif et chronophage à souhait ! RPG Factory avait su nous séduire grâce à ses softs précédents, et nous pouvons affirmer que l’adage « jamais deux sans trois » fonctionne pour le studio japonais. Reste à voir ce que la compagnie nous proposera ensuite, mais si la qualité est toujours aussi présente, autant dire que la route devrait être pavée de succès.

La bande-annonce

Réalisation: 17/20

Maps aux environnements divers et variés mais toujours charmants, chara design reprenant des codes classiques mais efficaces tout en garant une identité propre, autant dire que l’on apprécie la ballade visuelle. On regrette cependant que le level design n’ait pas été pensé pour exploiter plus le système de monde des vivants vs monde des esprits.

Gameplay/Scénario: 17/20

Si vous êtes un poil sensible, préparez les Kleenex ! En effet, le scénario touche parfois la corde sensible. Tous les embranchements sont également très logiques, avant un renversement de situation génialement pensé. Une réelle maîtrise dans l’écriture se ressent, pour un plaisir garanti. Le gameplay est bien pensé, fort dans ses mécaniques tout en étant facile à prendre en main. Les démons proposent des compétences différentes qui raviront tous les profils de joueurs. Dommage qu’il y ait un gouffre entre ceux possédés et ceux que l’on découvre plus tard dans notre progression, obligeant à un grind intense.

Bande-Son: 14/20

La frustration avec Oninaki est énorme ! On se laisse séduire par ses morceaux musicaux de très bonne qualité, aux sonorités toujours justes, mais elles mettent trop de temps à nous parvenir avant de s’arrêter brutalement (je pense au thème que l’on peut entendre en ville par exemple). Reste que les bruitages sont très bons et que la voxo japonaise ravira les fanas du genre bien qu’elle tombe parfois un peu trop dans le cliché. On appréciera, de plus, la traduction totale en français et les sous-titres hyper lisibles.

Durée de vie: 17/20

Il faudra compter une trentaine d’heures pour parcourir le soft dans ses grandes lignes, et bien plus si vous désirez collectionner les trophées.

Note Globale N-Gamz.com: 17/20

Oninaki est une aventure ô combien émouvante et attachante, offrant un design tout doux totalement dans l’esprit visuel de RPG Factory. On ressent le souci du détail dans chaque aspects du soft  : qualité rédactionnelle, environnement visuel, mécaniques de gameplay ainsi que dans l’univers sonore. C’est donc un titre qui procure un vrai plaisir à parcourir en long, en large et en travers, sans jamais lasser, mais certains petits aspects auraient pu être peaufinés afin de livrer, par exemple, plus d’interactions entre les deux mondes, ou encore une révision à la baisse du côté grind imposé par nos démons tous neufs mais un poil trop fragiles. Une charmante découverte donc, que l’on ne peut que recommander aux amateurs du genre. 



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LadyDisturbed
Jeune sœur de bataille, dévoreuse de romans à la vitesse de la lumière et fanatique de jeux vidéos depuis la plus tendre enfance... voilà ce qui pourrait résumer de façon rapide votre petite rédactrice. Les mangas ne me font pas peur, la couture et le cosplay sont mon lot quotidien, l'écriture de fan fiction m'occupe et je rêve et vis dans un monde fait de fantasy et science fiction où les princesses Disney ont leur place. Éclectique, je suis ouverte à tous types de jeux, allant du RPG au FPS en passant par le Visual Novel, les MMO ou encore les jeux de stratégie et voguant dans les eaux troubles des jeux indépendants que je me plais à vous faire découvrir. Je ferais tout ce qui est possible pour être juste dans mes jugements, et puisse le sort vous être favorable !