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Depuis l’ère PlayStation 3, les adaptations vidéoludiques de One Piece ont toujours lorgné du côté du Musou pure souche (à de rares exceptions près) pour plus ou moins de succès. Cependant, vu le propos du manga bourré d’affrontements dantesques, les fans réclamaient depuis des lustres un vrai jeu de combat en duel… et il semble que Bandai Namco les ait enfin entendus. Voici donc One Piece: Burning Blood, un pur jeu de baston Next-Gen qui devrait se montrer à la hauteur de nos attentes… Quoique…

Un seul arc, mais pas des moindres !

Luffy part sauver son frère dans ce nouveau One Piece!

Luffy part sauver son frère dans ce nouveau One Piece!

One Piece : Burning Blood pose son scénario en reprenant l’arc narratif de Marineford, l’un des plus emblématiques de ce manga imaginé par Eiichiro Oda. Dans celui-ci, Portgas D. Ace est livré à la Marine par Barbe Noire pour se faire exécuter. Son frère Luffy, accompagné des pirates qu’il a rencontrés à Impel Down ainsi que de l’équipage de Barbe Blanche, va carrément déclarer la guerre à la Marine pour sauver son frangin. Vous imaginez déjà les combats cultes qui vont s’engager !

De fait, si on aurait pu croire qu’un seul arc scénaristique serait trop court à caler dans un mode story, Bandai Namco a trouvé l’astuce puisqu’il l’a divisé en quatre chapitres vous faisant incarner à tour de rôle Luffy, Barbe Blanche, Akainu et Ace. Si pour les trois premiers segments, nous verrons nos assaillants durant leur divers affrontements pour atteindre Ace, l’ultime volet vous mettra dans la peau du prisonnier, avant sa capture. Vous voilà donc sur l’île de Banaro, à la recherche de Barbe Noire après pour le meurtre qu’il a commis sur l’un des membres d’équipage de Barbe Blanche. Bien entendu, un énorme duel va opposer nos deux protagonistes !

Des modes variés, certes, mais trop classiques

Un mode story trop court et un combat libre très classique

Un mode story trop court et un combat libre très classique

En plus du mode histoire, on retrouve diverses épreuves histoire de varier les plaisirs. Tout d’abord la liste de primes, divisée en plusieurs chapitres dans lesquels il faudra affronter des combattants avec une difficulté croissante et suivant divers « avis » de recherche allant du classique au temporaire (plus durs) en passant par le spécial, ce dernier étant clairement ardu puisque vous devrez vaincre deux à trois adversaires avec un personnage imposé. Heureusement que l’entraînement de Rayleigh est là pour vous apprendre les bases du gameplay, sur lequel nous reviendrons juste en dessous.

Tant que nous y sommes à faire le tour d’horizon des modes, on citera le « Combat Libre » qui permet de jouer à un ou deux joueurs, voire même de s’entraîner avec l’I.A. en lui donnant divers ordres et atouts ou handicaps. Idéal pour créer de nouveaux combos. Le mode online, quant à lui, offre des parties classées ou une option « ami » pour chercher un joueur précis. Enfin, niveau multi, on signalera également le mode « Capture de drapeaux » qui vous fera rejoindre une alliance (Chapeau de Paille, Shanks, … ) pour partir combattre à foison histoire de capturer des bases ou tout simplement mettre au point un raid contre une I.A. extrêmement puissante capable de vous mettre K.O. en un seul combo. Si votre équipe la bat, vous remportez illico la partie sur les autres formations. Au bout de ces captures de drapeaux/bases, on fait le total des points et la team qui en a le plus est déclarée vainqueur.

Malheureusement, malgré tous ces modes, la durée de vie de One Piece en solo s’avère plutôt famélique avec un scénario principal qui se boucle en 4 heures montre en main, et des défis loin d’être palpitants, sans parler de la Capture de Drapeau qui traîne les pieds, vous obligeant, pour vous rendre vers de nouveaux affrontements, à dépenser des Berrys (on vous explique comment en récupérer plus bas) ou à poireauter le temps qu’une jauge se remplisse à nouveau…

De la baston simple d’accès

Un gameplay simple d'accès mais très fun

Un gameplay simple d’accès, fun…. mais pas assez profond

One Piece : Burning Blood se présente donc comme un jeu de combat en 3 Vs 3 à la façon d’un King of Fighters en 3D, les personnages ne prenant pas part à l’affrontement regagnant lentement leur énergie, avec un switch possible entre vos guerriers à tout moment. Le titre propose un saut, une touche pour l’attaque normale facile à enchaîner, une autre pour un coup unique mais plus puissant, une combinaison pour un casse-garde simple et une autre pour un lourd, une esquive, une garde et trois coups spéciaux par personnage, lesquels se montrent facilement accessible en pressant L1 et carré, triangle ou rond.

On peut également déclencher un mode « Embrasement » lorsque la jauge adéquate est pleine, ce qui booste votre puissance et se solde, selon vos désirs, par une attaque ultime qui peut prendre deux formes en fonction de la santé de votre adversaire. Ajoutez à cela une gestion de trois soutiens (parmi une pléthore de persos secondaires du manga) permettant de vous faire récupérer de la vie ou de vous donner des boosts de stats passifs notamment, ainsi que la possibilité d’appeler vos deux autres combattants pour lancer des défenses unies (ou des casses de défenses unies) visant à stopper un combo adverse, et vous aurez fait le tour du gameplay du soft. Enfin pas tout à fait puisque certains héros bénéficient d’un Haki qui se charge avec le temps, libérant leur plein potentiel sur demande histoire de passer au travers des projectiles adverses ou de devenir totalement insensibles aux attaques élémentaires. Chaque Haki étant unique et lié à son utilisateur, il y aura lieu de savamment choisir votre team en fonction de vos opposants.

La gestion du Haki et les parades qu'il permet vous sauvera souvent la mise!

La gestion du Haki et les parades qu’il permet vous sauvera souvent la mise!

Vous l’aurez compris, le gameplay de One Piece Burning Blood est simple d’accès, voire même répétitif diront certains. Tous les coups sont issus des mêmes manipulations pour chaque personnage, et bien que les effets diffèrent, on retrouve certaines similitudes, sans parler du côté un peu brouillon de certaines rixes, notamment lorsque vous affrontez des combattants « géants », certes très lents mais ô combien impossibles à ébranler.

En parlant de guerriers, sachez que le roster inclut 42 personnages jouables et pas moins de 66 soutiens. Dans la première catégorie, on note l’arrivée de petits nouveaux comme Koala ou X Drake, tandis que la seconde nous permet de retrouver des protagonistes du manga que l’on n’avait pas vu depuis longtemps tels que Laboon ou encore Kaya. Néanmoins, pour pouvoir profiter du casting complet, il va falloir dépenser des berrys que vous gagnez lors de chacun de vos combats. On vous rassure, l’argent se récolte très facilement. Petite note sympathique : si vous ne connaissez pas du tout One Piece, la base pirate contient un glossaire dans lequel vous pourrez consulter la bio de chaque héros ou encore revoir les différentes cinématiques, mais aussi des astuces de gameplay propres à vos duellistes.

Un sacré Cell Shading

Le Cel-Shading est maîtrisé et donne clairement l'impression d'assister à un affrontement issu de l'animé

Le Cell Shading est maîtrisé et donne clairement l’impression d’assister à un affrontement issu de l’animé

Graphiquement, One Piece Burning Blood nous propose un Cell Shading d’excellente qualité, rendant vraiment hommage à l’animé, notamment grâce à une mise en scène ultra punchy des attaques ultimes et autres coups spéciaux. De plus, le côté spectaculaire lié aux affrontements est plutôt bien amené, avec certains guerriers gigantesques et des décors destructibles et loin d’être vides (foule qui se combat au loin, effets de poussière, de glace, de particules). Le rendu des assauts est également très fidèle au matériau de base et les personnages ainsi que leurs vêtements portent les stigmates des duels en fonction des impacts reçus. On déplorera néanmoins, dans ce sympathique tableau, des soucis de caméra parfois très frustrants, surtout à deux joueurs et lors des rixes contre des colosses, masquant parfois totalement votre héros.

Sur le plan sonore, on est heureux de retrouver les voix japonaises originales, totalement dans le ton, et les bruitages issus de l’animé pour une immersion de chaque instant. Seules les musiques plutôt insipides viennent ternir le tout, comme il est souvent de coutume chez Bandai Namco lors des adaptations des mangas connus…

Une exception aux « Warriors » qui fait du bien !

A cause de sa durée de vie loin d’être au top, de ses soucis de caméra et de son gameplay un peu trop simplifié donnant parfois lieu à des combats très fouillis, One Piece Burning Blood rate le coche de l’excellente adaptation, mais il s’en sort néanmoins avec les honneurs en nous proposant un jeu de baston fun, une réalisation graphique vraiment aguicheuse, une mise en scène travaillée et proche de l’animé ainsi qu’un bon roster de personnages. Les fans vont accrocher, les autres iront voir ailleurs, mais on peut saluer l’effort de Bandai Namco d’avoir un peu sorti la franchise du genre « Musou » à outrance !

La Bande-Annonce

Réalisation: 16/20

La réalisation en Cell-Shading force le respect avec une modélisation des personnages aguicheuse et extrêmement proche de l’animé, des effets de lumière impressionnants, des décors destructibles et une mise en scène des attaques ultimes dantesque. L’animation, quant à elle, se montre fluide en toutes circonstances et on apprécie le souci du détail sur les vêtements des héros, lesquels portent les stigmates du combat en cours. Dommage, donc, qu’une gestion parfois calamiteuse de la caméra vienne gâcher la fête, que ce soit à deux joueurs ou lors des affrontements avec des combattants plus grands que la normale, sans parler du côté un peu fouillis des rixes.

Gameplay/Scénario: 14/20

Le scénario ne se concentre que sur un seul arc scénaristique : Marineford. Cela peut faire peu, et même si Bandai Namco tente de multiplier les points de vue au travers de quatre personnages, le constat est un peu amer. Niveau gameplay, il se veut très accessible et nerveux, mais manque au final d’une certaine profondeur, les combos ne s’exécutant qu’avec une seule et unique touche, et tous les personnages se maîtrisant radicalement de la même façon. Heureusement que la gestion du Haki et des personnages de soutien pimente un peu l’ensemble

Bande-Son: 14/20

Il est plaisant de retrouver les voix japonaises de l’anime, idéales pour se mettre dans l’ambiance, et les bruitages sont directement issus du D.A. Seul hic : les musiques vraiment trop génériques, comme toujours dans les adaptations Bandai Namco, faute de droits…

Durée de vie: 10/20

Gros point noir du soft si vous comptez le pratiquer en solo : le mode Story vous tiendra en haleine à peine 4 heures. Avec tout le background autour de One Piece, se concentrer sur un seul arc scénaristique est vraiment étrange. Bien entendu, il y a d’autres modes de jeu mais force est de constater que sur la durée et malgré le roster impressionnant de personnages, on en fait vite le tour. Votre salut viendra donc du mode online, vous voilà prévenu !

Note Globale N-Gamz.com: 14/20

One Piece Burning Blood fait enfin sortir le shonen culte d’Eiichiro Oda du carcan du Mûsou où il était enfermé depuis trop longtemps. Le résultat nous donne un vrai jeu de baston en 3 vs 3 au gameplay très simple d’accès, fun et spectaculaire immédiatement, mais manquant hélas d’une certaine profondeur sur le long terme, à l’image de la durée de vie bien trop courte ne proposant qu’un seul arc scénaristique là où la saga offre une foultitude d’épisodes intéressants. Reste des affrontements visuellement très impressionnant malgré une caméra capricieuse, ainsi qu’un sacré roster de personnages qui devrait largement contenter les fans.



About the Author

Chizuna
Chizuna

Passionnée de jeux vidéo depuis l’âge de mes 7 ans, j’ai commencé à jouer à des survival horror tel que Resident Evil mais je suis avant tout une grande passionnée de RPG, surtout les Final Fantasy et plus particulièrement le VII et le X. Depuis peu, je me suis mise à jouer à des FPS. Pour les mangas, j’aime beaucoup les seinens, particulièrement ceux axés sur le thriller (Doubt, Judge et Consuctor), J’aime aussi le shonen avec une petite préférence pour Arata. Je vais très souvent au cinéma, au minimum deux fois par mois et mes genres de prédilection sont le fantastique, l’horreur, l’action et les films de guerre.