Review

Les fêtes de fin d’année riment avec produits dérivés, et ce n’est pas la célèbre gamme de poupées Monster High qui fera exception, avec la sortie d’un jeu adapté d’une des aventures animées des goules préférées des petites filles. Voyons ce que vaut la version Wii (et non, la console n’est pas encore morte !).

School is goule

Les ennemis n’opposent presque pas de résistance

La méchante Whisp a frappé ! En brisant en 13 morceaux un miroir magique, le génie diabolique a semé la terreur sur l’école Monster High. Les étudiantes aux noms « inspirés » que sont la zombie Frankie Stein (Mary Shelley n’en demandait pas tant), la momie Cleo de Nile, la louve-garou Clawdeen Wolf et leurs amies vont devoir voyager au sein d’une lampe magique pour récupérer les fragments et mettre un terme aux agissements de Whisp.

Le scénario, simpliste au possible, ne suit pas directement les événements du long métrage et en propose une vision alternative. Une bonne idée pour capter l’attention des gamines ayant déjà usé le DVD et les nerfs de leurs parents. Mais les développeurs de Little Orbit en ont-ils profité pour en tirer un bon jeu, au passage ?

Poupées barbantes

Ces étudiantes à hauts talons sont réunies au sein d’un jeu de plateforme tout ce qu’il y a de plus classique et basique. On court, on saute, on s’agrippe, on frappe au cours de sept niveaux relativement (voire trop) longs, auxquels s’ajoutent trois boss n’opposant pas énormément de résistance. Si on excepte le niveau final, la maniabilité et la difficulté du jeu s’avèrent d’ailleurs plutôt adaptées au public visé, caméra capricieuse mise à part, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce genre de productions. Les ennemis font ainsi leur ronde en se laissant détruire sans trop de soucis, ce qui n’est pas de refus au vu des attaques ridicules mises à la disposition des héroïnes (chacune disposant d’un unique coup qui lui est propre), soit trop imprécises, soit nécessitant d’être vraiment très proches de l’ennemi visé.

Les combats de boss sont d’une simplicité enfantine

La seule petite subtilité vient du « défaut bizarre » de chaque goule, capacité spéciale permettant par exemple à Frankie de détacher sa main, ensuite contrôlable à distance pour récupérer un objet ou activer un mécanisme, ou à Cleo de se téléporter. Ces capacités sont en général mises à contribution pour attraper un item propre à chaque héroïne, leur obtention constituant un des dix objectifs à remplir par niveau. Et c’est là que la structure du jeu se montre particulièrement mal pensée : afin d’ouvrir la porte du monde suivant la défaite d’un boss, un certain nombre d’objectifs doit auparavant être accompli, à la manière des étoiles d’un Super Mario 64.

Hors, ce principe de progression n’est à aucun moment expliqué dans le jeu et pourra provoquer la confusion des jeunes joueuses, qui risquent de ne pas comprendre pourquoi cette fichue porte refuse de s’ouvrir, d’autant plus que les développeurs n’ont pas cru bon d’inclure un compteur indiquant le nombre d’objectifs accomplis, ce qui oblige à les compter manuellement ( !) à l’écran de sélection des niveaux. Un oubli impardonnable qui, couplé à l’impossibilité d’accéder à l’écran des objectifs une fois un niveau lancé, pousse la frustration à son maximum et montre le peu de réflexion consacré aux aspects pratiques de la progression. Rajoutez à cela une limite de trois personnages sélectionnables à la fois par niveau, ce qui oblige à tous se les refarcir au moins une fois, dans le meilleur des cas, pour espérer débloquer le reste de l’aventure. Une belle leçon de durée de vie artificielle, qui sans ça n’aurait pas excédé les deux ou trois heures de jeu, vu le faible nombre de niveaux.

Monster aïe

Tout le jeu respire de toute manière le manque d’implication, de temps et/ou de budget de l’équipe de développement : les textures, hideuses, font penser à de la Playstation 2 en petite forme et les bugs, typiques de ce genre de productions rushées, s’enchaînent sans faiblir, qu’il s’agisse d’un ennemi marchant inlassablement contre un mur ou des textures qui disparaissent et réapparaissent à l’envi.

Les graphismes et les décors sont à l’image du reste: le minimum syndical

Peut-être encore plus vomitifs que les graphismes, les doublages prennent la forme d’un test de self control permanent pour le joueur de plus de 10 ans. Les répliques, lues sans aucune conviction par des comédiennes qui se demandent visiblement ce qu’elles font là (on s’attend presque à les entendre lire le numéro de la page), tournent en boucle toutes les deux ou trois attaques, idem lorsque l’on récolte un item ou utilise une capacité spéciale. Essayez de garder votre calme après dix minutes presque ininterrompues de «Un coup de nageoire et vous êtes tout sec », « C’est quoi ta taille de bandelette ? » ou « Dites-moi si ça fait mal » (si les responsables de la franchise décident un jour de l’adapter pour le public sado-maso, voilà déjà une réplique toute trouvée). Heureusement, la musique relève un tant soit peu le niveau, proposant des thèmes aux consonances orientales pas désagréables, mais tournant une fois encore trop vite en boucle. Bref, on plaint les parents qui devront subir le jeu en fond sonore.

Un jeu sans génie

Au final, la plus grande qualité de ce Monster High est d’être jouable du début à la fin. C’est faible, mais cela reflète bien le cahier des charges suivi par Little Orbit : faire un jeu de plateforme jouable mais se limitant au strict minimum, l’enrober d’une licence porteuse et ne pas se soucier de broutilles telles que la clarté de la progression ou une réalisation un minimum propre. Pas de quoi être surpris, en somme.

La bande-annonce

Réalisation: 7/20

Les graphismes sont d’une laideur sans nom pour un jeu sorti en 2013, même pour une Wii habituée aux pires outrages visuels. Seule la modélisation des héroïnes pourra peut-être donner satisfaction aux petites fans de la gamme de jouets.

Gameplay/Scénario: 8/20

Le scénario, débutant comme une fin alternative au long-métrage dont le jeu est l’adaptation, n’est qu’un prétexte pour aligner des séquences de plateforme sans aucune once d’originalité. La maniabilité est heureusement suffisamment adaptée pour éviter les crises de nerfs, si on excepte le dernier niveau bien prise de tête et les mouvements de caméra parfois inadaptés.

Bande-Son: 7/20

Le doublage infâme aura tôt fait de vous exaspérer, les répliques déjà risibles à la base tournant inlassablement en boucle. Heureusement, la bande originale s’en sort un peu mieux mais tourne trop rapidement en boucle.

Durée de vie: 8/20

10 niveaux, c’est très peu. Les développeurs l’ont bien compris et ont tout fait pour allonger inutilement le compteur d’heures en alourdissant la progression à coup d’objectifs obligatoires nécessitant de revisiter chaque monde à plusieurs reprises. Pesant.

Note Globale N-Gamz.com: 7/20

Bâclé, banal et à la durée de vie artificiellement gonflée, ce Monster High : 13 souhaits ne plaira qu’aux fans les plus assidu(e)s de la franchise. Pour les parents désireux d’initier leurs petites gameuses aux joies de la plateforme, il y a bien meilleur choix sur la console, pour une bouchée de pain qui plus est, à condition d’accepter de troquer le mascara et les hauts talons contre une moustache et une salopette bleue.



About the Author

Guib
Guib

Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !