Review

Metal Gear Solid. Un nom qui en dit long. Qui peut se targuer de ne jamais avoir eu vent de cette franchise ? Hideo Kojima quitte Konami avec ce dernier opus, qui sera sans doute le dernier véritable Metal Gear. Que nous réserve Big Boss dans cette aventure ? Que se cache derrière les murs d’Outer Heaven ? Venez le découvrir dans ce test, où nous allons boucler toutes les boucles… Kept you waiting, uh ?

Kept you waiting uh ?

Snake et Miller vont reformer une armée de mercenaires. Un but: la vengeance!

Big Boss et Miller vont reformer une armée de mercenaires. Un but: la vengeance!

Tout se passe neuf ans après les événements de Ground Zeroes. Depuis tout ce temps, Big Boss, autrement connu sous le sobriquet de Naked Snake, est plongé dans le coma, suite à l’attaque de la Mother Base par l’agence surpuissante « Cipher ». A son réveil, (miraculeux me direz-vous) dans un petit hôpital militaire situé à Chypre, l’enfer se déroule à nouveau sous les pieds de notre malheureux Boss. Une unité armée vient faire un nettoyage musclé, dans l’espoir d’assassiner Snake. Mais même en étant rouillé, notre héros est loin de traîner la patte, et n’usurpant pas son titre de soldat légendaire, arrive à s’échapper du complexe sans trop de dégâts. Quelques mois plus tard, remis d’aplomb et ayant mangé une bonne centaine de boîtes d’épinards, Big Boss et son compère Miller relancent une fois de plus une armée de mercenaires privatisée. Les Diamond Dogs entrent en jeu, et cette fois, pas de mission. Juste une vengeance.

Au sommum de l’infiltration. L’action d’espionnage tactique ultime !

L’opus Ground Zeroes nous avait donné un avant goût de ce que serait le gameplay de MGSV, et nous a donc permis de nous habituer aux nouvelles mécaniques qui lui seraient propres. Cela dit, et heureusement, l’éventail de possibilités du premier pâlit face à la grandeur du gameplay de MGSV. En effet, là où vous étiez confiné dans une base « bac à sable » dans Ground Zeroes, vous allez ici être percuté par la grandeur de l’Afghanistan et de l’Afrique. On sent un véritable sentiment de liberté en explorant ces contrées, et l’ouverture de celles-ci vous permet de tacler une même situation d’un nombre impressionnant de façons. Vous allez ramper, marcher sur la pointe des pieds et sprinter comme jamais. Vous pourrez même escalader certaines surfaces, ce qui amène un sens rafraîchissant de la verticalité qui manquait à la série depuis ses débuts.

Adieu les environnements militaires cloisonnés... place à un open world somptueux!

Adieu les environnements militaires cloisonnés… place à un open world somptueux!

Tout cela serait du gâchis si les contrôles n’étaient pas travaillés. Metal Gear Solid V offre sans aucun doute le gameplay le plus peaufiné et le mieux adapté de toute la saga. Que vous décidiez d’être totalement silencieux ou de vous la jouer Rambo, votre panel de mouvements sera très fourni. Roulades, plongeons, esquives, bref, à chaque situation, plusieurs actions possibles à votre disposition. La façon d’utiliser les armes est intuitive, et vu le nombre incalculable de fusils et autres armes de poing disponibles, vous trouverez votre bonheur. Le CQC est bien-entendu de retour dans ce nouvel opus. Aussi complet que dans MGS3, il est néanmoins simplifié au niveau des touches. On pourra donc retenir et interroger un soldat adverse avec seulement deux touches. Comme dans Peace Walker, on pourra malmener des ennemis à tour de bras, grâce au système d’élimination multiple. Les coups portés sont brutaux, et le sound design ainsi que l’aspect graphique soigné du jeu nous font ressentir toute la puissance derrière les coups de Snake.

La structure du jeu se veut donc plus « action hollywoodienne ». C’est là que le mode Reflex entre en jeu. Lorsque vous êtes repéré, un ralenti s’enclenche. Vous pourrez l’utiliser pour vous débarrasser de votre opposant avant que l’alarme ne soit sonnée, ou alors vous mettre à l’abri face à un tir de blindé. Cette mécanique fera sûrement polémique au sein de la communauté MGS. Certains diront que ça dénature le côté infiltration en facilitant la tâche, mais je suis plutôt de l’avis que, le jeu étant maintenant en open world et donc offrant à l’ennemi un rayon d’action plus vaste, ce n’est qu’un léger avantage. Pour les réticents aguerris, la possibilité de retirer cette option est totalement viable.

Ne sortez jamais sans votre Fulton!

Votre Mother Base est entièrement personnalisable

Votre Mother Base est entièrement personnalisable et ajoute un côté micro-management bien sympathique

Bien-entendu, que serait Big Boss sans une armée digne de ce nom ? L’armée mercenaire Diamond Dogs vient donc tout naturellement prendre la place de MSF (Militaires Sans Frontières). Comme dans Peace Walker, vous allez grossir vos rangs en extrayant des soldats ennemis via système Fulton (petite touche d’humour qui est restée). Ces soldats auront divers talents : certains seront parfaits sur le terrain tandis que d’autres feront des merveilles dans le département R&D, voire même médical. C’est à vous qu’incombe la tâche de gérer votre personnel, votre Mother Base (maintenant modifiable et personnalisable) ou encore le moral de vos troupes ! Le côté micro-management est encore plus poussé que dans Peace Walker, et vous vous retrouverez à vous pavaner fièrement au sein de votre base plus d’une fois.

Pour la première fois dans la série, vous pourrez également emmener un compagnon de guerre avec vous. Selon les besoins de la mission, vous pourrez emporter la sulfureuse Quiet, sniper muette mais fatale, D-Dog, fidèle compagnon à quatre pattes qui repérera et attaquera vos ennemis sur commande, D-Horse, un fier destrier qui, à grands coups de sabots, vous emmènera loin et très vite, et D-Walker, véritable Metal Gear miniature que vous pourrez équiper de toutes sortes d’armes, en plus de vous servir de lui comme véhicule. Ces « buddys » sont donc une variante bienvenue dans la dynamique de jeu, permettant de reprendre certaines missions différemment.

Gameplay contre trame narrative : Le duel

Techniquement, ce Metal Gear Solid V est bluffant. Le FOX Engine est vraiment incroyable!

Techniquement, ce Metal Gear Solid V est bluffant. Le FOX Engine est vraiment incroyable!

Sous tous les points de vue visuels, The Phantom Pain reste le Metal Gear Solid le plus abouti à ce jour. Les graphismes sont tout bonnement somptueux et soignés à l’extrême. Les couleurs de l’Afghanistan et de l’Afrique vous subjugueront, et vous resterez ébahis devant les pluies et les tempêtes de sable déchaînant leur furie sur vous. Ajoutez à cela des compositions musicales épiques, mélangeant orchestre et musique industrielle, et vous aurez une idée de l’ampleur des choses. Les cycles de nuit et de jour sont joués de façon plutôt crédible, dans le sens où ils ne sont ni trop courts, ni trop longs. Le joueur devra même apprendre à se servir de ces facteurs pour avantager sa mission.

Côté voice acting, l’acteur phare David Hayter quitte son poste dans le rôle de Snake, pour laisser le siège à Kiefer Sutherland, que vous connaissez sans doute pour avoir incarné Jack Bauer dans la série 24h Chrono. Bien qu’offrant une performance honorable, le vide se fait fortement sentir. L’une des raisons possibles serait que l’on entend rarement Big Boss parler durant le jeu. Et c’est là que le bât blesse…

En effet, même si les missions principales vont vous tenir en haleine par leur intensité, le jeu est très avare en cinématiques et en trame narrative soutenue. En tant que fan de longue date de la série, c’est un point qui me dérange fortement. Sans doute Monsieur Kojima a-t-il voulu privilégier le gameplay à l’histoire, se contentant de nous donner quelques cassettes bonus à écouter pour étancher notre soif d’histoire, mais à la longue, c’est un poil lassant. Alors oui, certains MGS avaient des cinématiques décidément trop longues, et cela cassait le rythme du jeu, mais The Phantom Pain n’arrive pas vraiment à trouver le compromis harmonieux des deux. Ajoutez à cela un Plot Twist final assez évident et pauvre, qui crée une surprise juste pour créer une surprise, et vous obtenez le Metal Gear Solid le plus décevant en terme de scénario. Dommage donc de quitter ainsi la saga !

« V has come to. »

L'énigmatique Quiet pourra vous épauler durant les missions, tout comme un mini-Metal Gear très utile.

L’énigmatique Quiet pourra vous épauler durant les missions, tout comme un mini-Metal Gear très utile.

Au même titre que Metal Gear Solid 2, qui avait fait polémique au sein de la communauté à sa sortie, Metal Gear Solid V : The Phantom Pain va diviser les avis. Peut-être sera-t-il regardé comme une gemme dans quelques années mais en tout cas, présentement, on peut dire que tous les défis n’ont pas été relevés. On sent une envie d’en finir avec la série de Kojima, qui voulait terminer les aventures de Solid Snake avec MGS2 à la base. Le soft reste tout de même excellent point de vue gameplay et immersion dans le monde troublé de la guerre. A noter que Konami s’est montré très difficile avec la production du jeu, qui fut quand même long à créer et a surtout été très coûteux, ce qui lui a valu certaines coupures au niveau du scénario (coucou mission 51…). Un au revoir à la série mitigé, donc, mais à jouer. Les fans se doivent de clôturer la saga, et les nouveaux venus auront du pain sur la planche niveau gameplay et contenu, le titre se révélant colossal en vous offrant des dizaines et des dizaines d’heures de jeu !

La Bande-Annonce

Réalisation: 19/20

Le jeu est tout bonnement magnifique sur le plan graphique. Chaque élément est détaillé méticuleusement pour le bonheur de nos yeux et lorsque l’on voit la taille des zones que l’on peut visiter, ça ne peut que forcer le respect pour le FOX ENGINE. Une franche réussite donc.

Gameplay/Scénario: 17/20

Le Gameplay vient rattraper les points que le scénario aurait pu faire perdre au score final. En effet, je ne peux pas imaginer un meilleur jeu d’infiltration au niveau des contrôles. Tout est bien huilé et les actions ont un temps de réponse immédiat. Le tout est très intuitif et fun. Le scénario, quant à lui, c’est une autre histoire. Les cinématiques arrivent à procurer un sens d’urgence, de pression ou même de tristesse, mais elles sont malheureusement trop peu nombreuses, et Big Boss reste parfois aussi silencieux que Quiet.

Bande-Son: 17/20

Parsemée de morceaux musicaux des années 80, à écouter joyeusement dans son walk-man, la bande son de MGSV, c’est aussi des pièces magistrales signées par les maîtres du genre comme Ludvig Fossel, Justin Barnett, et la chanteuse Donna Burke. Une belle addition à l’ambiance déjà incroyable du jeu.

Durée de vie: 19/20

Le titre dose sa difficulté selon votre façon de jouer. Si vous enchaînez les head shots, les ennemis commenceront à porter des casques. Si vous vous faufilez toujours par le même endroit, ils placeront des mines claymore dans ces zones, etc… Le jeu s’habitue à vous, pour vous obliger à varier vos stratégies. Et ça, c’est un coup de maître.

Note Globale N-Gamz.com: 18/20

MGSV : The Phantom Pain est joyau qui n’a pas totalement été raffiné. Certes, son gameplay et sa réalisation sont irréprochables, et on en attendait pas moins de la team Kojima. Cela dit, le scénario et notamment la fin de celui-ci nous laissent un arrière goût en bouche. Les choses ne sont pas aussi grandioses qu’on l’espérait à la vue des trailers ! Le soft reste néanmoins excellent si on passe outre cette faille.

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Snakethoot
Snakethoot
Je baigne dans la culture vidéoludique depuis ma plus tendre enfance, elle m'a façonné, elle m'a donné le goût pour les passions qui m'animent aujourd'hui. J'accorde la plus grande importance à chaque détail, aussi infime soit-il, pour être certain de saisir tout l'arôme que l'expérience d'un jeu-vidéo peut m'amener (Appelez-moi le romantique virtuel...). Cosplayeur à mes heures perdues, mon dévolu se jette aussi sur le septième art, les comics et la musique. Les passions comme les avis sont faits pour se partager et se discuter, ne soyez pas timides!