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Le plus célèbre détective de tous les temps se voit accusé de meurtre dans un jeu d’aventure façon point & click en full 3D. Passer de la place d’enquêteur à celle d’assassin n’est pas une mince affaire, et Frogwares, le développeur, a pris un malin plaisir à ajouter un côté sordide et mystérieux à l’intrigue. Mais pourquoi Sherlock Holmes dissimule-t-il des indices ? Serait-il réellement l’auteur des atrocités qu’on lui prête ? La réponse dans un soft qui devrait faire plaisir aux amateurs de jeux d’aventure mâtures.

Sherlock Holmes, un sérial killer ? 

Sherlock Holmes, un meurtrier?

Décidément, le monde ne tourne plus rond ! Soupçonné d’un sordide meurtre, notre Sherlock Holmes au style si british et à la déduction fulgurante n’est plus que l’ombre de lui-même. Recherché par Scotland Yard, brouillant les pistes et usant de méthodes peu scrupuleuses afin de faire disparaître les preuves du crime, le personnage inventé par Conan Doyle trouve ici un rôle à l’antagonisme de son statut héroïque habituel. C’est bien simple, même son plus fidèle ami, le professeur Watson, commence à douter de la bonne foi de son comparse… Jusqu’où irez-vous dans l’horreur pour apprendre le fin mot de cette histoire ?

Les bases d’un scénario sombre, glauque et résolument adulte sont posées, et on sent que les développeurs ont tenu à apporter énormément de crédibilité au soft avec un script travaillé de bout en bout et un univers réaliste. C’est donc tour à tour au travers des yeux de Sherlock ou du Docteur que vous arpenterez ce Londres Victorien à la fois fastueux et ténébreux, lisse et répugnant, pour un final qu’on vous promet à la hauteur des énigmes auxquelles vous allez  vous frotter. Voir ainsi les véritables facettes de cette icône intemporelle qu’est Mister Holmes n’est pas courant, mais que c’est bon !

Un point & click pensé pour la console 

La maniabilité a été pensée pour la console

Le souci avec les jeux typés point & click, c’est qu’ils ont à la base été développés sur PC, avec un combo clavier/souris que la console a toujours eu du mal à émuler en termes de maniabilité. Entre le curseur à diriger au stick analogique ou encore le personnage qui doit se placer au millimètre pour interagir avec un objet, on a à peu près tout eu en termes de gameplay mal pensé. Mais Sherlock Holmes est loin de ce constat alarmant, très loin même. De un, on déplace notre détective ou son assistant avec le stick de gauche dans un monde 3D où la caméra est libre, soit en vue interne, soit à la troisième personne. Idéal pour apprécier les lieux du crime et repérer les détails. Mais là où les développeurs ont eu une idée de génie, c’est que tous les éléments avec lesquels Sherlock peut interagir dans un rayon d’action de quelques mètres sont indiqués. Il suffit juste d’appuyer sur une touche, et de sélectionner avec un stick l’élément et l’action souhaitée. Un pur bonheur, surtout si l’on y ajoute un sixième sens qui permet à notre héros de visualiser toutes les interactions non encore révélées.

Outre cette maniabilité agréablement jouissive au pad, le soft propose son lot d’énigmes toutes très intéressantes, et logiques ! Tous les indices et discussions sont intégrés dans un carnet de déduction qui vous permet, une fois que vous voudrez recouper tous les éléments, de sélectionner une conclusion parmi plusieurs choix, un peu à la façon d’un L.A. Noire. Croyez-moi, si vous êtes un tant soi peu observateur et que vous avez un bon esprit d’analyse, tout s’enchaîne de façon naturelle et on a réellement l’impression de mener l’enquête aux côtés de Sherlock Holmes. Enfin, un système d’aide se met en place passé un certain laps de temps sur une énigme un peu trop ardue. Un bonheur.

Un bémol ? 

La modélisation des visages est très réussie

Et oui, il en faut bien un, et force est de constater que la réalisation graphique du soft aurait pu être plus alléchante. Si le monde en 3D dans lequel évolue Sherlock reproduit fidèlement un Londres victorien crade et malsain, la définition de certaines textures laisse à désirer et de légères chutes de framerate font un peu tâche. Néanmoins, le soft se rattrape avec de jolis effets de lumière et une modélisation des personnages plus que satisfaisante.

Niveau sonore, le titre est intégralement en français, et les doublages sont plus que corrects avec des intonations justes et une bonne crédibilité. Mais c’est surtout la musique qui mérite des éloges, avec ses relents sombres et cinématographiques qui vous transporteront sans problème dans l’univers créé par Frogwares. Un régal pour les amoureux de belles compositions qui désirent entrer de plein pied dans l’aventure la plus glauque attribuée à ce jour au plus grand détective de tous les temps.

Une première incursion console réussie !

Une histoire sombre!

Si le développeur du soft n’est à pas à son coup d’essai avec les aventures de Sherlock Holmes, il n’avait jamais franchi le cap des consoles next gen, se contentant d’un marché PC calibré pour ce type de jeu. En proposant ce « Testament de Sherlock Holmes » aux adeptes du pad, Frogwares a clairement mis les petits plats dans les gras avec une jouabilité entièrement pensée pour la console, un système de jeu jouissif et une aventure riche en rebondissements et en maturité, malgré un moteur de jeu qui aurait pu faire plus d’étincelles. Allez, ne boudons pas notre plaisir, les amoureux d’énigmes et d’histoire torturée vont adorer le soft, qu’on leur recommande plus que chaudement ! Elémentaire, mon cher N-Gamz !

 

Le Video-Test

Réalisation: 14/20

Graphiquement, « Le Testament de Sherlock Holmes » aurait pu être plus abouti. Si le jeu se laisse regarder, certaines textures ou chutes de framerate un peu poussives nuisent à l’immersion, d’autant que l’animation des personnages est un peu raide. Néanmoins, un vrai effort de reconstitution d’un Londres glauque et malsain a été réalisé, ce qui se doit d’être salué.

Gameplay/Scénario: 17/20

La maniabilité est intelligemment pensée pour le pad console, et c’est un plaisir de faire évoluer Sherlock dans des environnements 3D visibles à 360°. Le gameplay, à base d’énigmes et de déductions scénaristique, est jouissif à souhait grâce à une logique implacable. Quant à l’histoire, elle est l’une des plus sombres jamais proposée à notre détective préféré, et promet son lot de rebondissements, notamment en alternant les points de vue. Une réussite.

Bande-Son: 15/20

Si les bruitages sont relativement discrets, le doublage intégral du soft en français est un plus appréciable. Les comédiens sont bien dans le ton et leur jeu est soutenu par des musiques symphoniques qui ne dénaturent jamais le caractère un peu glauque et mystique de cette aventure.

Durée de vie: 16/20

Le jeu est long, avec des énigmes parfois ardues, mais le système d’indices qui se débloquent avec le temps assure qu’aucun joueur ne se sentira frustré. L’histoire offre pas mal de perspectives, même si l’on doute d’une quelconque replay value, le soft permettant de trouver, grâce au sixième sens, tous les objets interactifs et les dossiers cachés dans l’environnement.

Note Globale N-Gamz.com: 16/20

« Le Testament de Sherlock Holmes » est sans doute l’aventure la plus aboutie de ce détective hors norme. Pour une première incursion sur console next-gen, Frogwares a fait un travail remarquable grâce à un scénario riche et sombre, ainsi qu’à un gameplay travaillé. Les fans d’enquêtes peuvent se procurer le titre les yeux fermés ! 



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!