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Chala…Head Chala ! C’est sur ces notes connues de tous que démarre le nouveau DBZ sur PlayStation 3, XBox 360 et Vita. Autant dire qu’on s’attend à du lourd rien qu’au vu de l’intro et que le côté Gagaballien refait immédiatement surface dans le cœur du gamer ancien addict du Club Do. Le concept est simple : faire de ce Dragon Ball Z Battle of Z le renouveau d’une franchise qui s’enlise en permettant, pour la première fois dans la saga, des combats en coop à quatre joueurs avec des classes de persos typées… MMORPG! Pari réussi ou chaos total à l’écran ? Un peu des deux…

Quand un Super Guerrier se prend pour… Dieu !

Bills, le nouveau méchant ultime, vient du dernier film DBZ

Il n’y a pas à dire, en règle générale, les jeux estampillés DBZ nous ont toujours livré des intros dignes de ce nom, avec des animations originales dessinées par le Studio Toei à grand renforts de Kamehameha, de Genkidama et autre Final Flash. Ici encore, vous allez rester sur les fesses en entamant votre première partie de Dragon Ball Z : Batlle of Z, puisqu’on vous propose en animé ni plus ni moins qu’une pléthore de combattants et d’ennemis charismatiques de la saga, allant même jusqu’à Janemba, histoire de vous préparer à la « Bataille des Dieux » entre un Sangoku aux cheveux rouges, passé en mode Super Sayan God, et un être au physique d’Anubis surnommé Bills (oubliez le titre des Destiny’s Child) ou Beerus en V.O. Du rythme, de la chorégraphie dans les combats, des super-attaques par dizaines, voilà ce que nous promet le trailer… hélas, il en est tout autre pour le jeu en lui-même.

En effet, alors que les déclinaisons des Budokai et Tenkaichi n’en finissaient plus de pleuvoir, Namco Bandai a décidé de prendre tous les fans à revers en changeant radicalement la donne de son jeu de baston japanim fétiche ! Ainsi, pour définir ce nouvea DBZ, on pourrait le comparer au seul opus de la saga à faire intervenir des équipes de combattants sur le terrain de jeux : Legends sur PlayStation 1. Seulement ici, la coop est de rigueur et vous aurez à mener votre combat contre Cell, Freezer et consorts aidé par trois autres guerriers contrôlés soit par l’IA, soit par des joueurs biens réels. Apprêtez-vous à parcourir en groupe tous les arcs de la saga « Z » (on oublie GT, et ce n’est pas un mal) et de certains OAVS, avant de combattre… un DIEU au sein même du dernier film en date!

Eh Goku, sympa ta nouvelle coupe !

La coopération, le fer de lance de Battle of Z

Mais entrons plutôt dans le vif du sujet en commençant directement par ce qui intéresse tout amoureux de DBZ qui se respecte : le combat (avouez que si je vous avais dit : le scénario, vous ne m’auriez pas cru…). Passés quelques tutos assez complets, vous voilà donc aux commandes de votre héros préféré parmi la septantaine de personnages à débloquer (même si un grand nombre fait office de déclinaisons super sayan 1, 2 et 3 de guerriers de base). En vue à la troisième personne, de dos façon Tenkaichi, vous avez la possibilité de rusher, de vous élever dans les airs comme bon vous semble, d’envoyer des boules d’énergie ou encore d’effectuer un combo au corps à corps (toujours le même, hélas). Une jauge de ki se remplit au fur et à mesure de vos coups (pas de concentration possible) et sa limite grandit petit à petit durant le combat, vous permettant d’utiliserr, grâce à une combinaison « garde + touche » aussi bien une vague d’énergie qu’un bouclier magnétique ou encore un coup destructeur.

Sachez aussi que vous combattrez toujours par équipe de 4, sans pouvoir switcher d’un perso à l’autre, mais que l’ennemi sera lui aussi souvent assisté. Un lock a donc été implanté, bon gré mal gré étant donné que la caméra est tout juste vomitive par moments… mais bon, avec de l’entraînement, on s’y fait. Enfin, une jauge de Genki, située au-dessus de l’écran, prend également de l’ampleur en fonction de vos performances durant le combat, et est redistribuée mondialement à tous les joueurs souhaitant utiliser la puissance de cette dernière pour déclencher les… attaques ultimes façon Genkidama. Une idée très sympa !

C’est l’histoire d’un enfant-singe

Un côté RPG très sympa, plombé par un leveling rébarbatif

Au niveau des modes de jeu, on peut citer le purement online et compétitif avec le « Chacun pour soi à huit », le combat « 4 VS 4 », la « course aux Dragon Balls » ou encore le « Scoring », ce dernier vous faisant abattre à tour de bras des bots avant de comptabiliser le nombre d’ennemis occis par chaque joueur. Le mode coop, quant à lui, vous permettra de jouer avec trois amis dans la soixantaine de missions du mode scénario, en prenant les persos les plus puissants. Idéal pour vous débloquer dans le mode… solo justement ! En effet, si ce dernier vous offre des affrontements parfois totalement alambiqués (4 Gohan contre Cell, …), il n’en reste pas moins assez étoffé en incorporant tous les arcs de la saga, même si le tout est expliqué de façon maladroite. Si vous n’avez jamais suivi DBZ, oubliez, vous n’y comprendrez rien tant les cut-scènes sont courtes et ne parleront qu’aux fans de la saga. De plus, des scénarios alternatifs sont également présents, vous faisant incarner les méchants de l’histoire, ou encore le clan des sayens originels. Une bonne trouvaille. Par contre, gros hic du solo : l’impossibilité d’incarner un perso antérieur ou postérieur à l’arc que l’on joue. Goku Super Sayan 3 contre Raditz ? N’y pensez pas !

On en vient au gros ajout du gameplay, en plus du combat en coop : le leveling ! En effet, cette fois vous allez pouvoir faire monter votre équipe de niveau (illimité pour le principal, et seulement jusqu’au niveau 10 pour vos compagnons I.A.) et lui octroyer différentes cartes gagnées au fil des combats afin de booster telle ou telle statistique parmi le corps à corps, les dégâts à distance, la vitesse, la santé, les caractéristiques passives et j’en passe ! En plus de ces cartes, vous récupérerez également des Dragon Ball Point, monnaie du jeu pour vous acheter divers objets consommables à équiper, mais l’échange de Genki vous octroiera en plus des Premium Points, très rares mais vous offrant la possibilité d’acquérir des items ultra recherchés (et notamment un collier à attaque ultime qui ne peut être utilisé qu’une seule fois quand vous le portez). Hélas, toutes ces bonnes idées sont contrebalancées par un système ahurissant de leveling foireux. Ainsi, pour réussir certaines missions annexes, il vous faudra faire monter de niveau des persos avec lesquels vous ne jouez jamais (le commando Ginue… WTF !) et croyez-moi : ça prend un temps certain ! Sans parler de la lourdeur des échanges de cartes entre protagonistes que vous incarnerez… Par moments, vous passerez deux fois plus de temps dans les menus que sur le terrain de combat !

Ka-me-ha-méééééééé…..aaaaah, mes yeux !

Graphiquement, le soft est bancal mais les coups spéciaux sauvent la mise!

Pour tous ceux qui espéraient que le dernier Dragon Ball Z à voir le jour sur Current-Gen exploserait la rétine, force est de constater qu’en un sens ils ont eu raison. En effet, avec des textures grossières, un aliasing assez présent, des environnements trop peu destructibles, des effets spéciaux lors des explosions ou des impacts au sol totalement risibles et des bugs de collision à foison dès qu’on s’approche d’un élément du décor, autant dire que Battle of Z va vous envoyer direct chez l’ophtalmo le plus proche ! Heureusement, le cell-shading est correct, quoique bien plus simple que les opus précédents, et les mises en scènes de super-attaques et autres combos sont soignées. De plus, et malgré le nombre parfois conséquent d’adversaires et d’amis à l’écran, le tout ne ralentit aucunement. Un bon point donc, sans parler de l’habillage des menus assez classe et lisible.

Musicalement, par contre, le soft est une énorme réussite ! Le Chala Head Chala du début reste en tête, les airs lors des affrontements sont enjoués comme il faut, et surtout les bruitages et les voix des protagonistes sont TOUS issus de la saga animée ! On retrouve le bruit caractéristique du déplacement instantané dans le dos de l’ennemi lors d’un combo, les frissonnements de l’air pendant la préparation d’un Final Flash et j’en passe, le tout rythmé par les cris de vos héros préférés, dans lesquels passent toute la rage que l’on apprécie en V.O. Malheureusement, la version Vita ne bénéficie, quant à elle, que des doublages anglais, bien moins bon… Manque de place ?

Chala…fous mal !

Occasion manquée, voilà la première expression qui vient à l’esprit après avoir retourné ce DBZ : Battle of Z dans tous les sens. Si l’on ne peut que saluer l’énorme prise de risque de Namco Bandai et les excellentes idées de spécialisation de personnages et de mode coop, la réalisation en demi-teinte, l’I.A. capricieuse et les erreurs de gameplay minent un titre qui aurait pu, non qui aurait DU célébrer un avènement pour la saga ! Un bon concept ne fait définitivement pas tout… Néanmoins, les adeptes du leveling à outrance ou des combats entre amis apprécieront ce nouveau cru, c’est un fait (il suffit de voir le nombre de personnes connectées online pour s’en convaincre). Un jeu qui mérite définitivement un second essai pour s’améliorer et devenir, pourquoi pas, tout aussi anthologique que les Tenkaichi et autres Budokai.

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 12/20

Cell Shading moyen de gamme, textures grossières pour les décors, environnements bien moins destructibles qu’à l’accoutumée et effets pyrotechniques un peu bancals, il est clair que ce Battle of Z aurait pu mieux faire en termes de réalisation. On sent que les développeurs ont été freinés par le besoin de rendre le jeu fluide malgré tous les personnages présents à l’écran, ce qui se traduit forcément par une baisse de qualité visuelle. Les supers-attaques, elles, sont plutôt bien mises en scène.

Gameplay/Scénario: 10/20

Un gameplay novateur dans la saga (même s’il peut être apparenté à l’opus Legends dans ses prémices) et qui offre, du moins au début, de très bonnes sensations. On salue les différentes classes de personnages tout en déplorant une IA chaotique. Avec des amis, si chacun tient son rôle, le soft peut vite devenir grisant, c’est un fait. Hélas, la caméra folle et le lock hasardeux plombent l’expérience de jeu. Le scénario, quant à lui, prend des largeurs incroyables pour incorporer le combat à quatre dans l’histoire de Toriyama, rendant le tout peu crédible. Heureusement, le côté RPG du titre apporte une petite bouffée d’air frais qui sauve l’ensemble, même si le système de cartes aurait pu être amélioré en termes d’échanges entre persos.

Bande-Son: 16/20

Une musique d’intro cultissime, des thèmes plutôt sympathiques en combat, et surtout des voix en jap totalement jouissives (le cri de Gohan transformé en Gorille me donne encore des frissons !). Bref, un excellent cru auditif pour ce Battle of Z.

Durée de vie: 14/20

Quasiment infinie si vous jouez en multi avec des amis grâce aux différents modes de jeux en 4VS4, Chacun pour soi, Course au Score ou Dragon Ball, ou encore en coop dans le scénario, histoire d’obtenir des rang SS à tour de bras et récolter les meilleures cartes de boost. En solo, le soft montre très vite ses limites et vous lâcherez le jeu avant d’avoir terminé toutes les missions et récupérer la septantaine de persos, la faute à l’obligation imposée d’utiliser des héros correspondant aux arcs racontés pour accomplir les combats.

Note Globale N-Gamz.com: 14/20

Une note positive pour saluer la prise de risque de Namco Bandai afin de renouveler le gameplay de sa saga culte. L’idée des combats à quatre en coop est bonne, la spécialisation des personnes en classes et le côté RPG aussi, mais la technique et le gameplay peinent à convaincre. Un premier essai encourageant, mais loin d’atteindre la réussite escomptée. Tenkaichi peut dormir sur ses deux oreilles. Next time maybe ?



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!