Review

Au commencement, il y avait The Playroom VR. Une excellente compilation gratuite regroupant une poignée de mini-jeux ayant pour but de démontrer tout le potentiel de la toute nouvelle PSVR. Sortant indéniablement du lot, Robot Rescue avait su convaincre les fans de plateforme au bout d’un seul et unique niveau incroyablement soigné. 2 ans plus tard, les nombreux cris du cœur ont été entendus: le téméraire Astro Bot est de retour pour sa première grande aventure, et il est prêt à en remontrer aux plus grandes icônes du genre.

Touche pas à mon Bot

« Comment lui résister ? »

Pauvre Astro ! Fringant capitaine d’un vaisseau abritant un fidèle équipage de robots rigolos, le voilà subitement attaqué par un gros vilain extraterrestre. La cape au vent, le courageux bonhomme se lance à l’assaut de 5 mondes afin de sauver ses petits camarades en n’écoutant que son courage…et vous.

Oui, vous: dans la peau d’un robot suivant les moindres faits et gestes d’Astro, vous aurez une vraie présence physique au sein du jeu. Et dans ses aventures, la caméra, c’est vous: inutile de secouer le stick droit, votre tête fera l’affaire. A vous d’être attentif à tout ce qui vous entoure afin de guider au mieux le petit héros: envie de savoir ce qui se cache derrière cette poutre ? Libre à vous de vous secouer un peu histoire d’aller y jeter un œil. Mais attention: les ennemis en ont également après vous, et se feront un plaisir de vous en mettre plein la figure. Littéralement. Une gelée rose qui vous bouche la vue ou un écran fissuré, il ne tient qu’à vous de les éviter, ou de les subir. Pas de raison qu’Astro fasse tout le boulot !

La plateforme, ça me Bot

Mis à part cette perspective particulière, Astro Bot se présente comme un jeu de plateforme linéaire. Classique dans son gameplay, le soft de la Team Asobi fait tout de même figure d’excellent modèle du genre. Mignon comme tout et répondant au doigt et à l’oeil, Astro n’a rien à envier à ses illustres ancêtres. Qu’il cogne ses ennemis ou les extermine par les airs grâce aux propulseurs fixés à ses pieds, la prise en main est un régal et on se surprend souvent à sourire face à ce déchaînement d’obstacles et de bonne humeur.

« Les gadgets sont ingénieux et parfaits dans leur maniement. »

Et face à l’adversité, une fois de plus, le héros ne sera pas le seul à donner du sien: votre Dual Shock, modélisée à l’écran, sera de temps à autre sollicitée pour donner vie à différents gadgets. La reconnaissance de mouvement est impeccable et permet de bien belles trouvailles: un glissement vers le haut sur le touchpad pour lancer des shurikens ou une corde sur laquelle pourra grimper Astro (et d’autres surprises qu’on vous laissera le soin de découvrir), votre implication a fait l’objet d’une véritable attention de la part du studio. Même en étant relativement éloigné de l’action, il suffit de voir les Bots sauvés se précipiter dans votre manette ou Astro vous faire un signe de la main pour se sentir immédiatement immergé dans cet adorable univers.

Ne vous attendez pas pour autant à suer à grosses gouttes sous votre imposant casque: principalement destiné au jeune public, le soft ne posera aucun problème aux vieux briscards du genre. Qu’importe le challenge, pourvu qu’on ait l’ivresse. En ligne droite, environ quatre heures seront suffisantes pour terrasser le dernier boss. Pas d’inquiétude: entre les huit robots à sauver par niveau, certains étant sacrément bien cachés, et les niveaux bonus en fixant du regard des caméléons planqués dans les décors (une autre idée parfaitement exécutée), il y aura largement de quoi s’occuper une fois le générique de fin déroulé. Les niveaux bonus, justement, ont bénéficié d’autant de soin que l’aventure principale: chronométrés, ces défis mettront vos réflexes à rude épreuve et se permettent des sursauts d’originalité inattendus. Encore une fois, du grand art.

Trop Bot pour être vrai

En plus d’être un régal à jouer, Astro Bot: Rescue Mission va vous en mettre plein la vue. Sans forcément récolter la palme du charme visuel du catalogue PSVR (coucou Moss), le jeu séduit tout de même instantanément, grâce à sa fluidité sans faille (oui, même sur une PS4 classique, sur laquelle a été effectuée ce test) et ses nombreux détails. Après avoir fait fondre les coeurs les plus endurcis dans The Playroom VR, Astro et ses petits camarades confirment leur statut d’irrésistibles mascottes du casque de Sony.

« Les boss sont réellement impressionnants. »

Impossible d’encenser la patte visuelle du titre sans glisser quelques mots sur les boss, qui risquent de vous scotcher lors de leur entrée en scène. Gigantesques, magnifiquement animés et redoutables (pour lutter à armes égales, vous pourrez encaisser 3 coups, au lieu de l’unique vie habituelle), ils démontrent à eux seuls à quel point le studio maîtrise son support et le potentiel d’émerveillement qu’il peut provoquer sur le joueur.

Peut-être moins marquante, la bande originale fait tout de même preuve d’une belle énergie, et vous vous surprendrez même à siffloter certaines mélodies entêtantes. Ne passons pas sous silence les adorables cris de vos congénères, vous indiquant leur présence de la plus adorable des manières.

Des défauts ? Et alors ?

Et les défauts, vous me direz ? Il y en a, forcément. Un manque de renouvellement des ennemis ? C’est possible. Le manque de challenge des niveaux principaux ? Peut-être. Un classicisme qui pourra laisser de marbre les plus blasés ? Certainement.

Et alors ? Astro Bot: Rescue Mission est une réussite incontestable, de celles qui vous feraient presque oublier que vous portez un encombrant casque sur la tronche (aucune sensation de nausée n’est à déplorer, loin de là). Nintendo ne se décide pas à franchir le cap de la VR ? Pas besoin d’attendre que Mario s’incruste dans le marché: quand Astro est dans la place, on n’a vraiment pas besoin d’un plombier.

La Bande-Annonce

Réalisation: 16/20

Fluide, dégageant un charme fou et affichant des boss d’une envergure et d’une classe folles, le soft n’est peut-être pas le plus bluffant du catalogue PSVR visuellement, mais est certainement l’un des plus attachants.

Gameplay/Scénario: 16/20

Astro répond au doigt et à l’oeil, idem pour votre Dual Shock, présente à l’écran et recelant quelques gadgets parfaitement intégrés à l’action. Les vétérans du genre regretteront la facilité générale du titre, compensée par la présence de défis chronométrés au challenge plus relevé. Du tout bon !

Bande-Son: 18/20

Peut-être pas aussi mémorable que le reste, la bande originale est tout de même parfaitement dans le ton et apporte son lot de bonne humeur. Apprêtez-vous à siffloter.

Durée de vie: 14/20

Si vous vous limitez à foncer sans prendre la peine de faire honneur aux secrets habilement cachés par les développeurs, 4 heures seront suffisantes pour mener Astro à son but. Mais pourquoi s’y limiter ? Le sauvetage de tous les Bots ainsi que la recherche des caméléons, permettant de débloquer d’excellents niveaux bonus, font partie intégrante de l’expérience et en constituent l’un des atouts majeurs, rendant la véritable durée de vie du titre plus qu’honorable.

Note Globale N-Gamz.com: 17/20

L’essayer, c’est l’adopter. De loin, sans réellement y prêter attention, Astro Bot: Rescue Mission pourrait ressembler à l’un de ces innombrables jeux de plateforme à mascotte ayant autrefois inondé le marché. Grossière erreur: une fois le casque visé sur le crâne, impossible de résister à la tornade Astro, balayant toute appréhension sur son passage et se moquant sans pitié de ceux qui pensaient avoir vu tout ce que la plateforme 3D avait à leur offrir. Une suite, par pitié.



About the Author

Guib
Guib
Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !