Review

Après la sortie totalement anarchique (NDNeo : Qui a dit : « ça tombe bien, c’est le propos du jeu ! » ?) de Assassin’s Creed Unity et son hyper connectivité online qui a plombé la franchise phare de l’action-infiltration d’Ubisoft, tous les fans ont réclamé au développeur/éditeur de faire une pause et d’arrêter le rythme annuel de parution de sa saga historico-conspirationniste. C’est donc avec énormément d’appréhension que nous avons appris, grâce à un leak, qu’un nouvel opus était déjà en route. Baptisé « Syndicate » et se déroulant dans un Londres Victorien, autant dire que le dernier épisode en date avait fort à faire pour nous permettre d’effacer de notre mémoire le trauma engendré par son aîné. Et vous savez quoi ? Si Jacob et Evie Frye excellent dans le rôle d’Assassins, ils sont aussi très bons dans celui de psy !

Un « Creed » du coeur

Avec l'aide de Green, les jumaux Frye vont mettre à mal la domination du Templier Starrick en plein coeur de Londres

Avec l’aide de Green, les jumaux Frye vont mettre à mal la domination du Templier Starrick en plein coeur de Londres

Angleterre, année 1868. En pleine révolution industrielle, le pays souffre énormément de la paupérisation de sa population et la rébellion commence à gronder. Dans la capitale Londonienne, un homme est parvenu à prendre le pouvoir en infiltrant chaque échelon de la société : Crawford Starrick, Templier aux dents longues qui a bien compris que « Contrôler Londres, c’est contrôler le monde ». Hélas pour lui, son hégémonie risque de prendre fin avec l’arrivée des jumeaux Frye, Evie et Jacob, assassins novices, en plein cœur de SA ville. Cherchant à venger la mort de leurs parents, ces deux tueurs silencieux vont réveiller la révolte qui sommeille au cœur du peuple pour faire leur le crédo de la confrérie : « Rien n’est vrai… TOUT est permis ! ».

Pour être franc, on attendait avec beaucoup d’inquiétude cet Assassin’s Creed Syndicate, ici au sein de la rédac. Il faut dire que l’opus Unity, s’il était très bon dans l’idée, avait souffert d’énormes lacunes techniques à sa sortie, esclave de la mode du « tout online » qui ME débecte tant (oui, je suis un « vieux gamer » et j’assume). Impossible d’ouvrir un coffre sans passer par un loot aléatoire en ligne, parasitage de parties par d’autres gamers, etc… Bref, on voulait juste qu’Ubi fasse une grosse pause de quelques années et revienne aux bases de la licence. Pourtant, pas d’arrêt de travail en vue puisque déboule déjà la relève de la révolution française avec, cette fois, une révolution « industrielle » en plein cœur de Londres qui va balayer notre angoisse : Syndicate !

Deux pour le prix d’un

La furtivité sera de mise avec Evie, la touche "discrétion" faisant son grand retour dans cet opus

La furtivité sera de mise avec Evie, la touche « discrétion » faisant son grand retour dans cet opus

Si on déplore toujours autant, depuis la mort de Desmond Miles, de n’être qu’un simple spectateur du combat Templiers – Assassins dans le monde réel, le titre se contentant de nous faire vivre les péripéties de Rebecca et Shaun à la recherche des dernières reliques des précurseurs en nous conviant au simple rôle « d’Initié » propre à investiguer différentes pistes historiques dans l’ADN d’Assassins célèbres (en l’occurrence ici, les jumeaux Frye), on apprécie énormément le fait qu’Ubisoft nous donne le choix du personnage à tout moment dans cet opus Syndicate. S’ils partagent les trois arbres de compétence du jeu, l’expérience et les niveaux communs à quelques exceptions près, les jumeaux Frye se jouent radicalement différemment l’un de l’autre, Jacob étant plus adepte du « bourrinage » tandis qu’Evie est passée maître dans l’art de l’infiltration. Bien entendu, il sera toujours possible de rééquilibrer les choses, mais on vous le déconseille, d’autant que nombre de missions sont basées sur le talent de l’un ou de l’autre de vos héros.

Les combats sont plus nerveux et proposent des mises à mort extrêmement jouissives

Les combats sont plus nerveux et proposent des mises à mort extrêmement jouissives

En plus de leur caractère bien trempé qui n’aura de cesse de se dissocier au fil de l’aventure – Evie, l’intellectuelle posée, partant à la recherche d’une relique des Précurseurs tandis que Jacob, le bellâtre insouciant, à la Ezio préférant créer son gang et mettre le « boxon » dans les affaires de Starrick – les jumeaux rencontreront nombre de personnages historiques tels que Darwin, Dickens ou encore Graham Bell, chacun ayant un rôle à jouer pour anéantir les plans de domination mondiale des Templiers. Votre seule raison d’être sera donc de diminuer au maximum l’influence de ces derniers sur les 7 quartiers de Londres en réalisant différentes missions annexes (sauver des orphelins, tuer tel ou tel membre de l’Ordre, arrêter un malfaiteur pour Scotland Yard, etc…) jusqu’à parvenir à provoquer en duel le chef de gang de chaque zone et l’occire définitivement pour imposer vos « Rooks » comme leaders de la City !

Unity sans les défauts

Le grappin donne un petit coup de boost bienvenu au gameplay

Le grappin donne un petit coup de boost bienvenu au gameplay

Le gameplay de Syndicate reprend trait pour trait celui mis en place par Unity, sans les problèmes qu’avait instauré la connexion online permanente. On retrouve donc le mode parkour haut et bas, mais aussi la touche infiltration qui permet de passer en mode furtif et visualiser, même à travers les murs, vos opposants. A haut niveau, cette fonction vous rendra quasiment invisible, pour pas mal de jouissance lors des meurtres silencieux, d’ailleurs bien mieux mis en scène que dans l’opus précédent. On note également l’arrivée d’assassinats instantanés à distance via vos couteaux et surtout la quasi-nécessité de prendre de la hauteur face à chaque objectif. Le level design est donc bien plus vertical qu’auparavant, le tout étant mis en exergue par LE nouvel instrument propre à ce Syndicate : le grappin. Récupéré très tôt dans l’aventure, il se manipule à la façon d’un Batman Arkham et vous permet pas mal de folies comme des meurtres en « tyrolienne », des fuites ultra rapides et j’en passe. Du coup, certains assassinats sont simplifiés, mais le sentiment d’agir en toute impunité est vraiment grisant. Les combats, quant à eux, demandent un peu plus de réflexes et vous opposeront par moments à des ennemis au niveau bien supérieur au vôtre. Heureusement, vous pourrez compter sur de somptueuses séquences de mise à mort à la fin de vos combos pour occire à jamais un Templier récalcitrant. Bémol par contre : les missions en intérieur sont toujours sujettes à des soucis de caméra et des bugs de collision qui font vraiment tâche en 2015.

Les déplacements en calèche font partie des rares défauts du jeu

Les déplacements en calèche, trop lourds et contraignants, font partie des rares défauts du jeu

A côté de ça, il y a beaucoup à dire sur ce nouvel opus. On note déjà la première base mobile de la franchise (un train) mais aussi une foultitude de missions annexes, ce qui diversifie agréablement le gameplay. On pense notamment à la récolte de fleurs pour l’herbier de Green, votre mentor, mais aussi aux combats de rue, aux courses en calèche (même si la maniabilité de ces dernières laisse à désirer), à la recherche de 32 boîtes à musiques pour retrouver l’armure des Précurseurs, à la Correspondance de la Reine, aux Illustrations historiques à arracher des murs, aux bugs Hélix à découvrir ou encore aux bouteilles de bière à goûter pour tout apprendre de la culture « populaire » de Londres. Bref, si vous voulez tout voir et tout débloquer pour gagner un maximum d’XP, vous êtes parti pour une bonne trentaine d’heures. Pourtant, même si toutes ces phases proposent des défis variés, les habitués de la saga auront parfois une sacrée impression de redite. On regrettera aussi la restauration de bâtiments qui passe à la trappe au profit d’un menu impersonnel vous permettant d’octroyer des sommes d’argents aux médecins (qui sont accessoirement « boutiquiers à tout faire »), aux paris clandestins, à la Police ou encore au nombre de calèches en ville. Dommage, la base de données historique en prend un fameux coup.

Le meilleur décor pour un Assassin’s Creed ?

Artistiquement et graphiquement, cet Assassin's Creed est le plus beau de la saga

Artistiquement et graphiquement, cet Assassin’s Creed est le plus beau de la saga

N’y allons pas par quatre chemins : maintenant que le moteur maison d’Ubisoft semble maîtrisé par ses équipes, Syndicate nous offre ce que la Next-Gen peut faire d’excellent à haut rendement. Les effets de lumière sont incroyables, la modélisation des personnages est vraiment travaillée, leurs vêtements bougent de façon naturelle et de nombreuses étapes d’animation ont été ajoutées à nos assassins pour rendre leur « Parkour » plus crédible malgré quelques écueils inhérents à autant de liberté proposée. En prenant pour cadre le Londres Victorien, les développeurs ont trouvé un terreau visuel très fort et nous l’envoie à la figure à grands renforts de conditions climatiques réalistes (la pluie est l’un des plus belles vue à ce jour sur console), d’une animation fluide « quasiment » en permanence et de NPCs en masse parsemant les ruelles sombres et malfamées de la capitale anglaise. C’est bien simple, aussi bien artistiquement que techniquement parlant, l’univers d’Assassin’s Creed Syndicate est le plus beau et le plus immersif jamais créé pour un opus de la saga, n’en déplaise aux Parisiens d’Unity.

Le level design mise beaucoup plus sur la verticalité

Le level design mise beaucoup plus sur la verticalité

Musicalement, Syndicate nous livre également une remarquable prestation, avec énormément de violons dans ses mélodies, aussi bien mélancoliques que rythmées. Les gamers auront même droit à quelques morceaux d’opéra plutôt aguicheurs. Les symphonies qui se dégagent de cet opus sont donc plus suaves et feutrées que dans son homologue révolutionnaire français, et on ne s’en plaindra pas. Les bruitages, quant à eux, sont totalement crédibles et le doublage français est de très bonne facture, même si on déplorera une synchronisation labiale parfois en retrait.

Sans rancune ?

Le Anvil Engine nous offre des personnages criants de réalisme

Le Anvil Engine nous offre des personnages criants de réalisme

Bien que nous nous soyons montrés un peu réticents face à cet Assassin’s Creed Syndicate lors de la Gamescom 2015, force est de constater que la démo qui nous avait été présentée était loin du produit fini. Si on regrettera le manque de réelles nouveautés hormis le duo d’Assassin, la base mobile et l’usage du grappin, on ne pourra que saluer le grand nombre de missions variées, la technique maîtrisée et la longueur de l’aventure proposée. Il est clair que les fans auront une grosse impression de déjà-vu même si le cadre est différent, mais le périple des jumeaux Frye fait dans l’excellence par rapport à la concurrence et parvient à gommer l’erreur de parcours qu’a été Unity grâce à son Londres Victorien tout simplement envoûtant. Un opus comme ça, on en veut bien un tous les ans !

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 18/20

Le Moteur Anvil envoie du lourd pour ce Syndicate, avec une distance d’affichage titanesque, des personnages finement modélisés au grain de peau réaliste, des conditions climatiques bluffantes, nombre de NPCs dans les rues et une Londres à l’époque victorienne tout bonnement somptueuse aussi bien sur le plan artistique que visuel. Cerise sur le gâteau, le tout bouge avec fluidité quasiment en permanence. Supprimer le mode « tout online » de Unity était vraiment une bonne idée, c’est un fait. On déplorera juste l’unique temps de chargement en début de partie, qui se répète à chaque décès dans le jeu, et les soucis de caméra et de collisions dans les environnements confinés. Pour le reste, Syndicate est tout bonnement le plus bel opus de la saga, et le Londres Victorien son plus incroyable open-world.

Gameplay/Scénario: 17/20

Le mode Parkour a encore gagné en fluidité par rapport à Unity, et le grapin nous offre d’excellentes sensations tout en facilitant pas mal les assassinats grâce à un level design plus vertical qu’à l’accoutumée. On retrouve avec plaisir la touche infiltration qui, à haut niveau, vous rendra pratiquement invisible. Le fait de pouvoir switcher à tout moment entre Jacob et Evie Frye apporte pas mal de fraicheur à la licence, et les missions se révèlent vraiment variées. Seul le mode de transport en calèche fait un peu tâche dans l’ensemble. Le scénario, par contre, s’il est bien mis en scène et passionnant à l’époque Victorienne, se révèle un peu frustrant dans le monde réel à cause d’un manque total d’implication du gamer.

Bande-Son: 19/20

Les musiques à base d’instruments à cordes (violon, violoncelle) apportent une touche mélancolique vraiment intéressante à cet opus Syndicate, sans parler des morceaux d’opéra qui viendront faire flatter vos oreilles tandis que vous admirerez la somptueuse Londres du haut de Big Ben, par exemple. Les bruitages sont réalistes à souhait et les voix françaises d’excellente facture malgré quelques soucis de synchronisation labiale.

Durée de vie: 20/20

L’absence de mode online ne nuit aucunement à la durée de vie ou à la diversité proposée par ce nouvel Assassin’s Creed, que du contraire. Vous mettrez en général entre trois à quatre heures pour libérer un quartier… et il y en a 7 ! En additionnant la foultitude de quêtes annexes et d’objet à collecter (boîtes à musique, fleurs pour l’herbier de Green, bières anglaises, bugs Hélix), d’armes à fabriquer, de capacités à acquérir et de coffres à ouvrir, on tourne facilement autour de la trentaine d’heures. Seul bémol : un petit côté répétitif qui s’invite à la fête par moments.

Note Globale N-Gamz.com: 18/20

Assassin’s Creed Syndicate lave avec la classe anglaise l’affront parisien qu’a été Unity. En s’amputant volontairement du mode online, le titre d’Ubisoft a gagné en fluidité aussi bien dans son gameplay que dans sa réalisation technique, cette dernière nous offrant d’ailleurs le plus envoûtant terrain de jeu de toute la saga. L’ajout du grappin et le switch permanent entre les jumeaux Frye pemet de redynamiser les assassinats et d’offrir une histoire londonienne plutôt prenante pour un épisode à la durée de vie conséquente. Bref, on tient là l’un des opus les plus réussis de la franchise, tout simplement ! Espérons qu’Ubisoft continue sur cette lancée pour les années à venir.



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!