Review

Quand l’auteur d’Ubelblatt s’éprend d’amour pour le Space Opéra en lieu et place de l’Héroïc Fantasy, on s’attend à un résultat totalement incroyable. Un mix qui partirait à 200 à l’heure pour laisser le lecteur totalement haletant dans l’attente des prochains tomes… Bon ok, on va être franc: si le constat de départ démarrait clairement mal avec le premier tome de « Zelphy », la suite nous a clairement rassuré, et Doki Doki a eu une idée de génie de publier les deux premiers volumes le même jour, croyez-nous!

Un style graphique inimitable pour un space-opera qui a du mal à démarrer

Nous sommes en l’an 1001 du Calendrier de l’Aion. Il y a six ans, après une guerre contre des « rebelles » qui a fait des millions de morts, tous les portails permettant le voyage interspatial sont passés sous le contrôle des gardiens de l’Aion. Ces derniers, dirigés par Phalas le Penseur, dominent à présent toute la galaxie grâce à une armée d’élite. C’est à ce moment que nous découvrons Lysja Lion Ilphadzit, un membre de la famille royale de Zaysion qui rêvait d’établir la « mi-humanité » comme souveraine de la destinée humaine. En effet, il y a 1000 ans, l’Homme a créé des portails spatiaux pour découvrir l’univers, et a de fait voulu accélérer artficiellement l’évolution de son espèce. Le professeur Isabella Zaysion a donc créé génétiquement un sur-homme, qui a ensuite engendré la lignée de Lysja au cours de sa fameuse « expérience millénaire ».

Hélas, depuis que l’Aion a pris le pouvoir, notre pauvre Lysja doit survivre tant bien que mal en tant que plombier sur la station spatiale Iuragxül, à tuer du ver de chauffage à foison. Le pire, c’est que notre héros a tenté d’intégrer l’armée de son « envahisseur » pour pouvoir devenir quelqu’un, mais du fait de sa croissance stoppée et de son coeur artificiel, il ne peut prétendre à pareil poste. C’est alors qu’il rencontre Enoc, un pirate de l’espace dont l’esprit a intégré le corps… d’un chat! Ensemble, ils vont vivre une véritable course-poursuite pour échapper aux armées de l’Aion, s’acoquiner à une fliquette sexy nommée Alvera, et surtout révéler le véritable potentiel de Lysja afin qu’il puisse conclure « l’expérience millénaire ». Et encore, tout ça sans parler de la mystérieuse Zelphy, une menace que l’Aion veut à tout prix éradiquer et que Lysja transporte dans son vaisseau sans même le savoir!

Techniquement, on ne peut rien reprocher à ce Zelphy, hormis son découpage

Vous l’aurez compris, le scénario de Zelphy est extrêmement dense. En effet, en plus de noms de planètes et de personnages totalement imprononçables, Etorouji Shiono a clairement travaillé à l’extrême son background avec des protagonistes aux motivations totalement différentes, mais aussi des lieux visuellement recherchés et quasiment en surnombre sur aussi peu de volumes. C’est justement l’un des principaux soucis de Zelphy durant ces deux premiers volumes: la profusion de choses, d’endroits, de persos, de notions qui ne sont au final qu’esquissés. On s’y perd dès le début, on relit plusieurs fois, on attend de plus amples informations sans les voir venir. Et puis on se dit que tant pis, autant se laisser bercer par la rapidité du récit. Après tout, Star Wars n’a expliqué son background qu’au travers de l’univers étendu, alors autant vivre l’aventure comme elle se présente!

Un space-opera qui va à 200 à l'heure… peut-être un peu trop vite d'ailleurs

Et c’est vrai qu’une fois ceci en tête, Zelphy nous apparaît comme un space-opéra très sympathique, bourré de héros atypiques, et surtout doté d’une réalisation grandiose. Que ce soit le niveau de détail atteint par le mangaka, l’immensité des décors ou le chara design maîtrisé, on est ébahi par le spectacle visuel offert par Zelphy, c’est un fait, malgré un découpage pas toujours optimal qui nuit aux séquences d’action. Le problème, c’est que tout est trop vite expédié. Un exemple: la confrontation entre Lysja et la créature spatiale gigantesque se nourrisant d’Anodium: Phagla Tepc. On s’attend à un duel épique, et au final, en quatre cases, le tout est bouclé avec un Lysja qui tue d’une traite notre alien, sans même se demander pourquoi il a tant de pouvoir. Bref, on a parfois l’impression que l’auteur ne sait pas où il va… néanmoins, on continue frénétiquement à lire, à la recherche d’une révélation qui ne viendra qu’en toute fin de second volume, et heureusement qu’elle daigne apparaître d’ailleurs, sinon la note ne serait pas aussi bonne pour le combo tome 1 – tome 2! De plus, l’humour est un peu trop présent pour un récit épique, et on pense même parfois à une « SyFy parody ». Une erreur de jugement pour un manga vendu comme une odyssée spatiale titanesque.

Bref, avec une technique jamais prise en défaut et un background aussi dense dans l’esprit de l’auteur, on s’attendait déjà à un premier volume de Zelphy qui dépote un max. Le fait est que la sauce a mis bien plus longtemps à prendre, et qu’à l’heure actuelle, on est à la fois fébrile et apeuré par le tome 3 qui sort sous peu. Si Etorouji Shiono parvient enfin à cloisonner son récit pour nous faire vivre une vraie épopée spatiale inoubliable, alors l’attente aura valu la peine. Sinon, Zelphy risque de tomber dans les limbes des histoires non maîtrisées qui partent dans tous les sens, dont Bastard!! reste l’emblématique porte-drapeau.

Note Globale N-Gamz: 3/5



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!