Review

Intriguant, amusant, innovant, haletant, intelligent, … voilà quelques-uns des qualificatifs que l’on peut assigner à l’incroyable « Dédale », un seinen écrit et dessiné par Takamichi, dont c’est le premier manga. Et quel manga ! Entre rêve, réalité et jeux vidéo, l’histoire de la belle Reika, débuggeuse professionnelle emprisonnée dans un monde étrange défiant les lois de la physique, risque bien de vous retourner comme elle l’a fait avec nous ! Un diptyque inoubliable pour un titre que les éditions Doki-Doki ont eu la sagesse de mettre entre nos mains. Attention, chef-d’œuvre en vue !

La superbe Reika, reine du débug!

La superbe Reika, reine du débug!

Reika et Yôko sont deux colocataires résidant dans un immeuble de la société Kleinsoftware, qui les utilise comme chasseuses de bugs dans ses projets vidéoludiques. Le souci, c’est que notre atypique duo va se retrouver projeté dans un univers ressemblant en tous points au nôtre, à ceci près qu’il possède deux « côtés » : pile correspondant quasiment au monde que nous connaissons tandis que face fait office… d’entrepôt à bugs! Très vite, elles vont se rendre compte qu’elles sont loin d’être les seules prisonnières de ce dédale virtuel. Qui les a entraînées dans cette prison dorée et pourquoi ? Elles devront faire appel à leur sens de l’observation et leur maîtrise des contrées virtuelles pour parvenir à trouver les réponses… mais la vérité dépassera de loin, très loin, ce à quoi elles s’attendaient !

Enfermés dans un monde très étrange, Reika et Yôko vont devoir en comprendre la logique très "vidéoludique"

Enfermées dans un monde très étrange, Reika et Yôko vont devoir en comprendre la logique très « vidéoludique »

Dédale est la première œuvre de Takamichi, un mangaka qui avoue d’ailleurs avoir manqué d’expérience pour dessiner les aventures de la jolie et farfelue Reika (Yôko servant principalement de faire valoir). Il indique de fait avoir souvent voulu abandonner face à la difficulté de représenter correctement sur le papier ce qu’il avait en tête… et pourtant le résultat est bluffant. Avec une demoiselle absolument sublime à regarder, un côté fin, détaillé et aérien extrêmement plaisant dans les décors ainsi qu’un encrage maîtrisé à la perfection, Dédale nous immerge complètement dans son monde surréaliste, où les réactions physiques des objets sont totalement différentes de notre réalité… et pourtant si logiques !

Le découpage de l’œuvre frôle également le sans-faute et nous permet de comprendre, petit à petit et sans réel temps mort, les tenants et les aboutissants de l’intrigue, en même temps que l’héroïne principale et ses déductions terriblement pertinentes. Les séquences d’action ne sont pas en reste non plus, et rien ne viendra visuellement se mettre en travers de la route du lecteur qui suivra les péripéties de notre débuggeuse avec un plaisir certain, se retrouvant même les doigts crispés au bouquin lors des passages un peu plus tendus face aux impressionnants « Mangeurs d »anomalies », véritables Pac-Man tentaculaires aux dents acérées.

Les références au monde du jeu vidéo sont légion... et souvent très drôles!

Les références au monde du jeu vidéo sont légions!

Mais ce qui fait réellement tout l’intérêt de « Dédale », c’est incontestablement son scénario à tiroir raconté de fort belle façon. Ainsi, chaque case revêt une importance cruciale pour la bonne compréhension du récit et, un peu comme dans un Matrix des frères (enfin sœurs maintenant) Wachowski, vous en apprendrez encore plus en relisant l’œuvre une fois arrivé à sa conclusion. On sent clairement que l’auteur a scindé au mieux sa narration en deux volumes distincts, avec un premier segment centré sur le côté face du monde, tandis que le second s’atèle à nous montrer l’autre facette et les interactions possibles entre les deux univers, à grands coups d’expériences tantôt drôles, tantôt dangereuses, mais toujours savamment expliquées par la belle Reika.

En plus dune bonne dose de réflexion et dune histoire haletante, Dédale offre une technique visuelle de qualité

En plus dune bonne dose de réflexion et d’une histoire haletante, Dédale offre une technique visuelle de qualité!

Un seinen intelligent à plus d’un titre, donc, qui vous poussera à réfléchir plus que de coutume croyez-nous. Le must, c’est que la logique derrière tout ceci est impossible à prendre en défaut. Aucune incohérence, aucun raccourci scénaristique scabreux pour boucler l’œuvre en un seul diptyque… tout est… parfait, je ne vois pas d’autre mot! Ajoutez à cela des petites touches d’humour dispersées avec soin et des clins d’oeils récurrents aux titres cultes du jeu vidéo, et vous comprendrez que ce manga parlera autant aux amateurs d’enquêtes qu’aux férus de numérique.

Bref, ce « Dédale » est sans conteste l’un des seinens phares de cette année 2016. En seulement deux volumes, l’œuvre de Takamichi nous a littéralement soufflés par son efficacité de narration et de mise en page, le tout au travers d’un récit réglé comme du papier à musique et distillant ses révélations et cliffhangers avec une précision remarquable pour nous donner une envie irrésistible, une fois la dernière page tournée, de revenir au début et d’analyser tout ce que l’auteur a pu nous laisser comme messages cachés ! Un régal et surtout un must-have pour tout mangamaniaque qui se respecte !

Note Globale N-Gamz: 5/5



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef autant que le rédacteur de news de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen/seinen tels que Ga-Rei, L'Ile de Hozuki, Orphen, Sprite, Asebi, ... Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!