Ubisoft vient de consolider la direction de sa franchise phare Assassin’s Creed. Jean Guesdon, déjà nommé Head of Content (Directeur Contenu) de la marque Assassin’s Creed au sein de Vantage Studios en février 2026, accueille désormais Eric Baptizat en tant que Game Director pour l’ensemble de la série. L’annonce, formulée par Guesdon lui-même sur LinkedIn, confirme que les deux hommes, figures historiques de la saga, superviseront désormais la direction créative et le gameplay de tous les projets futurs.
Jean Guesdon n’est pas un nouveau venu. Présent dès les origines de la licence (coordinateur de production sur le premier Assassin’s Creed, game designer sur Assassin’s Creed II), il a notamment officié comme directeur créatif sur deux opus majeurs : Assassin’s Creed IV: Black Flag (2013) et Assassin’s Creed Origins (2017). Son expertise porte sur la préservation de l’ADN narratif, le choix des époques historiques et la cohérence de l’univers à travers les jeux, les extensions et les projets transmédia.
Eric Baptizat, de son côté, affiche un parcours tout aussi dense au sein d’Ubisoft pendant seize ans. Lead game designer sur Black Flag, senior game designer sur Unity, project lead design sur Origins, il a ensuite pris la direction de jeu d’Assassin’s Creed Valhalla (2020). Après son départ en 2021 pour EA Motive, où il a dirigé le remake acclamé de Dead Space et contribué à Battlefield 6, il revient désormais en position de Game Director de toute la marque.
C’est précisément ce dernier point qui suscite les interrogations. Si Baptizat a participé à des titres salués, c’est Valhalla qui reste le plus étroitement associé à son nom. Commercialement triomphant, l’épisode viking a néanmoins divisé profondément la communauté. Beaucoup de joueurs lui ont reproché son ampleur démesurée, ses mécaniques RPG trop appuyées, la dilution du parkour et de l’infiltration au profit d’un monde ouvert saturé de quêtes secondaires et de combats frontaux. Le sentiment dominant chez une large frange de fans reste celui d’un éloignement progressif des racines de la série : l’assassinat furtif, la verticalité des villes et une narration plus resserrée.
Or, le succès retentissant du récent Assassin’s Creed Black Flag Resynced vient rappeler avec force ce que nombre de joueurs attendent vraiment. Le remaster/remake de l’aventure pirate a rapidement dépassé ses objectifs de ventes annuels, prouvant que le public plébiscite encore les formules plus centrées sur l’exploration libre, le gameplay naval et une identité forte. Placer à la tête du design global l’homme qui a piloté Valhalla peut donc apparaître, pour certains, comme un signal ambigu : le risque de voir se perpétuer une vision « toujours plus grand, toujours plus RPG » plutôt qu’un recentrage sur l’essence originelle de la licence.
Bien sûr, Baptizat n’est pas réduit à Valhalla. Son expérience sur Black Flag et Origins, ainsi que le succès critique du Dead Space remake, démontrent une capacité à moderniser des formules tout en respectant l’esprit d’un univers. Sous la supervision de Guesdon, garant de la cohérence créative, le duo pourrait théoriquement conjuguer ambition et respect des fondamentaux. Pourtant, le souvenir encore vif des critiques adressées à Valhalla laisse planer un doute légitime : les prochains Assassin’s Creed, à commencer par le mystérieux Hexe, sauront-ils enfin répondre à l’appel d’un retour aux sources, ou poursuivront-ils la trajectoire qui a lassé une partie non négligeable de la communauté ?
L’avenir de la franchise se joue désormais entre les mains de ces deux vétérans. L’attente est immense, et les attentes, clairement formulées.

















