Ce dimanche 5 avril 2026, la communauté des joueurs nomades est sous le choc puisque Lenovo vient de procéder à une augmentation de prix spectaculaire sur sa gamme de consoles portables Legion Go 2, avec des hausses de 1000€ sur certains de ses modèles, faisant ainsi culminer le modèle le plus haut de gamme équipé du Ryzen Z2 Extreme, 32 Go de RAM et 1 To de stockage, à 2.299€ alors qu’il avait été lancé à 1.299€ en octobre dernier !
Même souci pour les autres modèles, qui voient leur prix sensiblement augmenter comme le prouve la console de base, lancée à 999,99€ l’année dernière et à présent affichée à 1.749,99€ ! Une inflation de 36 à 48 % qui propulse ces machines puissantes dans une stratosphère ultra-premium, loin de la démocratisation promise.
La cause de cette flambée est désormais connue et documentée par tous les observateurs : le RAMageddon, cette pénurie mondiale de mémoire vive (LPDDR5X et modules haut de gamme) provoquée par l’explosion de la demande en IA. Les géants du secteur, dont Lenovo, ont vu leurs coûts de production s’envoler en raison de la priorité donnée aux serveurs d’intelligence artificielle par les constructeurs de mémoire vive. Ni annonce officielle, ni communication de crise : les prix ont simplement été révisés à la hausse sur Best Buy, Amazon et les boutiques européennes, sans que le constructeur coréen ne justifie publiquement cette décision. Des médias comme PCMag, The Verge, Kotaku, Notebookcheck ou PCWorld parlent d’une « apocalypse RAM » qui frappe de plein fouet le marché des PC portables gaming, transformant des appareils déjà onéreux en produits de luxe inaccessibles pour le grand public.
Ce coup de massue tarifaire n’est pas isolé. Il illustre notamment avec une cruauté implacable les limites de la stratégie Xbox en matière de gaming nomade. Microsoft a choisi de ne pas développer ses propres consoles portables en interne, préférant s’allier à des tiers comme ASUS pour les ROG Xbox Ally et Ally X. Résultat ? Les mêmes mécanismes de dépendance s’appliquent. Déjà , des hausses de prix ont été constatées au Japon (+30 000 yens sur l’Ally X) et en Australie (+200 AU$), tandis que des rumeurs persistantes évoquent une prochaine vague en Europe et aux États-Unis. Sarah Bond, ex-présidente d’Xbox, avait elle-même reconnu que ASUS fixait les prix finaux, dédouanant Microsoft de toute responsabilité directe – une posture qui sonne désormais comme un aveu d’impuissance.
En refusant de concevoir et de fabriquer ses propres machines nomades, à l’image de ce que Nintendo a toujours fait ou de ce que Sony avait tenté avec la PSP et la Vita, Microsoft s’expose à la volatilité des partenaires et des chaînes d’approvisionnement. Les ROG Xbox Ally, pourtant estampillées « Xbox » et intégrées à l’écosystème Game Pass, subissent les mêmes pressions inflationnistes que les Legion Go 2. Cette externalisation totale transforme une opportunité de reconquête du marché portable – dominé par la Switch 2 – en un fiasco commercial et d’image. Après les déboires répétés de la division console salon, voilà que la marque verte voit ses ambitions nomades laminées par des hausses incontrôlables qui éloignent les joueurs lambda et renforcent l’idée d’un Xbox de plus en plus élitiste et déconnecté.
Pendant ce temps, Valve avec son Steam Deck OLED reste relativement épargné grâce à une maîtrise plus grande de sa chaîne de production. En somme, cette violente montée des prix chez Lenovo n’est pas qu’une simple fluctuation de marché : elle sonne notamment comme un réquisitoire contre la dépendance excessive de Microsoft. Sans contrôle direct sur ses hardware nomades, Xbox risque de voir son écosystème portable se réduire à une niche de passionnés fortunés, creusant un peu plus le fossé avec une concurrence qui, elle, maîtrise son destin. Les joueurs attendent désormais des réponses claires… ou un miracle tarifaire qui tarde à venir.
















