Dans leur tout premier entretien en tandem, accordé à Jez Corden de Windows Central, la nouvelle CEO de Microsoft Gaming Asha Sharma et le Chief Content Officer Matt Booty dressent un bilan en demi-teinte de l’avenir Xbox, confirmant implicitement l’abandon définitif des exclusivités au profit d’une stratégie multiplateforme irréversible. Cette déclaration, qui fait suite au départ choc de Phil Spencer et Sarah Bond, soulève un tollé chez les fidèles de la marque verte, habitués à des titres phares comme Halo ou Forza réservés à leurs consoles.
Sharma, transfuge de l’IA chez Microsoft, martèle un « retour à Xbox » ancré dans l’esprit rebelle et innovant de la plateforme, mais ce mantra cache une réalité amère : « Nous continuerons à rencontrer les joueurs là où ils sont », assène-t-elle, scellant le sort des exclus temporaires ou permanentes. Booty renchérit, évoquant un apprentissage en cours sans engagement ferme : « Le plan est le plan jusqu’à ce qu’il ne le soit plus ». Autrement dit, la porte des exclusivités reste close pour l’heure, priorisant une diffusion ubiquitaire sur PS5, Switch 2 et PC via Game Pass. Sharma insiste sur la protection des investissements des fans Xbox – « des milliers de dollars en hardware et temps » –, mais avoue le besoin « d’apprendre les raisons des décisions passées », comme le virage multiplateforme qui a dilué l’identité console.
Parmi les rares lueurs d’espoir, un engagement renouvelé pour le hardware : « Xbox commence par la console », promet Sharma, teasant des annonces imminentes sur Project Magnus et une réduction des barrières pour les devs. Les studios first-party, qualifiés de « fédération créative », seront soutenus dans leurs paris « risqués », de Minecraft à Call of Duty (NDLR: c’est certain que c’est « ultra risqué », ahem…). Côté IA, un rejet catégorique du « slop » algorithmique : « Pas d’inondation d’œuvres dérivées, l’art reste fait par des humains », clame Sharma, Booty ajoutant que l’IA n’est qu’un outil subsidiaire pour coder ou debugger.
Pourtant, ces concessions masquent un cap maintenu sur le multiplateforme, au grand dam des supporters. Sur X, l’indignation déferle : @NextGenPlayer
fustige « aucune modification immédiate à la stratégie multiplateforme », tandis que @xonebros décrypte un focus sur la « valeur à vie » qui privilégie les revenus courts-terme au détriment de l’écosystème Xbox. @klobrille, fan Xbox hardcore s’il en est, note pour mieux se voiler la face que « rien n’est exclu », mais les fans y voient un écran de fumée : « Adieu aux exclus, fin de Xbox ? », tonne un thread viral. Reddit et ResetEra bruissent de désarroi, qualifiant l’interview de « léchage de pompes » pro-Xbox, Jez Corden étant taxé de complaisance.
Cette première prise de parole, loin de rassurer, accentue le schisme : Xbox, jadis forteresse hardware, s’érige en simple éditeur tiers, sacrifiant son ADN exclusif sur l’autel de la rentabilité ubiquitaire. Sharma et Booty promettent « des preuves au lieu de promesses », mais les gamers, échaudés par des années de gabegie, pleurent un géant déchu. L’horizon s’assombrit : sans exclus pour doper les ventes Series X/S, la marque risque l’agonie. Les annonces hardware tant attendues devront être tonitruantes pour inverser la vapeur.
















