Après les tranchées de Verdun, les plaines de Tannenberg et les parois d’Isonzo, BlackMill Games pousse sa WW1 Game Series hors d’Europe. Sorti le 20 août 2026 sur PC (Steam, Epic, Microsoft Store), PlayStation 5 et Xbox Series, Gallipoli se monnaie 29,99 € et propose du crossplay ainsi qu’un remplissage éventuel par bots. Le studio néerlandais, éditeur de ses propres jeux depuis 2015, reconstitue les débarquements des Dardanelles et, plus largement, les fronts ottomans jusqu’en Mésopotamie. Dix classes historiques, des parties en 25 contre 25, un mode unique baptisé Expedition : le quatrième volet tient-il la promesse d’un FPS de niche devenu quasiment AAA ? Et bien venez le découvrir dans mon test complet.
Il n’y a pas de campagne solo à raconter chapitre par chapitre dans Gallipoli. Non, l’histoire se joue ici dans la poussière des cartes multijoueurs : Anzac Cove vue depuis la plage, Seddülbahir, le Sinaï, les approches de Kut. On y incarne soit l’Empire britannique et ses contingents, soit l’Empire ottoman, et chaque partie rejoue la même logique cruelle qu’en 1915 : prendre une crique, tenir une crête, avancer tant que l’élan tient. Le studio a travaillé avec un historien de la Grande Guerre ; les uniformes, les fusils, jusqu’aux étiquettes des grenades artisanales visent le documentaire plus que le spectacle. Le récit n’est donc pas un enchaînement de cutscenes, c’est le terrain qui raconte l’échec allié et la défense ottomane, sans transformer Gallipoli en parade patriotique.
Le mode Expedition remplace ici les structures de front d’Isonzo par une affaire de momentum. Attaquer vite et proprement ouvre la phase suivante en meilleure posture ; s’enliser coûte cher et laisse les défenseurs se recroqueviller. Les objectifs se mélangent d’une manche à l’autre, ce qui oblige à relire la carte plutôt qu’à recracher un itinéraire appris. Les dix classes (officier, fusilier, ingénieur, mitrailleur lourd inédit, artificier saturé de grenades, brancardier, etc…) forcent le jeu d’équipe : un officier qui ne donne aucun ordre, une mitrailleuse mal posée, et la vague s’étouffe dans le sable. Les balles ont désormais un temps de vol et une chute, les armes ne se valent plus au feeling. On ne sprinte pas non plus comme dans un jeu d’arcade contemporain ; on avance en section, on se plaque, on attend que la poussière retombe.
Ce rythme a un prix. Cinq cartes au lancement, c’est peu pour un jeu multijoueur à 30 euros, même si Kut Al Amara a été promis en gratuit et qu’un second pack « Expedition » se vend à part. Les serveurs se remplissent grâce aux bots, ce qui sauve les soirées creuses mais rappelle que le pic Steam est resté modeste. Sur PC, le gunplay retravaillé est le vrai saut par rapport à Isonzo ; encore faut-il une machine qui tienne le HDRP d’Unity 6, car les chutes de fluidité ont émaillé les premiers jours. Quand la partie est pleine et que la vague déboule d’Anzac Cove vers les pentes, pourtant, on comprend pourquoi la presse anglo-saxonne a parlé d’un petit AAA : la plage paraît hostile autant que les défenseurs.
Visuellement, le passage au High Definition Render Pipeline change la donne : densité des textures, chaleur du sable, poussière qui mange la visée, collines d’Anzac qui écrasent le regard depuis les chalands forcent le respect. Ce n’est bien entendu pas Battlefield, mais pour une équipe d’une quinzaine de personnes, le saut depuis Isonzo est net. Petit mot pour la version Steam Deck qui tourne un peu comme elle peut, reste jouable, mais nécessitera assurément une optimisation pour convaincre sur le long terme.
La bande-son fait le reste : claquements de Lee-Enfield et de Mauser, plaintes, ordres secs, et un doublage turc côté ottoman qui ancre le théâtre autrement que les cris anglais recyclés. La musique reste discrète, faisant plus tapisserie que fanfare, ce qui convient néanmoins à une guerre d’épuisement. Reste que la technique a demandé un hotfix dès la fin août : le spectacle visuel et sonore tient la distance, mais le framerate, lui, n’est pas toujours à la hauteur.
Gallipoli : Trailer PC !
Note N-Gamz : 14,5/20
Gallipoli ne réiinvente pas le FPS historique : il affine dix ans de recettes BlackMill et les pose sur le seul front que presque personne n’osait toucher ! Le momentum d’Expedition, les classes utiles, les cartes de crique et de désert, le son et le HDRP justifient largement le tarif réduit. Malheureusement, un lancement un peu chiche en termes de contenu et d’optimisation avec seulement cinq maps et des saccades sur PC, ainsi qu’un seul mode unique qui, à la longue, répète ses assauts, ternissent le tableau. Néanmoins, pour qui a aimé Isonzo et veut enfin débarquer sur les côtés plutôt que de grimper les Alpes, c’est sans le meilleur épisode de la série WW1 Game Series. Pour qui cherche de quoi s’occuper des soiréess entières sans bots, il faudra attendre que les expéditions suivantes étoffent un peu le front. Et pour les gamers qui souhaitent y jouer confortablement installés dans leur canapé, Steam Deck dans les mains, un petit effort d’optimisation s’avérera nécessaire. Espérons donc que BlackMill suive assidument les retours sur son bébé histoire de lui donner toute l’ampleur et le succès qu’il mérite !
📊 LE VERDICT N-GAMZ
🟢 Les Points Positifs
- Débarquements et cartes ottomanes enfin traités avec sérieux
- Mode Expedition et momentum qui forcent l’initiative
- Dix classes lisibles
- Gunplay et ballistique finement retravaillés
- Saut visuel HDRP Unity 6
- Ambiance sonore convaincante
- Crossplay
- Prix contenu
🔴 Les Points Négatifs
- Seulement cinq cartes au lancement
- Un seul mode de jeu
- Fluidité PC encore inégale
- Population limitée hors heures de pointe et remplacée par des bots
- Version Steam Deck jouable certes, mais à optimiser.




