Il aura fallu treize ans, cinq extensions et un bon millier de quêtes pour que Square Enix accepte enfin de glisser Eorzea dans une console Nintendo en lançant non pas un titre solo, mais bien un MMO avec Final Fantasy XIV ! Développé et édité à Shinjuku sous la houlette de Naoki Yoshida, le titre est arrivé le 4 août dernier sur Switch 2, après avoir longtemps vécu sur PC, PlayStation puis Xbox Series. On retrouve donc une Starter Edition, qui embarque le jeu de base ainsi que les extensions Heavensward, Stormblood et Shadowbringers, pour un tarif de se négocie autour de 15 Euros. La Complete Edition, qui poursuit jusqu’à Dawntrail, est affichée quant à elle à 54,99€ tandis que la Complete Collector’s Edition est tarifée à 110€ et comprend en prime les objets bonus de chaque extension. Toutes offrent un mois de jeu. L’essai gratuit, de son côté, conduit jusqu’à Shadowbringers sans rien débourser, à condition d’avoir quelque 117 gigaoctets de libre ! Et oui, Eorza va vous flinguer quasiment la moitié de votre stockage interne, alors on vous recommande une carte micro-sd en prime ! Par contre, vient l’abonnement, obligatoire… et surtout distinct de celui des autres plateformes ! En effet, on le paie en FFXIV Coins sur l’eShop, moitié prix seulement si l’on est déjà abonné ailleurs, alors qu’il aurait été préférable de n’avoir qu’un seul type d’abonnement pour tous les supports. Fort heureusement, le Nintendo Switch Online n’est pas exigé. Reste maintenant à savoir si cette Eorzea de poche tient vraiment la route, ou si elle n’est qu’un compromis de plus dans la poche d’une console hybride. La réponse dans mon test complet sur Switch 2 !
On n’ouvre pas Final Fantasy XIV comme un roman que l’on referme le dimanche soir. Non, on y emménage, on le respire, on le vit durant des centaines d’heures et on savoure son récit qui débute après le cataclysme engendré par Bahamut et qui a signé la fin de la première mouture du soft. C’est ainsi que l’on se retrouve dans « A Realm Reborn », en tant que Guerrier de la Lumière sans visage dans un Hydaelyn encore meurtri. Le temps de faire ses armes pour qu’ensuite les extensions déroulent un feuilleton d’une ampleur rare devant nos yeux. Heavensward hisse ainsi le récit vers Ishgard, ses dragons et son hérésie, tandis que Stormblood libère Ala Mhigo et Doma. Shadowbringers, quant à lui, bascule tout le mythe pour qu’ensuite Endwalker puisse clôre le cycle des Asciens. Dawntrail, enfin, ouvre Tural, un continent neuf, plus lumineux, parfois plus posé.
Le ton glisse ainsi du pastiche héroïque à la tragédie intime sans jamais abandonner l’humour de taverne ni les clins d’œil à quarante ans de licence. Grâce au Duty Support, une grande partie de cette chronique se traverse désormais sans groupe. Sur une console hybride comme la Switch 2, ce détail change totalement la nature du jeu : l’histoire n’attend plus trois inconnus dans une file. Ce n’est pas un scénario compact. C’est une mémoire collective de centaines d’heures, parfois bavarde, souvent splendide, qui justifie à elle seule que l’on emporte Eorzea dans un sac.
Sous le capot, FF XIV demeure un MMO basé sur les jobs. On change de classe chez un maître, on empile les raccourcis, on apprend à lire les auréoles au sol avant qu’elles ne brûlent. Tank, soigneur, attaquant de mêlée, de distance ou de magie : la boucle combat, donjon, essai, raid n’a pas été amputée. Square Enix a pensé sa jouabilité pour la manette et les gâchettes et boutons sont bien utilisés tandis que l’écran tactile dépanne pour le chat et les menus. Entre deux devoirs instanciés, on pêche, on cuisine, on habille son avatar, on range des meubles dans une maison libre. Quatre joueurs dans un donjon, huit dans un essai, vingt-quatre dans une Alliance : le vocabulaire n’a pas changé. Ce qui change par contre, c’est l’endroit où l’on joue. Une file d’attente se lance dans le canapé. Le boss tombe dans le lit. La machine de Nintendo ne réinvente pas le combat. Elle lui offre une géographie nouvelle.
Le piège, c’est le rythme. Final Fantasy XIV n’est pas un action-RPG nerveux. Les rotations de haut niveau demandent de la lecture, une image stable, parfois un second écran d’informations. Sur Switch 2, le contenu du voyageur — quêtes, donjons, essais, artisanat, logement — passe avec une aisance presque déconcertante. Les raids d’Alliance et les places bondées, Limsa Lominsa à l’heure de pointe, rappellent en revanche que l’on n’est pas devant un PC. Les vétérans déjà installés ailleurs paieront un second abonnement, même soldé. Les nouveaux venus, eux, tiennent le plus beau billet d’entrée de la licence : un essai qui va loin, un récit accompagné, un monde qui n’en finit plus de se déployer. On ne termine pas FF XIV. On y revient sans cesse sur une console que l’on glisse dans un sac.
Niveau technique, Yoshida visait trente images stables par seconde en ville. C’est, dans l’ensemble, ce que l’on obtient. Branchée à un téléviseur, la version plafonne autour du Full HD et recule d’un cran face à une PS5 en 1440p ou en 4K : feuillages plus sages, ombres moins bavardes, un peu d’aliasing. En portable, la baisse de définition se fond dans l’écran et l’expérience gagne en cohérence. Les missions isolées grimpent souvent vers quarante ou soixante images ; les cités bondées et les alliances de vingt-quatre retombent vers trente, parfois en dessous le temps d’une gerbe d’effets. Cerise sur le gâteau, les temps chargements sont corrects et jamais rédhibitoires.
À l’oreille enfin, Masayoshi Soken reste l’arme secrète du jeu. Les chœurs d’Ishgard, les cuivres de Shadowbringers, les thèmes de Tural n’ont pas été compressés jusqu’à l’indignité, loin de là. Les haut-parleurs de la console ne remplaceront jamais une enceinte dédiée, mais un casque rend totalement justice à l’une des plus belles partitions jamais écrites pour un monde persistant.
Final Fantasy XIV Online : Trailer Switch 2 !
Note N-Gamz : 17/20
Final Fantasy XIV sur Switch 2 n’est ni la plus belle version d’Eorzea, ni la plus fluide, ni la moins chère une fois l’abonnement doublé mais c’est sans doute, pour une large part des joueurs, la plus commode. Square Enix a tenu la promesse d’une oeuvre complète, d’A Realm Reborn à Dawntrail, sur une console hybride, avec un récit-fleuve, des jobs toujours malléables et une musique qui porte l’ensemble vers les sommets. Bien entendu, on pestera pour le confort visuel amoindri une fois la machine en mode dock, pour les villes qui patinent au niveau du framerate, pour le second abonnement même si l’on détient le jeu sur une autre plateforme et pour le poids conséquent du téléchargement mais on ne pourra bouder notre plaisir en voyant que le fond du jeu n’a pas été sacrifié, et qu’emporter Ishgard, le Premier et Tural dans un sac n’avait rien d’évident il y a encore un an. Pour le voyageur et le curieux, cette porte d’entrée façon Nintendo est peut-être devenue la meilleure. L’extension Evercold nous dira si Square Enix ose pousser la portable encore plus loin dans ses retranchements mais en l’état, Eorzea tient dans la main, et c’est déjà plus qu’incroyable !
📊 LE VERDICT N-GAMZ
🟢 Les Points Positifs
- Un client complet jusqu’à Dawntrail, avec un essai qui va jusqu’à Shadowbringers !
- Un scénario-fleuve que l’on peut désormais suivre sans dépendre d’un groupe
- La boucle des jobs, des donjons et de la vie quotidienne entièrement préservée
- Le confort d’une hybride, des chargements corrects et une autonomie convaincante
- La bande-son de Masayoshi Soken, intacte au casque
- Une prise en main manette abouti et un tactile utile.
🔴 Les Points Négatifs
- Un abonnement propre à la Switch 2, même soldé pour les déjà abonnés
- Une cible à 30 images par seconde, mise à mal dans les villes et les raids nombreux
- Un mode téléviseur trop sage face à la PS5, à la Xbox et au PC
- Une installation d’environ 117 Go.




