Le portage de Starfield sur PlayStation 5, lancé le 7 avril, connaît un démarrage très décevant. Selon les estimations publiées par Alinea Analytics, le RPG spatial de Bethesda n’aurait écoulé que 140.000 exemplaires lors de sa première semaine sur PS5 (physique et numérique confondus). Ce chiffre, relayé par VGC, Wolf’s Gaming Blog et plusieurs analystes, est largement inférieur aux attentes de Microsoft et Sony pour un titre autrefois présenté comme l’un des fleurons next-gen de Xbox.
Phil Spencer et Sarah Bond avaient fait de ce jeu un symbole fort de leur stratégie Xbox partout. L’ancienne présidente Xbox avait même affirmé en octobre 2025 que Starfield resterait une exclusivité console. Leur départ précipité fin février, juste avant l’officialisation du lancement de Starfield sur PS5, prend aujourd’hui des allures de fuite avant le constat d’échec. Comme l’analyse Jez Corden dans Windows Central, « la réputation de Xbox a été tellement abîmée par une décennie de promesses non tenues, de studios fermés et de jeux dilués sur toutes les plateformes que même un ancien titre flagship ne parvient plus à séduire les joueurs PlayStation ».
L’exception notable reste Forza Horizon 5, qui avait réalisé un bon démarrage sur PS5 en 2025 grâce à la popularité de la licence. Mais cet exploit isolé ne se reproduit pas avec Starfield. Les données d’Alinea Analytics montrent que le jeu peine à maintenir un pic de joueurs connectés, tandis que les retours sur les réseaux et les forums soulignent une lassitude générale face aux productions Xbox perçues comme secondaires ou « déjà vues ». De nombreux possesseurs de PS5 avouent ne pas avoir été tentés, certains parlant ouvertement de « punition pour avoir soutenu une marque qui a renié son identité pendant des années ».
Ces ventes modestes viennent nourrir les rumeurs persistantes d’un revirement stratégique chez Microsoft. Selon Jez Corden, qui cite des sources proches de la direction, des discussions internes sérieuses auraient été lancées ces dernières semaines autour d’un possible retour partiel aux exclusivités first-party sur la future console Helix. L’idée consisterait à réserver certains gros titres (Halo, Fable, un nouvel épisode de Gears) exclusivement à Helix, afin de redonner une vraie raison d’acheter du hardware Xbox. Un insider résume le sentiment général : « On a tout dilué. Aujourd’hui, plus rien n’est vraiment une Xbox. Il faut reconstruire une identité avant qu’il ne soit trop tard ».
Ce constat est d’autant plus amer que Starfield avait été présenté en 2023 comme l’argument majeur du rachat de Bethesda à 69 milliards de dollars. Après des années de promesses de « Xbox partout », Microsoft récolte aujourd’hui les fruits amers d’une stratégie qui a fini par dévaloriser à la fois le hardware et les jeux first-party. Les 140 000 unités vendues sur PS5 ne sont pas seulement un échec commercial : elles sont le symptôme d’une marque qui a perdu son aura auprès d’une grande partie des joueurs.
Avec le Projet Helix qui se profile comme une machine hybride PC-console à plus de 1 000 dollars, Microsoft semble pris entre deux feux : continuer la dilution ou tenter un retour aux sources. Les prochains mois, et notamment les annonces prévues lors du Xbox Games Showcase de juin prochain, seront décisifs. Une chose est certaine : la stratégie multiplateforme à outrance de l’ère Spencer-Bond a laissé des traces profondes.. et Starfield sur PS5 en est aujourd’hui le triste symbole.

















