À peine 48 heures après l’annonce tonitruante de sa démission comme présidente Xbox, Sarah Bond rompt le silence dans un mémo interne à ses équipes, largement relayé par la presse. Dans cette déclaration laconique, qu’elle qualifie de « chapitre clos », l’ex-cadre Microsoft se drape d’une suffisance effarante : « Je suis incroyablement fière de ce que nous avons bâti ensemble au cours de ces années ».
Une fanfaronnade qui détonne au vu du cataclysme qu’elle a contribué à orchestrer : effondrement des ventes hardware, annulations en cascade de projets phares, et dilution suicidaire des exclusivités au profit de la concurrence.
Nommée en 2024 pour « redresser la barre » après des années de gabegie sous Phil Spencer – lui-même poussé vers la sortie –, Bond n’a fait qu’accélérer la dérive. Son règne express, marqué par une stratégie « Xbox partout » obsessionnelle, a vu les studios first-party saignés à blanc : Tango Gameworks (Hi-Fi Rush), Arkane Austin (Redfall, un flop retentissant), et Alpha Dog Games rayés de la carte en 2024, privant la marque de talents et d’innovations.
Des tonnes de jeux ont été sabordés : Perfect Dark (The Initiative), Everwild (Rare), Scalebound (réanimé puis enterré), sans oublier les coupes dans Fable ou les rumeurs autour de Banjo. Starfield, vitrine next-gen, s’est essoufflé en un battement de cil, tandis que le Game Pass – la marotte de Spencer et Bond – cannibalise les marges sans booster les consoles.
Pire encore, Bond a théorisé l’abandon des exclus : Sea of Thieves, Hi-Fi Rush, Pentiment et même Indiana Jones balancés sur PS5 et Nintendo Switch, un cadeau empoisonné à Sony et Nintendo qui raflent les charts. Résultat ? Les Series X/S s’écoulent au ralenti (moins de 30 millions contre 70 pour la PS5), les revenus Gaming chutent de 10 % au T4 2025, et Xbox n’est plus qu’un écho PC/cloud.
Dans son épanchement narcissique, Bond vante un « héritage durable », omettant le naufrage : rachats hasardeux comme Activision Blizzard (69 milliards, un gouffre), échecs live-service (Redfall), et une marque Xbox laminée, reléguée à 20 % de parts mondiales. IGN qualifie cela de « silence brisé par l’orgueil » ; Forbes pointe une « restructuration forcée » masquant l’échec.
Les réactions fusent, acides. Sur les forums, « fière d’avoir coulé le navire ? » ; des vétérans comme ceux cités par IGN expriment stupeur et soulagement. Son départ, pile après Spencer, pue le purge interne orchestré par Satya Nadella, las des dérapages. Asha Sharma, novice de l’IA parachutée CEO, hérite d’un champ de ruines – Project Magnus en sursis, hardware en péril.
Cette « fierté » insolente illustre l’aveuglement des architectes du déclin Xbox : une décennie de mirages multiplateformes a transformé un titan en faire-valoir. Bond s’en va la tête haute, laissant un sillage de désillusions. L’industrie retient son souffle : pourra-t-on un jour rebâtir sur ces décombres ?
















