Dans un coup de théâtre qui ravira les aficionados des jeux vidéo et de leurs adaptations télévisuelles, HBO a annoncé le développement d’une série dramatique basée sur la franchise Baldur’s Gate, avec Craig Mazin, co-créateur de la série acclamée The Last of Us, à la barre en tant que showrunner, scénariste et producteur exécutif.
Ce projet, fruit d’une collaboration avec Hasbro Entertainment, vise à prolonger directement l’histoire du jeu mythique Baldur’s Gate 3, développé par Larian Studios, en explorant les conséquences des événements du titre original. La nouvelle a été révélée par des sources exclusives comme Deadline et Variety, confirmant que la série introduira à la fois des personnages familiers et de nouveaux protagonistes, tout en s’inscrivant dans l’univers de Dungeons & Dragons.
Craig Mazin, déjà salué pour son travail sur Chernobyl (2019), une minisérie historique qui a raflé de nombreux Emmys, et pour l’adaptation post-apocalyptique de The Last of Us (enfin pour la première saison parce que la seconde, ahem…) apporte une expertise indéniable en matière de récits immersifs et de mondes complexes.
Francesca Orsi, vice-présidente exécutive de la programmation dramatique chez HBO, a exprimé son enthousiasme dans une déclaration rapportée par ESPN, soulignant la passion de Mazin pour le matériau source et sa capacité à construire des univers captivants peuplés de personnages nuancés.
Le projet, encore au stade de développement, promet une intrigue se déroulant immédiatement après les événements de Baldur’s Gate 3, où les héros – anciens et inédits – affronteront les répercussions d’une quête épique marquée par des choix moraux ambigus et des alliances précaires. Cependant, cette annonce suscite autant d’excitation que de scepticisme au sein de la communauté des joueurs et des critiques. Premièrement, l’absence totale d’implication de Larian Studios, le studio belge derrière le succès phénoménal de Baldur’s Gate 3, soulève des interrogations légitimes sur la fidélité au matériau original.
Swen Vincke, PDG de Larian, a confirmé sur les réseaux sociaux que ni les scénaristes ni l’équipe créative du jeu ne participent au projet, bien que Mazin ait contacté le studio pour des discussions informelles. Larian, qui a annoncé en 2024 son départ de la franchise pour se concentrer sur ses propres IP comme Divinity, laisse ainsi le champ libre à HBO et Hasbro, propriétaires de Wizards of the Coast.
Des observateurs comme ceux de IGN et Gizmodo estiment que cette déconnexion pourrait diluer l’essence du jeu, qui repose sur une interactivité profonde et des narrations personnalisées. En effet, Baldur’s Gate 3 est célèbre pour ses milliers de variations de fins – précisément 17 000 permutations selon les déclarations de Larian avant sa sortie en 2023. Ces dénouements dépendent d’une myriade de choix : alliances avec des compagnons comme Astarion ou Shadowheart, décisions morales concernant des factions, et même des éléments aléatoires inspirés de Dungeons & Dragons.
Adam Smith, scénariste principal du jeu, a expliqué que ces variations ne sont pas de simples bifurcations finales, mais des combinaisons exponentielles de variables tout au long de l’aventure. Or, une série télévisée linéaire impose inévitablement un canon unique, forçant Mazin à choisir une « fin officielle » parmi ces innombrables possibilités. Des analystes comme ceux de Kotaku et IGN soulignent l’impossibilité de capturer cette diversité, risquant de frustrer les fans qui chérissent leur expérience personnelle. « Qui voudrait une suite à son Baldur’s Gate 3, pas à celui de Craig Mazin ? », interroge un éditorial d’IGN.
Les doutes s’étendent également au casting, un domaine où Mazin a déjà essuyé des critiques virulentes lors de The Last of Us. Bella Ramsey, choisie pour incarner Ellie, a été vilipendée pour son apparence jugée « non conventionnelle » et éloignée du modèle du jeu vidéo, certains fans la qualifiant de « ruine » pour la série. De même, Kaitlyn Dever en Abby a suscité l’ire pour son physique jugé insuffisamment musclé par rapport au personnage du jeu, qui symbolise une force physique et émotionnelle transformative.
Ces controverses, amplifiées sur Reddit et YouTube, révèlent un sexisme latent et une obsession pour la fidélité physique, mais elles mettent aussi en lumière les défis d’adapter des icônes virtuelles à l’écran. Pour Baldur’s Gate, où les personnages comme Karlach ou Lae’zel incarnent une diversité corporelle et narrative, un casting mal inspiré pourrait aliéner la base de fans.
Malgré ces réserves, l’engouement est palpable sur les réseaux, avec des posts sur X (anciennement Twitter) imaginant des castings fantaisistes pour des figures comme Withers ou des mèmes célébrant l’arrivée d’une « série horny » sur HBO. Des sites comme Game Informer et Esquire soulignent le potentiel d’une adaptation ambitieuse, mais insistent sur l’importance de respecter l’héritage ludique.
Reste à voir si Mazin, avec son bagage éclectique allant des comédies comme Scary Movie 3 aux drames intenses, parviendra à transcender ces obstacles pour offrir une œuvre à la hauteur de l’original.
Pour l’heure, le projet reste enveloppé de mystère, mais il pourrait bien redéfinir les adaptations de jeux vidéo – ou trébucher sur les pièges de l’ambition narrative.
















