Le studio polonais Bloober Team, acclamé pour son remake magistral de Silent Hill 2 et en pleine effervescence créative avec sept projets en développement, vient de raviver l’hystérie collective des fans d’horreur psychologique. Le mystérieux site https://remosdneulserorehsoovamceyerd.com/, lancé fin décembre 2025 avec un compte à rebours cryptique s’achevant le 14 février 2026, a subi une mise à jour aussi subtile qu’oppressante.
Désormais, l’interface, noyée dans un fond texturé évoquant des murs suintants de pourriture et de ténèbres rougeoyantes, arbore un logo central : une rose écarlate, aux pétales tourmentés et dégoulinants, comme gangrénée par une malignité invisible. Ce motif floral, stylisé avec une élégance gothique et menaçante, surplombe la phrase énigmatique répétée en boucle : « Some things never leave the walls. They only learn to wait. » (traduction : « Certaines choses ne quittent jamais les murs. Elles n’apprennent qu’à attendre. »). Un bouton play invite à l’immersion auditive, déclenchant une récitation grave et monocorde d’un poème de William Blake, The Sick Rose (1794) :
« O Rose thou art sick.
The invisible worm,
That flies in the night
In the howling storm: Has found out thy bed
Of crimson joy:
And his dark secret love
Does thy life destroy. »
En français : « Ô Rose, tu es malade ! / Le ver invisible, / Qui vole la nuit, / Dans la tempête hurlante, / A trouvé ton lit / Ô joie cramoisie ; / Et son amour secret et sombre / Détruit ta vie. ».
Cette incantation romantique sombre, symbolisant la corruption insidieuse de l’innocence par un désir destructeur tapi dans l’ombre, résonne comme un présage funeste. L’audio, enregistré d’une voix masculine éraillée et solennelle, amplifie l’atmosphère claustrophobe : un souffle rauque, des échos caverneux, évoquant un murmure venu des entrailles d’un asile abandonné. Le compte à rebours, affiché en chiffres digitaux rouge sang (17 jours, 7 heures restantes au moment de la mise à jour), tic-tac comme une sentence inexorable.
L’anagramme du domaine – potentiellement « Remove your old dreams, chosen seer » (« Effacez vos anciens rêves, voyant élu ») ou « She’s calm. No remorse over your deed » (« Elle est calme. Aucun remords pour ton acte ») – alimente les théories délirantes. Mais c’est le logo de la rose qui cristallise les soupçons : il évoque irrésistiblement Rule of Rose, le survival horror controversé de 2006 sur PlayStation 2, développé par Punchline et édité par Sony (et Atlus aux USA).
Dans ce chef-d’œuvre maudit, banni au Royaume-Uni pour sa violence crue envers l’enfance, la protagoniste Jennifer navigue un univers de cruauté infantile à bord du dirigeable Aristocracy, régi par l’« Aristocratie de la Rose Rouge ». Les roses – rouges pour la tyrannie de la leader sadique, blanches pour la pureté souillée – sont omniprésentes, métaphores d’une innocence violée par des jeux macabres, des sacrifices et une répression sociétale.
Les parallèles sont frappants : la rose blakienne, rongée par le ver nocturne, miroir parfait de la déchéance morale des enfants de Rule of Rose, piégés dans des « murs » (l’airship, les orphelinats hantés) où l’horreur attend patiemment son heure. Bloober, maître des ambiances psychédéliques (Layers of Fear, The Medium), excelle dans les remakes fidèles et modernisés – succès de SH2 oblige. Des articles spéculent déjà sur un tel projet, listant Rule of Rose parmi les pépites PS2 à ressusciter par le studio. Le CEO de Bloober a teasé un « projet massif » excitant, coïncidant avec les rumeurs d’un SH1 remake, mais la rose maladive penche vers ce joyau oublié.
Sur X, l’effervescence est palpable : captures d’écran du site pululent, théories fusent (Rule of Rose ? White Day ? Un IP original ?). Le 14 février, jour de l’amour destructeur, révélera-t-il un remake qui ressuscitera cette perle censurée, saignant de symbolisme freudien et d’épouvante viscérale ? Bloober Team, artisans de l’effroi latent, nous maintient en apnée. Patience… ou terreur différée.

















