Review
Saborus, ciselé par High Room Studio et diffusé par QUByte Interactive sur PlayStation 5 Pro, PS5, PS4, Xbox Series, Xbox One, Switch et PC via Steam, prend la forme d’un survival-horror atypique à la troisième personne puisqu’il inverse les rôles : vous incarnez un poulet vaillant fuyant les abattoirs infernaux d’une usine agro-industrielle, rien que ça ! À une trentaine d’euros, il promet 5 heures de tension viscérale pour un public friand de concepts osés. Mais ce pitch de départ tient-il la route sur le long terme ? La réponse dans mon test complet sur PS5 Pro !
Par ici, petit, petit…
Dans les entrailles d’un abattoir impitoyable, vous êtes un poulet réchappé, traqué par des machines monstrueuses et des employés sadiques. L’intrigue, minimaliste et satirique, dénonce l’industrie agroalimentaire via une fuite désespérée : esquivez hachoirs géants, crochets sanglants et drones assassins pour regagner la liberté.
Émaillée de notes laconiques et de cutscenes rudimentaires, elle cultive une horreur viscérale mâtinée d’humour noir absurde, sans twist sophistiqué mais avec une charge critique acerbe sur l’exploitation animale.
Metal Gear Chicken ?
La mécanique centrale repose sur une furtivité tendue à la troisième personne : rampez dans conduits étroits, distrayez les gardiens via des interactions limitées (caqueter, picorer des objets), et fuyez en mode survie frénétique quand vous êtes repéré. Les niveaux labyrinthiques, truffés de pièges mortels (lames rotatives, convoyeurs gluants), récompensent l’observation et le timing précis, avec une santé fragile et des checkpoints clairsemés pour une pression constante. L’arsenal rudimentaire (œufs lancés, plumes pour distraire) confère une vulnérabilité palpable, amplifiant l’angoisse.
La progression linéaire culmine en boss bien WTF (abatteuse automate, rat géant muté), mais pâtit d’une répétitivité criante : retour en arrière et scripts rigides. Exclusivement solo, le jeu manque de variété, rendant les 5 heures qu’il vous faudra pour le terminer parfois laborieuses malgré l’originalité du pitch.
Une réalisation en dent de « poulet »
Sur PS5 Pro, Saborus oscille entre fulgurances et ratés : le mode Performance cible 4K à 60 ips, mais chutes à 30 ips en poursuites intenses, tandis que le popping de textures et les bugs de collision récurrents plombent l’immersion. L’éclairage oppressant et le côté gore organique impressionnent, mais les modèles en low-poly et les animations saccadées trahissent un budget modeste.
Enfin, la partition industrielle grinçante (scies stridentes, gouttes viscérales) cultive l’effroi, mais se voit hélas minée par un doublage IA risible et un mixage brouillon entre les musiques et les bruitages.
Saborus : Trailer
Note N-Gamz : 11/20
Saborus sur PS5 Pro séduit par son audace conceptuelle : furtivité aux commandes d’un poulet dans abattoir infernal, mais aussi par son horreur viscérale satirique, portée par une ambiance plutôt claustrophobique. Pourtant, glitches galopants, écriture low cost, modèles 3D un peu cheap et rythme inégal en font un ovni plutôt bancal au final. À 30 €, ce délire indé a donc de quoi diviser : friandise gore pour les amateurs d’expériences bizarres, mais déception pour qui recherche un titre bien fini, d’où la note pour ce qui a tout d’un beau potentiel malheureusement gaspillé.
















