La saga Hell Let Loose a posé ses sacs en Normandie en 2019. Sept ans plus tard, Expression Games, sous l’aile de Team17, déplace le mythique FPS en 50 contre 50 vers l’Indochine avec Hell Let Loose Vietnam, jeu à part entière et non simple extension. Lancé le 13 août dernier sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series après un léger report de juin, le titre se tarifie 39,99 € et propose quatre modes multijoueurs et six cartes au lancement. Le studio britannique nous promet la même guerre de communication que l’épisode Seconde Guerre mondiale, cette fois greffée à la jungle. Cette revisite du conflit historique tient-elle vraiment la route ? Et bien venez le découvrir dans mon test complet sur PS5 Pro !
Il n’y a pas de campagne solo à raconter comme un film dans Hell Let Loose. Non, ici l’histoire se joue à cent joueurs sur Thanh Hoa Bridge, les abords de Hué, Van Tuong, Quang Ngai, Dak To et Cam Ranh. On est GI américain ou soldat de l’Armée populaire, et chaque partie reconstitue la même logique que le conflit réel : une force qui arrive par les airs et l’eau, une autre qui disparaît sous le feuillage et dans les galeries. Le studio a multiplié les détails d’époque — radio, charges, pirogues, collines éventrées — sans prétendre à un documentaire universitaire. Quand une section américaine débouche d’un Huey au-dessus d’une rizière et qu’une équipe vietcong émerge d’un boyau, le récit n’a plus besoin de cutscene : il tient dans le fracas du bruit des armes et dans le silence pesant qui suit.
Le gameplay reste celui d’un Hell Let Loose : on ne gagne pas en courant comme un loup solitaire. Officiers, chefs d’escouade, mitrailleurs, sapeurs, éclaireurs doivent se parler, poser des avant-postes, tenir un secteur plutôt qu’une killstreak. Les deux nouveautés de cet opus changent vraiment le tempo. Les hélicos américains compressent la carte et exposent ceux qui les prennent trop tôt ; les tunnels vietnamiens permettent de réapparaître là où l’ennemi ne regarde pas. Quatre modes, dont deux inédits, évitent de recoller uniquement le Warfare de 2019. Quand le canal vocal fonctionne et que chacun joue sa classe, les assauts sur le pont de Thanh Hoa ou les faubourgs de Hué ont une densité que Battlefield n’offre plus souvent. On avance vingt mètres, on se plaque, on attend que l’artillerie passe.
Le revers est connu de la licence et le Vietnam l’aggrave. Sans communications, la partie bascule en chasse au sniper dans les frondaisons, interminable et frustrante. Six cartes seulement, contre une vingtaine pour l’épisode original après des années de service, ça se sent au bout de quelques soirs, même si chacune varie rizières, delta, piste et port. Le rythme lent épuise qui vient chercher du spectacle immédiat. Expression Games a retardé le jeu et l’a retravaillé après les bêtas certes, mais il reste des aspérités de live service naissant : mixage sonore capricieux, VoIP qui lâche, sensation que certaines zones de jungle sont encore trop « plates » une fois la première surprise passée. On récolte ce que l’on sème : une section disciplinée vit un très grand FPS tactique, une escouade qui ne communique pas se contente de marcher longtemps, l’arme à la main, sans jamais vraiment entrer dans le feu de l’action.
Sur PS5 Pro, Expression Games a confirmé un usage de hautes capacités de la machine : cible à 60 images par seconde, résolution dynamique et PSSR annoncé en mise à jour gratuite après le lancement. Dans la végétation dense de l’Unreal Engine 5, la Pro tient mieux le cap que la PS5 de base quand les 100 joueurs, la fumée et les pales s’accumulent. L’image reste parfois un peu douce, le feuillage manque de détail à distance, mais le cadre est plus stable qu’au temps des bêtas.
La bande-son fait le gros du travail d’immersion : rotor qui s’approche avant même que l’appareil soit visible, rafales de M16 et AK, radio qui grésille, pluie tapotant sur les feuillages. Quand le mixage se tient, c’est l’une des plus justes reconstitutions auditives du théâtre vietnamien depuis longtemps. Quand il se décale, les voix de section se noient et le jeu perd la moitié de son intérêt.
Hell Let Loose : Trailer PC !
Note N-Gamz : 15/20
Hell Let Loose Vietnam n’est pas un meilleur Hell Let Loose que l’original trop nourri par les années. C’est un très bon FPS sur le Vietnam, environnement rare sur console, qui justifie ses 40 euros dès que l’escouade parle et que le Huey rase la canopée. La note s’arrête à quinze parce que le lancement reste étroit (six cartes, finition inégale, parties qui s’écroulent sans communication) et parce que la version PS5 Pro, si elle fluidifie le tableau, n’efface pas les limites du contenu. Pour qui accepte de jouer comme un soldat plutôt que comme une miniature de Rambo, les soirs où tout s’aligne restent parmi les plus marquants du genre cette année !
📊 LE VERDICT N-GAMZ
🟢 Les Points Positifs
- Guerre d’escouade toujours exigeante et gratifiante
- Hélicoptères et tunnels qui transforment vraiment le front
- Cartes variées (pont, Hué, piste, port) malgré leur nombre limité
- Ambiance sonore et densité de jungle quand le mixage tient
- PS5 Pro plus à l’aise pour viser les 60 images par seconde
🔴 Les Points Négatifs
- Seulement six cartes au lancement
- Parties sans comms vite pénibles
- Finition et VoIP encore instables
- Moins de fond que le Hell Let Loose original
- Image parfois un peu molle dans le feuillage lointain




