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Sword Art Online, le light novel ultra connu de Reki Kawahara, fait également les beaux jours des amoureux d’anime, de manga et plus récemment de jeux vidéo. En effet, les aventures virtuelles de Kirito et ses amis, coincés dans un MMORPG où la défaite est synonyme de mort dans le monde réel, ont récemment envahi la Vita, puis la PlayStation 4 avec un « faux » MMORPG très sympathique : Hollow Fragment. Si cet opus se permettait de sacrées largesses par rapport au script de Kawahara, sa  suite, intitulée Lost Song, va encore plus loin en réécrivant tout un arc scénaristique pour en faire une simple… mise à jour de SAO! De quoi perdre les fans pour mieux les retrouver ?

Réalité alternative?

L'histoire de SAO totalement réinventée? C'est possible avec Lost Song!

L’histoire de SAO totalement réinventée? C’est possible avec Lost Song!

Sword Art Online, un MMORPG en réalité virtuelle, s’est révélé être en piège mis en place par son créateur pour enfermer en son sein plus de 10.000 joueurs, condamnés à terminer les 100 étages de l’Aincrad, le monde du soft, pour pouvoir sortir du programme. Gros soucis : une mort ingame équivalait à perdre la vie dans le monde réel ! Heureusement, un beta-testeur chevronné, Kirito (Kazuto irl) est parvenu à vaincre le concepteur fou, Akihiko Kayaba, au 75 ème niveau, libérant ainsi les 6000 gamers encore en vie après plus de deux ans d’emprisonnement virtuel. Ça, c’est le scénario inventé par Reki Kawahara, que tout le monde connaît, et qui a vu naître une suite dans laquelle Kirito tentait de libérer son grand amour, Asuna, des griffes d’un autre MMO : Alfheim Online.

Le scénario se raconte principalement via ces séquences de dialogues façon Visual Novel

Le scénario se raconte principalement via ces séquences de dialogues façon Visual Novel

Hors, Bandai Namco n’a pas envie de faire une simple adaptation là où les mangas et les divers animes s’en contentent. Ainsi, l’année passée a vu naître SAO Hollow Fragment sur PS Vita (puis PS4), qui prenait comme postulat de départ que le jeu avait continué à tourner après la défaite de son créateur et que Kirito allait devoir atteindre le 100ème étage de l’Aincrad pour libérer les malheureux joueurs, ce qu’il fit. Histoire de rester en accord avec cette réalité alternative, le développeur a décidé de continuer sur sa lancée pour son Lost Song et de faire d’Alfheim Online non pas un nouveau VRMMORPG comme prévu par Kawahara, mais seulement une mise à jour de SAO autorisant le vol (aérien, pas le larcin of course). Du coup, les fans de la première heure risquent de se montrer déçu de voir des twists scénaristiques intéressants comme la relation d’amour « incestueux » à sens unique entre Kirito et Leafa, passer carrément à la trappe ici. On les comprend mais qu’ils se rassurent, les dialogues assureront grandement leur mission de fan service… au point que les néophytes de la franchise pourraient bien se retrouver perdus.

One Piece X SAO ?

Les combats proposent pas mal de possibilités d'attaque... mais on a tendance à s'emmêler les pinceaux

Les combats proposent pas mal de possibilités d’attaque… mais on a tendance à s’emmêler les pinceaux

Si Hollow Fragment s’appréhendait clairement comme un faux MMORPG, autant dire que Lost Song change radicalement la donne puisqu’en plus de proposer une pseudo-liberté avec la capacité de voler quand on le souhaite, il se joue comme un Action-RPG à tendance Mûsou, un peu comme les récentes itérations de One Piece en jeu vidéo, avec des combats de masse et des boss gigantesques. Niveau gameplay, il est assez ardu à prendre en main au départ. En effet, la touche R1 est attribuée à un peu trop de commandes et demandera donc pas mal de pratique pour pleinement en profiter. Explications.

Dès le départ, votre personnage peut opter pour deux positions : arme rentrée ou sortie. Dans le premier cas, carré et triangle servent respectivement aux attaques rapides mais faibles et aux assauts violents mais plus lents, ces derniers entamant votre barre d’endurance. Si vous laissez appuyer R1 dans ce mode vous pourrez envoyer des coups spéciaux surpuissants en martelant les boutons (jusqu’à 6), à définir au préalable dans différents arbres de compétences, et qui coûtent des PM. Dans le second cas de figure, à savoir l’arme rentrée, carré et triangle servent aux magies, qui consomment également des PM et sont de plusieurs types comme eau, feu ou encore soin et invocation de familier. A ce niveau, la touche R1 sera utilisée pour parer ou dasher histoire de contre-attaquer. Du coup, avec toutes ces combinaisons et ces positions « arme on/off », on peut facilement paniquer en pleine rixe et faire tout le contraire de ce qu’on souhaitait.

Le vol est clairement l'une des grosses nouveautés de ce Lost Song... dommage que la caméra ait du mal à suivre

Le vol est clairement l’une des grosses nouveautés de ce Lost Song… dommage que la caméra ait du mal à suivre

Hormis ce gameplay plus orienté action que Hollow Fragment, la grande nouveauté de Lost Song est très clairement le vol. Il existe sous deux phases : la première, libre, permet de se déplacer à grande vitesse où l’on veut en gardant appuyé R1. Idéal pour atteindre les nombreuses îles flottantes, certes, mais entamant très vite votre jauge d’endurance. La seconde phase est celle du vol stationnaire ; elle permet d’attaquer plus facilement les ennemis aériens et de changer votre altitude avec précision via la touche de saut. On vous l’avoue, au début, le mode vol peut parfois paraître un peu «  incontrôlable » à cause d’une caméra qui a tendance à tourner dans tous les sens lorsqu’on veut faire changer de direction son personnage ou quand on cible un ennemi avec L1.

Un aspect RPG bien présent

L'aspect RPG passe par un loot omniprésent et des pouvoirs à acquérir sur divers arbres de compétence

L’aspect RPG passe par un loot omniprésent et des pouvoirs à acquérir sur divers arbres de compétence

Chaque héros de SAO possède ses skills propres à acquérir en montant de niveau et il vous sera possible d’incarner absolument tous les protagonistes principaux de la saga (et même de créer le vôtre, bien que l’éditeur soit limité). Ainsi, certains peuvent utiliser un familier, ressusciter un allié, etc… Niveau armes, c’est la même chose avec pas mal de types différents comme des haches, lances, épées ou arcs mais leur utilisation est toujours sujette aux limitations liées à vos persos. L’aspect loot, quant à lui, est bien présent et comme dit plus haut, les arbres de compétences liés aux armes sont nombreux et relativement différents. Bref, c’est plutôt complet, ça ressemble à du RPG mais la construction même des niveaux pose souci, les zones se ressemblant un peu trop (zone aérée vide, donjon linéaire, boss surpuissant puis on recommence…) et le gameplay peinant à se diversifier. Répétitif donc, avec un aspect « grind » trop prononcé qui pourra déplaire à certains.

Les armes sont plutôt nombreuses et vraiment variées

Les armes sont plutôt nombreuses et vraiment variées

Comme tout Action-RPG qui se respecte, SAO Lost Song incorpore bien entendu une ville, véritable Hub Central de l’aventure qui compte en son sein divers lieux tels qu’une auberge pour sauvegarder et sélectionner son trio de combattants, admirer la section « galerie », ranger son coffre ou encore attribuer des compétences à ses héros. On trouve également un forgeron histoire d’identifier, acheter et vendre de l’équipement mais aussi améliorer ses armes via certains composants récupérés sur les dépouilles de vos ennemis. A noter qu’il y a un pourcentage de réussite pour tout upgrade. Plus on améliore l’arme, plus il diminue, augmentant la difficulté de l’opération. Enfin, la sempiternelle taverne, bourrée de ragots et de missions annexes, répondra bien entendu présente.

Signalons également que Lost Song intègre deux types de multijoueurs. Le premier n’est autre qu’un versus et vous convie à défier un humain, ce qui rend le titre clairement intéressant en vous donnant la possibilité de mettre en pratique vos technique et surtout d’avoir un réel challenge, l’I.A. étant bien trop prévisible ingame. Le second est le mode coop, qui permet de faire équipe jusqu’à 4 pour réaliser des quêtes. Le soft en ressort bien moins linéaire et beaucoup plus fun, du coup.

Un portage PS3 mollasson

Techniquement, Lost Song est un portage fainéant de la version PS3

Techniquement, Lost Song est un portage fainéant de la version PS3

Si graphiquement, les cinématiques sont vraiment très jolies et proposent un chara-design réussi et une vraie patte artistique, une fois en jeu le constat est plus amer. Lost Song est avant tout un portage de la version PlayStation 3 nipponne et cela se ressent dans la modélisation des personnages trop basique pour de la Next-Gen, des décors trop vides et des ennemis qui ont la fâcheuse tendance de se ressembler. Fort heureusement, l’animation est fluide en toutes circonstances, ce qui n’est déjà pas si mal.

Niveau sonore, si les musiques sont clairement génériques et ne marqueront pas vos esprits, on apprécie énormément le doublage intégral en japonais (sous-titres en français) qui donne une sacrée pêche aux affrontements et permet de faire vivre un scénario raconté façon Visual Novel. Les bruitages, quant à eux, suivent les mélodies… sans surprises donc. Dommage.

Pour les fans

Sword Art Online : Lost Song, malgré son scénario alternatif qui pourra faire hurler les puristes de l’œuvre de Kawahara, est avant tout un titre destiné aux fans de la licence, avec pas mal de clins d’œil qui leur feront plaisir, c’est certain. Si le fait d’orienter un peu plus le gameplay vers l’action et les combats de masse est un pari audacieux, dans la pratique le résultat s’avère un peu bancal à cause d’une maniabilité pas facile à prendre en main au départ, et un aspect répétitif omniprésent en solo. On regrette aussi une réalisation en dent de scie issue du portage paresseux de la version PS3, mais qui a au moins le mérite de proposer une animation ultra fluide. En multi, par contre, le fun est bien au rendez-vous. Le constat est simple : si vous êtes fans de SAO et que vos amis le sont aussi… vous pouvez vous lancer sans soucis dans Lost Song !

La Bande-Annonce

Réalisation: 14/20

L’animation est fluide quoiqu’il arrive et les cinématiques, tout comme les artworks, sont vraiment réussis en proposant un chara-design accrocheur. Par contre, ingame le jeu se montre plutôt vide dans ses décors et proposent des effets spéciaux Old Gen alors qu’on est quand même sur une Play 4. De plus, la caméra a une fâcheuse tendance à faire n’importe quoi en vol ou lorsque vous ciblez un ennemi… Frustrant.

Gameplay/Scénario: 15/20

Le gameplay est plutôt complet, quoique très ardu à prendre en main au départ avec cette touche R1 servant à pas mal d’actions et de modes de déplacement différents. L’aspect RPG est bien présent, mais c’est la linéarité qui règne hélas en maître alors que le mode vol aurait dû proposer une énorme liberté justement. L’histoire, quant à elle, est assez intéressante mais deviendra vite compliquée à suivre pour ceux qui ne connaissent pas l’univers de SAO tant les références à l’œuvre de Reki Kawahara sont nombreuses.

Bande-Son: 13/20

La musique est assez simple, très générique, mais a au moins le mérite de rythmer vos parties sans fausse note. Les bruitage suivent la donne et sont loin d’être inoubliables. Par contre, le doublage japonais est excellent.

Durée de vie: 16/20

Vous pouvez compter une cinquantaine d’heures pour finir l’histoire et toutes les quêtes, ce qui est plutôt bon pour un Action-RPG. Et puis, il vous reste toujours le mode versus en multijoueurs pour augmenter la donne !

Note Globale N-Gamz.com: 14,5/20

Sword Art Online : Lost Song, malgré son histoire inédite et son accessibilité voulue au niveau du gameplay, ne plaira au final qu’aux passionnés de la saga. En effet, le scénario fourmille de références et de clins d’oeil au récit original, tandis que la jouabilité est plutôt ardue à prendre en main au départ, ce qui pourrait décourager les nouveaux venus dans l’univers de Reki Kawahara. On vous rassure, si vous franchissez le pas et persévérez, vous vous amuserez (surtout en multi) avec ce titre malgré sa réalisation en demi-teinte, ses bugs de caméra et son aspect assez répétitif.

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About the Author

Chizuna
Chizuna
Passionnée de jeux vidéo depuis l'âge de mes 7 ans, j'ai commencé à jouer à des survival horror tel que Resident Evil mais je suis avant tout une grande passionnée de RPG, surtout les Final Fantasy et plus particulièrement le VII et le X. Depuis peu, je me suis mise à jouer à des FPS. Pour les mangas, j'aime beaucoup les seinens, particulièrement ceux axés sur le thriller (Doubt, Judge et Consuctor), J'aime aussi le shonen avec une petite préférence pour Arata. Je vais très souvent au cinéma, au minimum deux fois par mois et mes genres de prédilection sont le fantastique, l'horreur, l'action et les films de guerre.