Review

Si la mayonnaise avait terriblement bien pris avec la première version de Dragon’s Dogma, on pouvait se demander si une extension n’altérerait pas l’aventure ou si elle ne serait pas légèrement too much. Dark Arisen offre un donjon aussi exaltant que cauchemardesque et reprend les bonnes mécaniques du jeu afin de servir une expérience enrichissante et épique. De quoi convaincre les sceptiques pour cette version boîte qui en vaut vraiment la peine.

Mises à jour et nouveautés

Orla, amnésique, est à l'origine de votre nouvelle quête

Pour ceux n’ayant pas encore joué à Dragon’s Dogma, cette version contient le jeu de base auxquelles s’ajoutent des nouveautés dont le fameux donjon Dark Arisen. Pour les autres, le jeu fait sa grosse mise à jour à partir de la sauvegarde originelle et reprend là où le joueur en était. Il récupère ainsi quelques objets bonus : des costumes, des cristaux de failles, une pierre de téléportation illimitée jusqu’à Gran Soren, Cassardis et tous les lieux où l’on aura planté un portacristal.

Les nouveautés ne s’arrêtant pas là, il sera aussi possible de découvrir de nouveaux objets chez les marchands. Au niveau du design, on aperçoit quelques rééquilibrages et aussi une amélioration des graphismes plus lisses, moins flous, grâce au pack de textures HD disponible dans cette extension. Le jeu en lui-même garde ses qualités premières (comme le système de combat dynamique ou sa durée de vie incroyable) et ses petits défauts comme le craft un peu mal pensé et laborieux ou ses soucis de caméra. N’hésitez pas à relire le test de Neo pour en savoir plus [lien : http://n-gamz.com/video-game-review/dragons-dogma/]

Cette version contient le jeu de base auxquelles s’ajoutent des nouveautés dont le fameux donjon Dark Arisen

Concernant le fameux donjon (parce que quand même, des items c’est bien, des donjons c’est mieux). L’épopée commence dans la ville de départ, Cassardis. Durant la nuit, on croise le chemin d’une ombre, celle d’Orla, une jolie demoiselle aux cheveux blonds. Orla est à la recherche de ses souvenirs et demande l’aide de notre héros pour les récupérer. Et comme il est de mauvais goût de laisser une demoiselle en détresse seule face à son désespoir (même si ça va, les filles peuvent aussi avoir des gros muscles), la belle nous emmène sur une île mystérieuse afin de réussir cette quête. Il faudra alors en explorer tous les recoins (de l’île hin, bande de petits pervers) afin de découvrir des stèles contenant la mémoire d’Orla et lui permettre de recomposer un peu tout ça, progressivement.

On ne va pas se voiler la face, l’histoire n’est pas des plus originales. Elle est même plutôt prévisible. Cependant, de nombreuses petites allusions et références à l’histoire de base sont faites et il est plutôt conseillé de finir au moins une fois Dragon’s Dogma si l’on veut profiter pleinement de cette épopée. De toute façon, les créatures peuplant l’île demandent un niveau assez élevé afin de profiter pleinement de cette quête (Capcom indiquait un niveau 50, même si l’on peut accéder à l’île à tout moment).

Que dit-on au dieu de la Mort ?

Atmosphère oppressante pour la nouvelle zone de jeu

L’île sur laquelle vous emmène Dark Arisen n’est pas vraiment paradisiaque. Ambiance glauque et froide, le joueur est plongé dans un environnement sinistre et inquiétant. Sentiment de malaise garanti dans ce donjon sombre où l’on rêverait presque des grandes plaines de Gran Soren. Ici, vous ne verrez pas la lumière du jour et les ennemis rencontrés seront entre le zombie de base et la créature torturée. On déambulera dans un labyrinthe tortueux et oppressant, où l’ambiance portera l’aventure à son apogée : bien que l’on avance à tâtons, toujours on voudra aller plus loin et en découvrir plus. Frissons garantis. De plus, de nouvelles musiques nourrissent cette atmosphère sinistre et se marient parfaitement à l’environnement. Petit moins pour celle du boss final qui elle, se veut particulièrement agaçante.

Qui dit labyrinthe, dits nombreuses pièces à explorer avec son lot de cul-de-sac et de raccourcis divers. Petit point noir : l’architecture se veut très répétitive. Entre salles hautes, ponts suspendus, égouts et autres arènes, on fait vite le tour du style graphique. On retrouvera dans plusieurs coins de l’île les mêmes environnements, ce qui donnera parfois l’impression de tourner en rond. Cela n’enlève cependant pas le plaisir de parcourir la carte, notamment grâce à son lot d’ennemis différents. On se prendra même à aller mettre son nez dans les endroits les plus sombres et les moins rassurants. Notre héros sera d’ailleurs récompensé par sa curiosité en obtenant après ces explorations dangereuses des armes, cristaux ou mieux encore : un objet maudit.

Les objets maudits se révèlent être de puissants atouts

Ne laissons pas plus de suspense : les objets maudits sont inutilisables à première vue. Il faudra retourner auprès d’Orla, qui les désenvoutera contre des cristaux de faille. Pour ceux qui nous rejoignent, les cristaux de faille sont la principale monnaie dans Dark Arisen. On peut en récupérer via l’échange de Pions, mais aussi en ramassant des objets dans le donjon. Pas besoin de paniquer si notre héros n’en possède pas beaucoup, il sera possible d’en obtenir tout au long de l’aventure. Mais revenons aux objets maudits. Une fois désenchantés, ceux-ci se révèlent être de véritables atouts pour notre quête : armures puissantes, potions efficaces, accessoires permettant d’accroitre nos pouvoirs ou nos stats… bref de quoi améliorer proprement son équipement et ses capacités sans le moindre remord car les habitants de l’île ne vous prendront pas en pitié !

Un petit point sur le bestiaire

Dans l’île, il est donc possible d’avoir à faire à des hordes d’ennemis tout aussi différents les uns que les autres. On retrouvera alors des versions améliorées de loups, cyclopes, dragons, ogres… mais aussi de petites surprises comme les Mimics qui vous feront réfléchir à deux fois avant d’ouvrir le premier coffre qui vous passe sous le nez. Ces saletés prennent l’apparence de gros vers prêts à vous gober dès qu’un coffre s’ouvre. De plus, histoire de pimenter un peu la chose, leur apparition est totalement aléatoire et si l’un deux avait fait son apparition à tel endroit, rien ne dit qu’il y sera encore par la suite. Le genre de bestiole qu’on adore. Autre nouveauté du bestiaire : la faucheuse. Cette dernière apparaîtra n’importe où, n’importe quand et sa faux renverra directement nos Pions dans la Faille. Super sympa.

Le soft propose une galerie de monstres impressionnante

D’autres créatures toutes plus charmantes les unes que les autres se feront un plaisir d’aller à la rencontre de notre héros. Chacune incarnera un certain challenge, bien pensé et au niveau bien relevé. On citera par exemple l’affreux Beholder. Une espèce d’oeil géant, qui aveuglera notre personnage si l’on ne se cache pas rapidement. Un dragon-zombie se dissimule aussi dans les différentes zones de l’île et fera pourrir notre stock de nourriture si son souffle putride atteint l’Insurgé. Cerise sur le mojito, des charognards se tapissent dans les recoins du donjon, attirés par les cadavres encore tièdes des monstres que l’on viendra de pourfendre. Coriaces et un poil vicieux, ces nouveaux adversaires constituent un véritable défi à relever afin de s’en sortir vivant. Leur arrivée parfois impromptue peut vite essouffler le joueur, car ces ennemis ne donneront aucun répit entre deux affrontements (les vils !). Et quand les enchaînements de monstres sont parfois costauds, on entendrait presque les développeurs chantonner « crève mon p’tit chat » dans nos oreilles.

De la difficulté oui, mais des défauts aussi

Pour les plus coriaces, clairement même à un niveau de difficulté le plus élevé, Dark Arisen constituera un véritable challenge. Les altérations d’état sont mises en avant et constitueront des combos mortels pour notre petit bonhomme (tout comme il en était déjà question dans le mode difficile de Dragon’s Dogma, mais là, en gros c’est pire.) Les monstres font alors preuve de pur sadisme ! Prenons encore l’exemple de la Faucheuse, qui endormira toute l’équipe très lentement, histoire que le joueur puisse profiter de cette attaque et grommeler dans son coin. Nombreux sont les boss qui privilégieront l’attaque par la baisse de stats et les altérations d’état plutôt que le bourrinage en règle. De plus, les monstres rencontrés auront un taux de points de vie et de points de défense assez impressionnant, faisant tourner le combat à leur avantage quand à l’usure, que notre stock de potions baisse et que les Pions se font écrabouiller en un seul coup (mention spéciale au boss de fin !). Les sorts de mort instantanée pleuvront aussi et il faudra à tout prix les éviter afin de ne pas voir son équipe réduite de moitié assez vite. Si l’univers de Dark Arisen s’est enveloppé dans un univers plutôt axé dark fantasy et rappelant sans prétention Dark Souls, le titre sort tout de même son épingle du jeu grâce à de nombreux environnements et ambiances qui en font son identité propre et se révèlent comme addictifs et efficaces.

Les combats sont intenses et la difficulté limite "hardcore"

On se plaint assez souvent que les jeux sont trop courts ou trop faciles, mais ici, de la difficulté, il y en a donc à foison. Aucune pièce ne permet de reprendre son souffle ou de faire une pause pipi : il y aura toujours une vague d’ennemis plus ou moins complexes pour relancer la machine. Heureusement, ce n’est pas le cas dans toutes les salles du donjon. Mais ce sont les positions et capacités des monstres qui vont surtout poser problème. Contexte : notre héros est face à un monstre volant. Celui-ci le poussera jusqu’à vaciller au bord d’une falaise sans qu’on ne puisse rien faire. Les lanceurs de sort s’amuseront à rendre l’équilibre du personnage précaire alors qu’il traversera un petit pont suspendu déjà pas très solide. Tout regorge de situations vicieuses où il faudra se faire d’autant plus malin pour y échapper. Et dans une telle configuration, si l’I.A. des Pions alliés était suffisante dans Dragon’s Dogma, dans Dark Arisen, elle est très vite limitée.

Impossible de donner d’autres ordres que « en avant ! », « venez ici » ou « à l’aide ! ». Il aurait peut-être été plus confortable d’offrir au joueur la possibilité de donner des ordres plus construits aux Pions de son équipe. Par exemple, ordonner d’attaquer le monstre le plus près, faire diversion … dans le cas présent, seules les potions pour façonner le comportement de notre Pion sont disponibles et elles sont clairement inutiles par rapport à la difficulté des monstres à affronter. Notre équipe de guerriers devient alors une équipe de boulet amenant le combat à l’échec.

Conclusion

Dark Arisen est une grosse extension efficace

Pour ceux qui voulaient du hardcore, les voici servit ! Toujours aussi beau et dynamique, avec une pointe d’angoisse et de sinistre, Dark Arisen est une grosse extension efficace et promettant un vrai challenge. Exigeante et prenante, l’aventure prend son temps pour se dérouler et offre une épopée sombre et passionnante. Si les bugs graphiques ont été pour la plupart résolus, les quelques défauts de Dragon’s Dogma restent bien présents, même s’ils n’enlèvent en aucun cas le plaisir de cette aventure. Si le soft de base vous avait convaincu, jetez-vous sur cette extension permettant de nombreuses heures de jeu. Pour ceux qui n’avaient pas encore craqué sur le bébé de Capcom, c’est le moment de s’y mettre : expérience inédite garantie.

La bande-annonce

Réalisation: 16/20 

Toujours aussi beau, les quelques bugs graphiques ont été résolus grâce au pack de textures HD présent dans cette extension. La caméra est toujours un peu capricieuse en combat, mais globalement le jeu reste une belle réussite.

Gameplay/Scénario: 16/20 

On retrouve à nouveau cette mécanique de combat dynamique et immersive, avec les nombreuses qualités déjà évoquées pour le jeu d’origine. Ici, on regrettera juste la banalité du scénario nous emmenant sur cette île cauchemardesque.

Bande-Son: 18/20 

Toujours aussi prenantes et belles, les musiques ponctuant l’aventure apportent un véritable plus dans l’ambiance du jeu, faisant la part belle aux environnements. De quoi avoir la chair de poule, autant de plaisir que d’appréhension.

Durée de vie: 19/20 

S’il y a bien une chose qu’on ne retirera pas à Dark Arisen, ce sont ses nombreuses heures de jeu à parcourir l’île, à découvrir de nouveaux endroits, à explorer des coins sombres… profilant alors une aventure à la durée de vie incroyable et sans la moindre retombée d’adrénaline.

Note Globale N-Gamz.com: 18/20

On n’en attendait pas moins d’une extension de l’excellent Dragon’s Dogma de Capcom. Si l’on pouvait éprouver quelques craintes vis-à-vis de ce nouveau donjon, l’expérience de jeu est au rendez-vous et apporte un vrai plus à l’aventure, grâce à ses environnements, son bestiaire et son ambiance bien différente du jeu originel. A jouer d’urgence.



About the Author

Delilah

Étudiante en journalisme, je conjugue ma passion avec mon parcours scolaire et professionnel. Vous pouvez aussi me retrouver, dans le cadre de ma formation, chez Jeuxvideo.fr comme rédactrice. J’ai commencé à tâter du pixel très tôt, mon père étant lui-même joueur … Mais mon premier « vrai » jeu a été Pokemon avec qui je continue de vivre une idylle passionnée. J’ai pu m’essayer à plusieurs styles de jeu, mais pour moi, rien ne vaut le RPG, l’action-aventure et … si on sait me convaincre (car je fais un peu la princesse) le FPS. Ne me parlez pas de Survival-Horror, je suis incapable d’y jouer, je prie toujours pour avoir une option générique dès le premier écran car même le menu me fait peur (mon voisin a peu apprécié peu mes hurlements sur Amnesia : The Dark Descent). Mais j’essaye, je retente l’expérience à chaque fois, je persévère !! Mon jeu culte est et restera Red Dead Redemption au point d’avoir un tatouage dédié à John Marston (mais je ne vous dis pas où, muahah), j’ai même arrêté de compter le nombre de fois où je l’ai fini ! Oh et useless fact : j’ai une passion bizarre pour les serial-killers^^.