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Saga culte du Survival Horror vidéoludique, Resident Evil a engendré une foule de films en images de synthèse pour le marché du DVD/Blu-ray mais aussi pas moins de 6 longs métrages sous la houlette de Paul W.S. Anderson. Ces derniers s’écartaient totalement de l’histoire des jeux vidéo en n’en reprenant que les noms connus (Umbrella, Jill, Claire, Chris) pour n’en faire que de simples faire-valoir à sa femme, Milla Jovovich, qui a tenu le premier rôle dans chacune des oeuvres en tant que Alice, création génétique aux pouvoirs démesurés. Vous l’aurez compris, les fans voulaient quelque chose de bien plus fidèle et Constantin Film, qui détient les droits de la franchise pour le grand écran, a décidé de surfer sur le regain de popularité de la saga depuis la sortie du 7ème volet pour opérer un immense reboot ciné ! Confiée à Johannes Roberts, à qui l’on doit 47 Meters Down, la tâche donne naissance aujourd’hui à un Resident Evil : Welcome to Raccoon City qui entend se rapprocher bien plus du matériau de base tout en combinant les récits des deux premiers jeux en un seul film ! Un pari sacrément risqué selon nous ! Alors, après la série d’animation déjà sortie sur Netflix et celle en live-action à venir (avec les filles de Wesker) toujours sur la même plateforme, Resident Evil a-t-il encore sa place dans nos salles obscures ? La réponse dans ma critique du film qui sera bien entendu… sans concession !

« De sombres événements se trament à Raccoon City »

Raccoon City a connu son âge d’or avec l’implantation du géant pharmaceutique Umbrella sur son territoire, ce dernier offrant plein emploi et grosses rétributions en contrepartie d’essais cliniques parfois « passés sous silence » par les autorités locales. Mais toute chose a une fin et depuis quelques semaines, la société a décidé de délocaliser toutes ses activités, ne laissant que des restes pour les habitants trop pauvres pour quitter ce qui est à présent une vraie ville fantôme.

Recueillis par l’orphelinat dirigé par le scientifique William Birkin il y a des années, Claire Redfield et son frère Chris ont depuis suivi des parcours différents, la première s’étant enfuie de l’institution suite à une révélation traumatisante, tandis que le second est resté, « protégé » comme un fils par William, et a gravi les échelons de la police du coin pour intégrer son unité d’élite, les S.T.A.R.S. C’est alors que tout s’enchaîne avec le retour inattendu de sa soeur, qui entend bien mettre à jour les sombres activités d’Umbrella Corporation alors que la population de Raccoon City commence à agir de plus en plus bizarrement et que l’on parle même d’un « incident dramatique » dans les labos enfouis sous la ville.

« Claire et Léon tentent de s’échapper d’un commissariat infesté de zombies »

Avec Johannes Roberts (47 Meters Down) aux commandes, on s’attendait à ce que Resident Evil : Welcome to Raccoon City joue beaucoup plus sur la peur et la surprise que les 6 films réalisés, scénarisés ou produits par Paul W.S. Anderson et on peut dire qu’on a vu juste. En effet, l’ambiance se veut bien plus pesante et sombre, tandis que la déliquescence de la population en zombies a été réimaginée pour être plus crédible (exit les rats).

On se retrouve aussi avec des cadrages très osés et des effets de style qui parviennent parfois à marquer l’oeil des amoureux de Survival Horror. On pense notamment au moment où Chris enquête dans le manoir Spencer et se retrouve dans le pénombre la plus totale, comme le spectateur qui ne verra apparaître l’action et les morts-vivants qu’au travers de la lumière des coups de feu tirés par notre héros. Malheureusement, ces phases qui flirtent si bien avec l’ambiance originelle de la saga ne sont que des fulgurances éparpillées là où elles auraient dû être monnaie courante.

« Des personnages passés à la trappe ou dans un rôle trop secondaire »

Niveau effets spéciaux, la réalisation souffle le chaud et le froid avec certains monstres qui font terriblement « film SyFy de l’après-midi (le chien ou la dernière séquence avec la fumée générée par ordinateur) tandis que d’autres se montrent bien plus plaisants à l’oeil. Mention spéciale par contre pour le maquillage des morts-vivants, vraiment gore et très réussi.

Mais le plus gros souci de ce « Welcome to Raccoon City », c’est que s’il propose des décors totalement calqués sur ses modèles vidéoludiques (le commissariat de Raccoon ou le Manoir Spencer semblent tout droit tirés des jeux), il se loupe complètement dans son histoire et ses personnages ! De fait, vouloir résumer en un film les deux premiers volets de la saga made in Capcom n’était clairement pas l’idée du siècle, car au final il n’y a aucun approfondissement de l’intrigue mais juste des « clins d’oeils » pour faire plaisir aux fans (le dossier avec les jumeaux Ashford, Hunk ou les clefs coeur/carreau/trèfle/, autant de choses qui ne sont montrées que 5 secondes puis basta). Au lieu d’avoir un vrai périple suivi, on passe sans arrêt du groupe de Chris dans le manoir à celui de Claire à Raccoon, flinguant la compréhension générale pour le nouveau venu et frustrant le fan par la revisite ratée de pans entiers de la licence (mais où sont Barry, Rebecca et les Hunters ?!).

« Casting raté (hormis Claire) et histoire fourre-tout, on est loin de l’hommage à la saga »

Et puis histoire d’enfoncer le clou, la réécriture de certains personnages et le casting bancal nous livrent quelque chose qui va parfois à l’opposé des jeux ! Vous voulez voir une Jill (Hannah John-Kamen) en chaudasse sexuelle et maniaque de la gâchette façon Michelle Rodriguez, un Albert Wesker (Tom Hopper) en gentil garçon manipulé par Ada Wong, un Chris (Robbie Amell) sans cerveau et adepte de la blague potache, un Chef Irons qui oublie tout son côté pervers masochiste pour en devenir presque drôle ou encore un Léon Kennedy (Avan Jogia) benêt et poltron semblant tout droit sorti d’un boys band raté ? C’est par ici que ça se passe !

Heureusement que Kaya Scodelario rattrape le coup en Claire Redfield forte et déterminée tandis que Neal McDonnough nous offre un William Birkin plutôt crédible, même s’il est bien moins approfondi que dans les jeux. Ne parlons même pas de Lisa Trevor (Marina Mazepa) qui fait juste office de « guest » et de la transparence totale de Sherry Birkin (Holly de Barros), pourtant élément crucial de Resident Evil 2 et dont le rôle se résume ici à se taire et suivre bêtement les héros.

« Les maquillages et certains effets spéciaux font le job tandis que d’autres… »

Vous l’aurez compris, si j’étais vraiment enthousiaste sur cette adaptation grâce à une bande-annonce plutôt dingue sur du What’s Up de 4 Non Blondes, je suis au final clairement déçu par le résultat qui, en mixant deux lignes temporelles bien différentes pour en faire un seul et même scénario, se prend totalement les pieds dans le tapis.

Mauvais casting, rôles réécrits sans une once de réflexion (hormis Claire), histoire qui passe trop souvent du coq à l’âne, effets spéciaux pas toujours au point et gros manque d’approfondissement scénaristique, ce Welcome to Raccoon City ne brille que par une mise en scène parfois décapante, des décors et maquillages très réussis ainsi que de belles (mais rares) fulgurances dans ses moments de terreur. Hélas, ce n’est pas suffisant pour nous offrir autre chose qu’un film d’horreur lambda alors que le matériau de base est un pur joyau du jeu vidéo. Moins pire que les longs métrages précédent certes, mais quel gâchis quand même…

La Bande-Annonce

Note N-Gamz : 2/5



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la quarantaine depuis peu, je suis le rédacteur en chef autant que le rédacteur de news et le vidéo-testeur de ce site (foncez sur la chaîne YouTube d'ailleurs). Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy, Chrono Trigger, Xenogears et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je voue un culte aux shonens/seinens tels que Ga-Rei, L'Ile de Hozuki, Orphen, Sprite ou encore Asebi. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch, Inception et Tenet. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!